[weglot_switcher]

QUE FAIRE À PARIS CE MOIS-CI ?

Chaque mois, Flora di Carlo dévoile pour Acumen les nouveautés ou ses coups de cœur : adresses gourmandes, lieux de détente, événements culturels.

À DÉCOUVRIR

ADRESSES COUPS DE CŒUR 

Édith fait son show… en cuisine

Installé dans l’hôtel Padam, le restaurant Édith cultive une élégance parisienne feutrée, inspirée des brasseries d’époque. Le décor mêle boiseries, couleurs claires et motifs à rayures, le tout baigné d’une lumière douce qui met les assiettes en valeur. Parfait pour un petit déjeuner ou un déjeuner. La cuisine revendique un classicisme précis : poireaux grillés vinaigrette, pêche côtière et beurre blanc, légumes de saison ; et, pour les plus gourmands, une assiette de fromages soigneusement sélectionnés. Côté dessert, on craque pour la mousse au chocolat en guise de délicieuse madeleine de Proust. Les prix s’inscrivent dans la logique d’une table raffinée de quartier huppé.

Édith 
9, rue Jean-Giraudoux, Paris 16e
padam-hotel.com

Arbela : une adresse qui donne le sourire 

Adresse made in Pays basque du groupe Eleni, Arbela – « l’ardoise » en euskara – adopte une esthétique méditerranéenne minimaliste mêlant murs clairs texturés, miroirs et tables en bois brut, avec un clin d’œil insolite : des polaroïds exposés dans les toilettes, représentant des proches du fondateur et chef Juan Arbelaez. La cuisine y est réconfortante ; d’ailleurs, chaque année, Arbela organise un rendez-vous spécial pour le Blue Monday. La carte revisite les classiques du Pays basque : œufs mayo, piquillos et graines de moutarde ; croquetas au fromage de brebis ; coquillettes au jambon truffé d’Éric Ospital, crème et parmesan ; patatas bravas au chorizo, mayonnaise pimentée et pimentón de la Vera ; ou encore le classique poulpe, patate douce et sauce chimichurri. En dessert, la tarta de queso s’impose naturellement. Côté tarif, l’adresse reste accessible. 

Arbela 
49, rue de l’Échiquier, Paris 10e
eleni-group.com

Sternement chic, l’empreinte italienne

Installé dans l’ancien atelier de gravure du passage des Panoramas, Stern Ristorante a été restauré par Philippe Starck dans le respect de son héritage, en conservant notamment ses boiseries patinées, qui instaurent un dialogue subtil entre patrimoine industriel et design contemporain. Fondé en 1834 par Moïse Stern et Anselme Aumoitte, le lieu a su préserver une atmosphère feutrée, presque cinématographique. L’atelier d’origine comptait parmi ses clients l’Élysée, de nombreuses ambassades, des familles de l’aristocratie internationale, ainsi que de grandes entreprises françaises et étrangères qui lui confiaient l’impression de leurs cartons d’invitation, menus et cartes de visite.

En 2008, la maison Stern quitte le passage des Panoramas pour s’installer au 131, rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement. Le 10 juillet 2009, ses anciens locaux ainsi que leurs décors et leur mobilier sont inscrits au titre des Monuments historiques. Après deux années de restauration, les frères Alajmo ouvrent les portes de ce lieu emblématique en septembre 2014. Rebaptisé Stern Ristorante, l’ancien atelier entame un nouveau chapitre en devenant un restaurant italien raffiné, fidèle à l’esprit d’excellence qui a toujours défini la maison. 

La cuisine est orchestrée par le chef Alessandro Fornaro, sous l’impulsion de Massimiliano Alajmo, figure majeure de la gastronomie italienne. Ensemble, ils défendent une approche centrée sur la pureté du produit et la lisibilité des saveurs : radicchio aux haricots, raifort aux pommes et sauce verte, bar rôti avec purée de pommes de terre citronnée et légumes de saison, millefeuille de légumes d’hiver à l’huile d’olive extra-vierge et truffe noire, sélection de trois fromages italiens avec pain toasté et confitures, ou encore beignet aux pommes accompagné d’un nuage de sabayon. Une expérience qui assume pleinement le standing de son décor et de sa signature culinaire.

