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Quand Louis Vuitton Redéfinit la Maison de Mode

Dans le paysage traditionnel de la mode, certains défilés restent gravés non seulement pour les vêtements présentés, mais parce qu’ils réinterprètent l’essence même de ce qu’est « une maison ». C’est précisément ce que Pharrell Williams a accompli pour Louis Vuitton lors de son défilé automne-hiver 2026-2027 à Paris, inaugurant la Fashion Week Homme dans une mise en scène où architecture, design, musique et vêtement se fondent en une seule expérience immersive.

Louis Vuitton Malletier / © Adrien Dirand

Sous la direction créative de Williams, la maison a dévoilé Drophaus, une structure architecturale centrale qui a servi à la fois de décor et de manifeste esthétique pour la saison. Plus qu’un simple backdrop, cette « maison » de verre a symbolisé la volonté du styliste d’effacer les frontières entre l’intérieur et l’extérieur, le vestiaire et l’habitat, l’objet de mode et l’objet d’usage.

Drophaus, conçue en collaboration avec le studio de design Not a Hotel, s’inspire de la forme d’une goutte d’eau, une métaphore que Williams associe à sa propre relation à la création et à l’environnement. En retirant toit et plafond, la silhouette structurelle ne représente plus seulement un bâtiment : elle devient une vision poétique et fonctionnelle du futur de l’habitat, construite sur fonction, savoir-faire et besoin humain.

L’utilisation prédominante du verre et d’espaces ouverts a permis non seulement d’évoquer transparence et fluidité, mais aussi de créer un dialogue visuel entre la nature environnante, incluant végétation et jardin, et la scénographie du défilé. La limite entre la sphère domestique et la scène mode s’est ainsi estompée, invitant le public à redéfinir le sens du « chez soi ».

À l’intérieur, les pièces exposées — appelées Homework — incarnent un concept de mobilier volontairement imparfait, explorant ce que Williams appelle « 10 % d’imperfection ». Ces objets contrastent avec les finitions lisses et aseptisées du design contemporain, favorisant des surfaces irrégulières qui portent la trace de la main humaine et valorisent la notion d’un espace vivant, en perpétuelle évolution.

Ce décor exceptionnel n’est pas un simple accessoire : il structure l’ensemble du défilé et influe sur la façon dont les vêtements sont perçus. La collection automne-hiver, présentée autour et à l’intérieur de Drophaus, combine des silhouettes masculines revisitées — du tailleur aux pièces utilitaires — avec des palettes de couleurs allant des tons automnaux profonds à des accents pastel, tout en intégrant des matériaux innovants.

Le spectacle va bien au-delà de la mode. Une chorale live, un orchestre et une ambiance cinématique ont accompagné l’événement, renforçant l’impression d’une performance artistique totale. Parmi les invités figuraient des personnalités internationales de la musique et du cinéma, confirmant l’attraction culturelle que suscite la vision de Williams chez Louis Vuitton.

Ce défilé tombe en année de célébration de l’emblématique monogramme de Louis Vuitton, qui fête ses 130 ans, ce qui ajoute une dimension historique au projet. Williams a ainsi su marier héritage et prospective, honorant le passé tout en imaginant une maison qui pourrait répondre aux enjeux du futur — un espace de vie autant qu’un manifeste créatif.

Avec Drophaus, Louis Vuitton ne présente pas seulement une collection, mais propose une interrogation profonde sur les relations entre l’être humain, son habitat et la mode. Dans cette fusion inédite de disciplines, la maison de luxe réaffirme son rôle de pionnière culturelle — et Williams, celui de visionnaire incontesté au carrefour des arts.

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