Stern Ristorante 
47, passage des Panoramas, Paris 2e
alajmo.it 

MILLEFOGLIE DI VERDURE INVERNALI ALL’OLIO EXTRAVERGINE D’OLIVA E TARTUFO NERO © RIccardo_Andreatta

Dessirier : haute gastronomie marine 

Grande table marine parisienne, Dessirier incarne une élégance classique avec son décor de brasserie noble mêlant boiseries vernies, nappes blanches impeccables et jeux de miroirs. La spécialité reste le produit de la mer, travaillé dans le respect de la tradition. On y savoure notamment des huîtres spéciales n°1 Gillardeau de Marennes-Oléron et de belles langoustines, tandis que la sole meunière, servie entière, s’accompagne d’une purée soyeuse. Côté cave, la « cuvée des Jean » du domaine Jean Josselin accompagne l’ensemble avec justesse, avant de conclure sur un millefeuille à la vanille Bourbon. Les prix s’inscrivent dans la lignée d’une grande maison parisienne, à la hauteur de la qualité des produits et du cadre.

Dessirier
9, place du Maréchal-Juin, Paris 17e
restaurantdessirier.com

Horiz : récréation contemporaine autour des saveurs chinoises

Restaurant contemporain pensé comme un espace de respiration visuelle, Horiz s’inspire du design scandinave : bois blond, lignes basses, assises claires et lumière naturelle filtrée qui souligne la netteté graphique des assiettes. L’atmosphère privilégie le calme et la concentration sensorielle, presque muséale. La cuisine suit cette même philosophie de précision.

Le chef Olivier Lin propose une cuisine chinoise récréative, fondée sur l’équilibre des textures et la lisibilité des saveurs : aubergines chinoises marinées dans une vinaigrette secrète relevée d’huile de piment maison et d’herbes fraîches ; bing traditionnels garnis de pousses de soja et de légumes ; tataki de bœuf aux accents du Sichuan, accompagné de tofu grillé, chou chinois sauté et coriandre ; ou encore nouilles de riz froides à la sauce cacahuète maison, relevées d’huile de sésame, citron vert et cacahuètes concassées. En dessert, le mango sticky rice est revisité dans une version contemporaine, mêlant riz au lait de coco, gel mangue-passion, basilic thaï et mousse aérienne coco. Les tarifs correspondent à une table technique, où la maîtrise culinaire prime sur l’effet spectaculaire.

Horiz 
8, rue au Maire, Paris 3

horizparis.com

Manko : théâtre nikkei et récréation sensorielle

Institution nikkei à Paris, Manko propose une expérience où se rencontrent avec intensité les cultures péruvienne et japonaise. Le décor, scénographié par le cabinet Bureau Lacroix, compose un véritable théâtre gastronomique : banquettes bleu nuit bordées d’or, claustras ajourés inspirés du Japon et mosaïques lumineuses autour du Ceviche Bar, dans un jeu maîtrisé de matières nobles et de lumière.

Aux commandes, le chef péruvien Melio Oriundo Chavez incarne une génération ouverte et audacieuse. Fort d’un parcours international, il développe une cuisine sincère et expressive, enracinée dans ses origines et nourrie d’influences contemporaines. Il puise dans les techniques ancestrales du Pérou – feu, braises, fermentation, marinades – qu’il associe à la précision japonaise, signature de l’esthétique nikkei. 

Au centre de la salle, le Ceviche Bar symbolise ce dialogue culinaire. Véritable scène dédiée au travail du cru, il met en lumière tiraditos, crudos et cebiches réalisés à la minute, où la netteté de la découpe, la vivacité des agrumes, l’intensité de la leche de tigre et la fraîcheur des herbes composent une partition précise et vibrante.

La carte décline cette fusion avec inventivité : makis spicy au thon rouge, avocat et ponzu fumé ; makis nikkei associant thon cru, foie gras et gambas croustillantes ; ou encore version acebichado aux accents plus iodés. Les entrées et plats poursuivent ce dialogue entre textures et cultures, des Saint-Jacques et leche de tigre au parmesan au poulpe grillé sauce anticuchera, en passant par les gambas grillées aux influences amazoniennes, relevées de quinoa soufflé et de coriandre fraîche. Le repas s’achève sur un tres leches Manko aux notes d’épices, d’agrumes et de vanille, conclusion gourmande et expressive.

Les prix reflètent le standing du lieu, en accord avec la sophistication du cadre et la précision de la proposition culinaire.

Manko
15, avenue Montaigne, Paris 8e
manko-paris.com

Superfine : mixologie cinématographique et esprit gastrobar

Bar de mixologie à l’atmosphère presque cinématographique, Superfine affirme une identité visuelle forte, pensée par la designer Mayssa El Fakir (agence Ouvrage) en collaboration étroite avec ses fondateurs. Dès l’entrée, une première salle au parquet sombre, ponctuée d’un motif étoilé, accueille banquettes confortables, grandes tables modulables et miroirs jouant avec les perspectives. Héritier d’une ancienne scène rock, le lieu conserve un lien étroit avec la musique, matérialisé par un DJ booth qui anime régulièrement les nuits. Plus loin, le bar central circulaire en inox, entouré de hauts tabourets, constitue le cœur vibrant de l’espace et inspire l’emblème graphique de la maison.

Superfine est né de la rencontre entre Étienne Gatti, entrepreneur guidé par le goût, et Vincent Pinceloup, fondateur du bar Monsieur Antoine et figure reconnue de la mixologie parisienne et londonienne. Leur ambition : décloisonner les codes traditionnels en mêlant culture du cocktail, esprit bar à vin et offre culinaire d’inspiration street-food. Derrière le comptoir, ils s’entourent de Guillaume Drouot, ancien chef barman du Danico (classé parmi les World’s 50 Best Bars), tandis que la cuisine est confiée à Delphine Laguerre, passée par Kern et Sando Club.

La carte des cocktails s’organise librement autour de différents moments de la journée, sans contrainte horaire. Parmi les créations, le PP&B Milkshake revisite le milkshake américain dans une version adulte mêlant bourbon, banane et beurre de cacahuète, relevé d’une chantilly fumée. Le Fortunella Spritz combine influences nordiques et amertume italienne, avec aquavit, Aperol, kumquat et bière houblonnée. En cuisine, Delphine Laguerre développe une proposition généreuse et cosmopolite, pensée pour accompagner les cocktails comme pour constituer un repas à part entière. Parmi les signatures, le super dog associe saucisse de volaille, cheddar fondu et gravy à la Guinness, tandis que la puff pizza ricotta, harissa et miel joue sur le contraste des textures. La salade César revisitée, les pâtes au ragù bianco fondant ou encore les desserts réconfortants, comme le pudding sarrasin à l’orange ou le chocolate cake à la Guinness, prolongent cet esprit de gastropub contemporain.

Les prix s’inscrivent dans la lignée des bars de mixologie internationale les plus exigeants, en cohérence avec le niveau technique et l’expérience proposée.

Superfine 
8, passage Josset, Paris 11e
@superfinebar

Nonno Matteo : trattoria contemporaine et saveurs romaines

Imaginé par le restaurateur passionné David Bottreau et le chef créatif Guillaume Dehecq, Nonno Matteo rend hommage à la tradition italienne dans un cadre volontairement sobre. Bois sombre, mobilier épuré et lumière douce composent un décor discret et chaleureux, fidèle à l’esprit d’une trattoria de quartier où l’essentiel se joue dans l’assiette.

La carte, courte et maîtrisée, met en avant quelques signatures bien exécutées : pizzas à pâte fine et croustillante comme la version à la mortadelle et au pesto, paccheri à la crème de cèpes à la texture enveloppante, gnocchis napolitains à la sauce tomate ou encore un osso buco mijoté longuement, servi selon la plus pure tradition. En dessert, le tiramisu et les cannoli à la ricotta et pistache prolongent ce voyage italien sur une note classique et gourmande.

Les prix restent contenus, en cohérence avec la philosophie du lieu : proposer une cuisine italienne sincère, généreuse et accessible.

Nonno Matteo 
18, rue du Faubourg Montmartre, Paris 9e

@nonnomatteo

Dopo : cuisine italienne et atmosphère chaleureuse

Situé à Boulogne-Billancourt, Dopo cultive l’esprit d’une trattoria contemporaine, entre convivialité et énergie festive. Le décor associe briques apparentes, bois et grandes baies vitrées dans une atmosphère décontractée qui se prête aussi bien aux dîners entre amis qu’aux soirées plus animées.

La carte met en avant des classiques italiens généreux, exécutés avec simplicité et efficacité. Parmi les signatures, les fusilli al pistacchio mêlent crème de pistache, stracciatella et éclats de fruits secs pour une assiette riche et enveloppante. Les lasagnes traditionnelles, préparées avec une viande mijotée longuement, revendiquent un esprit familial réconfortant. En dessert, la brioche perdue, nappée de caramel beurre salé, conclut le repas sur une note résolument gourmande. Le lieu séduit par son atmosphère accessible et vivante, tandis que les prix restent en accord avec cette proposition généreuse et sans formalisme.

Dopo 
63-64, quai Georges-Gorse, Boulogne-Billancourt
dopoboulogne.com

Brasserie Lutetia : l’esprit des grandes brasseries dans un cadre contemporain

Au cœur de l’hôtel Lutetia, la Brasserie Lutetia perpétue la tradition des grandes tables parisiennes dans une version actuelle et élégante. Entièrement repensé lors de la rénovation du palace, le lieu se distingue par une grande hauteur sous plafond accentuant la sensation d’ouverture et un mobilier contemporain et confortable. L’atmosphère feutrée et animée s’adapte aussi bien aux déjeuners d’affaires qu’aux dîners où l’on prend le temps de savourer. 

Sous la direction du chef exécutif Patrick Charvet, la cuisine privilégie une lecture claire des produits et des cuissons précises. Les palourdes en persillade, préparées à la minute, ouvrent le repas avec finesse, tandis que la salade Joséphine mêle avocat, chou chinois, pomme et betterave dans un équilibre frais et végétal. Les noix de Saint-Jacques rôties, accompagnées d’agrumes et de topinambours, illustrent cette approche centrée sur la justesse, tout comme les linguine au homard, relevées d’épinards, de curry breton et d’une pointe de piment d’Espelette.

Les prix s’inscrivent dans le niveau attendu d’une brasserie de palace, en cohérence avec la qualité des produits, du service et du cadre.

Brasserie Lutetia
43, boulevard Raspail, Paris 6e

mandarinoriental.com

Les chocolats du mois 

Jade Genin : chocolaterie artisanale avenue de l’Opéra

Ouverte en 2022, la chocolaterie Jade Genin se distingue par son décor épuré aux tons blancs et dorés, conçu avec le designer Khaled Kolsi. La boutique, ouverte sur l’atelier visible depuis la rue, met en scène la fabrication artisanale dans un esprit de transparence.

Fille du chocolatier Jacques Genin, elle propose des créations précises et contemporaines, réalisées à partir d’ingrédients rigoureusement sélectionnés. Parmi ses signatures, des chocolats inspirés de l’obélisque de la Concorde, ainsi qu’une gamme de ganaches et pralinés aux profils nets, avec une attention particulière portée au chocolat au lait. Les prix s’inscrivent dans le positionnement d’une chocolaterie artisanale haut de gamme.

Jade Genin 
33, avenue de l’Opéra, Paris 2e

jadegenin.fr

La boisson sans alcool du mois 

Pinky Bubbles : l’apéritif festif sans alcool

Installé à l’hôtel du Roi de Sicile, Pinky Bubbles propose une alternative sans alcool dans un cadre élégant et convivial. La maison française met à l’honneur ses bulles rosées à travers une série de cocktails frais et aromatiques, à l’image de l’Éternel Rose, qui associe myrtille, rose, citron et basilic dans une composition légère et florale.

L’ensemble cultive un esprit festif et accessible, prouvant que l’expérience de l’apéritif sans alcool peut rester raffinée. Les prix s’alignent sur ceux des boissons premium, en cohérence avec le positionnement et la qualité des créations. 

19, rue de Rivoli, Paris 4e
@pinkybubblesofficial

Maison Saint Martin : café-brasserie contemporain 

Installée rue du Château-d’Eau dans le 10ᵉ arrondissement, Maison Saint Martin s’inscrit dans l’esprit vivant du quartier, entre café de proximité et brasserie actuelle. Le décor, simple et chaleureux, accompagne une adresse pensée pour tous les moments de la journée, du café du matin aux dîners plus installés.

En cuisine, le chef José Ribeiro propose une carte de saison aux influences ouvertes, centrée sur des produits frais. Parmi les assiettes, les ravioles de gambas au bouillon dashi coco et citronnelle apportent une touche délicate, tandis que la parmigiana d’aubergines joue la carte du réconfort. La saucisse au couteau, servie avec purée fumée et jus corsé, affirme une veine plus classique, avant de conclure sur une crème brûlée à la vanille de Madagascar relevée d’une mousse framboise. L’adresse séduit par son équilibre entre simplicité et créativité, et des prix en accord avec une brasserie de quartier contemporaine.

Maison Saint Martin
33, rue du Château-d’Eau, Paris 10e
maisonstmartin.com

Hanaa: une escale algérienne contemporaine

Au cœur du 11ᵉ arrondissement de Paris, Hanaa se révèle comme une adresse chaleureuse et intimiste où l’élégance visuelle dialogue avec l’authenticité culinaire. Le lieu séduit d’emblée par son atmosphère feutrée et artistique, pensée avec subtilité pour accompagner l’expérience sans jamais détourner l’attention de l’essentiel : l’assiette. On s’y sent accueilli comme à une table d’amis, dans un décor soigné où chaque détail semble raconter un fragment d’histoire.

La dégustation commence avec la soupe épicée au blé vert fumé, un plat profond et enveloppant dont les notes boisées se mêlent à la tendreté de la viande mijotée et à la douceur des légumes. Les pois chiches apportent du relief, tandis que les herbes fraîches signent une finale vive et parfumée. Viennent ensuite les boureks croustillants, dorés à souhait, révélant tour à tour une farce gourmande de bœuf ou une version poulet-olives plus ensoleillée. Pour conclure, les gâteaux aux amandes et à la pistache offrent une touche sucrée raffinée, entre fondant et léger croquant, aux accents de fruits secs torréfiés et de miel.

L’ensemble compose une expérience généreuse et maîtrisée, proposée à des tarifs qui restent étonnamment mesurés au regard du soin apporté aux produits, aux saveurs et à l’accueil, faisant de cette table une halte aussi savoureuse qu’élégante.

Hanaa 
123, rue du Chemin-Vert, Paris 11e 

@hanaa_paris

Noé : table confidentielle et grands accords

Le restaurant-bar à vins Noécultive l’art de recevoir avec discrétion et raffinement. Le décor, mêlant bois chaleureux et lumières tamisées, crée une atmosphère enveloppante où l’on s’installe pour prendre le temps. La cuisine ouverte anime la salle, tandis que le service se déroule avec justesse, donnant au lieu l’allure d’une adresse d’initiés où gastronomie et vins dialoguent naturellement.

La dégustation débute avec une tartelette de poireaux à l’anguille fumée et mayonnaise verte, délicate et équilibrée, où la douceur végétale du légume rencontre les notes subtilement boisées du poisson. La texture croustillante de la pâte contraste avec le fondant de la garniture, tandis que la sauce herbacée apporte une fraîcheur vive. Le rouget grondin prend ensuite le relais avec élégance : sa chair fine et nacrée se marie à la douceur des carottes relevées d’une pointe de gingembre, le tout lié par un jus de homard profond et parfumé qui enveloppe l’assiette d’une intensité iodée maîtrisée.

La sélection de fromages de la maison Ratafia conclut ce parcours salé avec caractère, accompagnée d’un condiment de figues qui souligne les arômes lactés par une touche fruitée et légèrement acidulée. L’ensemble compose une expérience précise et harmonieuse, proposée dans une gamme de prix en accord avec la qualité des produits et le soin apporté à chaque détail.

En contrebas, la cave voûtée dévoile un second visage du lieu, plus intime, presque secret. Cette salle en pierre, à l’éclairage feutré, accueille les convives dans une ambiance confidentielle propice aux dégustations et aux accords mets-vins. Entouré de centaines de bouteilles soigneusement conservées, on s’y sent comme dans un salon privé dédié au vin, où chaque flacon évoque un terroir et un savoir-faire, prolongeant le voyage sensoriel commencé à table. 

Noé 
34, rue Legendre, Paris 17e
noeparis.com

SUGO Pasta Fresca : l’Italie vive et gourmande

Au cœur du 10ᵉ arrondissement, SUGO cultive une atmosphère spontanée et chaleureuse qui rappelle les trattorias contemporaines italiennes. Le décor épuré, la cuisine ouverte et l’énergie conviviale donnent immédiatement le ton : ici, on vient partager un moment simple, gourmand et vivant, dans un esprit authentique mais actuel.

À table, naturellement, la spécialité maison s’impose : les pâtes fraîches. J’ai dégusté celles à la sauce Alfredo au citron, une assiette à la fois onctueuse et lumineuse. La sauce, veloutée sans être lourde, enveloppe parfaitement les pâtes, tandis que la note citronnée apporte une fraîcheur subtile qui équilibre la richesse du fromage. Chaque bouchée joue sur ce contraste entre l’aspect crémeux et l’effet stimulant, révélant une exécution précise et une belle maîtrise des saveurs.

Le repas se termine sur une impression de générosité maîtrisée, avec une cuisine sincère et lisible qui privilégie le goût en premier lieu. Le tout se découvre à des tarifs particulièrement doux pour des pâtes artisanales préparées minute, ce qui renforce encore le plaisir de cette adresse italienne décontractée où l’on revient autant pour l’assiette que pour l’ambiance.

SUGO Pasta Fresca 
29bis, rue du Château-d’Eau, Paris 10e
sugoparis.com

Brasserie Philippe : Charles Boixel ouvre une nouvelle adresse à Boulogne

Après le succès du Café César à Clichy, le chef Charles Boixel inaugure Brasserie Philippe à Boulogne-Billancourt, en hommage à son père. Aux côtés de Robin Fayet, son collaborateur de longue date, il y décline une cuisine de bistrot français précise et contemporaine, nourrie de son parcours auprès de grandes maisons étoilées. La carte met en avant des classiques revisités, où les sauces occupent une place centrale, des Saint-Jacques snackées au suprême de volaille aux morilles, en passant par des coquillettes à la truffe et la sole meunière.  

Pensé par l’architecte Claire Bourgeois Linglart, le décor revisite les codes de la brasserie parisienne avec élégance : bois sombre, banquettes en velours et cuisine ouverte composent un lieu chaleureux et structuré en plusieurs espaces. Ouverte toute la journée, l’adresse se veut un véritable lieu de vie de quartier, avec une formule déjeuner renouvelée chaque semaine et une sélection de vins d’environ 80 références.

Brasserie Philippe 
72 ter, route de la Reine, Boulogne-Billancourt
brasserie-philippe-boulogne.fr

Slak : street-food turque et énergie urbaine 

Dans le 9ᵉ arrondissement, Slak propose une lecture contemporaine de la street-food turque dans un décor coloré et décontracté. Le lieu, pensé comme un comptoir urbain, cultive une atmosphère animée et conviviale inspirée des adresses populaires d’Istanbul.

La carte met en avant quelques spécialités emblématiques, à commencer par le tantuni, préparé à la minute, où la viande finement émincée se mêle aux épices dans un équilibre franc et parfumé. Autre signature, le wet burger séduit par son pain volontairement imbibé de sauce, qui renforce le moelleux et l’intensité de la garniture. Quelques accompagnements et boissons complètent cette proposition simple et efficace.

Les prix restent particulièrement accessibles, en accord avec l’esprit street-food du lieu, pensé pour une pause rapide et gourmande.

Slak 
27, rue Pierre-Fontaine, Paris 9e
slakparis.fr

ÉCHAPPÉE CULTURELLE

Films et expositions

Expositions

« Guido Guidi. Col Tempo, 1956-2024 »

Présentée au Bal, cette rétrospective consacrée au photographe italien Guido Guidi explore plusieurs décennies de création autour du paysage, du temps et de la perception. Son œuvre transforme l’ordinaire en expérience contemplative : routes silencieuses, architectures anonymes, fragments de territoires observés. Le parcours invite à considérer la photographie comme un espace sensible où lumière, composition et mémoire dialoguent. 

« Guido Guidi. Col Tempo, 1956-2024 »
Le Bal
6, impasse de la Défense, Paris 18e
Jusqu’au 24 mai 2026
le-bal.fr

GuidoGuidi.ColTempo_Cervia 1968

« La mode du XVIIIesiècle » : un héritage réinventé au Palais Galliera

Le Palais Galliera explore l’influence du siècle des Lumières sur la mode contemporaine à travers l’exposition « La mode du XVIIIe siècle. Un héritage fantasmé ». Le parcours met en lumière l’évolution des silhouettes féminines, la richesse des étoffes et l’importance des savoir-faire qui ont profondément marqué l’histoire du vêtement.

En dialogue avec des créations plus récentes, des pièces historiques (dont un corset attribué à Marie-Antoinette) témoignent de la manière dont cet héritage a été réinterprété au fil du temps. L’exposition révèle ainsi comment l’esthétique du XVIIIe siècle, entre mémoire et imagination, continue de nourrir la création et la culture visuelle contemporaines.

« La mode du XVIIIe siècle. Un héritage fantasmé »

Palais Galliera
10, avenue Pierre-1er-de-Serbie, Paris 16e  
Du 14 mars au 12 juillet 2026
palaisgalliera.paris.fr

« Bibliothèque intérieure »

Présentée dans l’espace Paul Smith de la rue Grenelle, « Bibliothèque intérieure » réunit neuf artistes autour de la notion de collection intime comme source de création. L’exposition fonctionne comme une archive sensible où objets, images, fragments textiles et souvenirs deviennent matière artistique. Chaque œuvre agit comme une strate de mémoire personnelle, évoquant l’idée que la création se construit à partir d’accumulations invisibles : émotions, souvenirs, influences. L’ensemble compose une constellation d’univers singuliers reliés par la même réflexion sur l’imaginaire et la mémoire.

« Bibliothèque intérieure »
Paul Smith
32, rue de Grenelle, Paris 7e
Jusqu’au 21 juin 2026
paulsmith.com/fr/stores/rue-de-grenelle 

Films

Il Maestro

Dans l’Italie des années 1980, un ancien joueur de tennis devient l’entraîneur d’un adolescent prometteur, réservé et soumis à la pression d’un père omniprésent. Au fil de leur relation, l’apprentissage du sport se transforme en parcours initiatique où se mêlent discipline, confiance et affirmation de soi.

Réalisé par Andrea Di Stefano, le film réunit Pierfrancesco Favino, Tiziano Menichelli et Giovanni Ludeno dans un récit centré sur la transmission, l’exigence et la construction d’une identité, entre ambition sportive et lien humain.

La Maison des femmes

Ce récit choral plonge dans le quotidien d’un centre dédié à l’accueil de femmes victimes de violences. À travers les professionnelles qui y travaillent, le film montre les gestes discrets de soutien, d’écoute et de reconstruction. Loin du sensationnel, ce film compose un portrait sensible de la solidarité et de la résilience, où chaque histoire individuelle éclaire une réalité collective.

Nino dans la nuit 

Le film suit Nino, jeune adulte refusant de céder au désenchantement du monde. Porté par l’amour et la vie nocturne, il avance avec la conviction que l’espoir existe au-delà des désillusions. Entre romance intense, nuits vibrantes et quête de sens, ce portrait générationnel explore la jeunesse comme espace de résistance poétique face au cynisme ambiant.

Christy

Inspiré de la vie de la boxeuse Christy Martin, ce biopic retrace l’ascension d’une athlète devenue figure majeure du ring tout en affrontant des luttes personnelles profondes. Le film juxtapose combat sportif et combat intime pour dresser le portrait d’une femme dont la détermination dépasse largement les frontières du sport.

Des experiences et une culture qui nous définissent

Ne ratez aucun article

Inscrivez-vous à notre newsletter