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Art Paris : Les artistes d’art contemporain qui défient le monde contemporain

Chapô : Sous la nef à laquelle nous sommes habitués, celle du Grand Palais, la foire d’art contemporain Art Paris nous fait découvrir les coulisses d’un art précurseur.

Art Paris est un des plus grands carrefours artistique de la capitale et du monde. Plus de 200 galeries et artistes se font voisins pendant trois jours intenses. L’art contemporain attire toujours autant de partisans, mais qu’est-ce qui fait la singularité de chaque artiste ? Notre sensibilité s’est intéressée à des œuvres texturées, dont les artistes ont fait appel à de la matière minérale ou de la poussière, d’autres s’intéressent à l’individu, qu’il s’agisse du personnage peint ou du spectateur. Chaque artiste s’est approprié un récit visuel pertinent, chacun propose une lecture singulière et innovante du monde contemporain. 

Peintre français, Thierry Carrier nous propose des peintures à l’huile insaisissables. Souhaitant devenir réalisateur, l’ensemble de son corpus visuel est imaginé dans un univers très cinématographique. Bien que Thierry Carrier peint des oeuvres figuratives, le surréalisme de ses représentations véhicule un message abstrait. Au centre de paysages souvent désertiques, post apocalyptiques et dépourvus d’humains, des personnages énigmatiques survolés par des origamis tiennent une posture en retrait. L’artiste invite le spectateur à interpréter l’image selon ses propres ressentis. Il crée en réaction d’un besoin croissant de devoir répondre à des attentes et des réponses formelles et précises. Le propos pourrait être de ne pas condamner l’incompréhension ou la difficulté à identifier ce qui est tangible ou non.

thierrycarrier.com

« Maistre Deu Jeu » Maximilien Pellet © Double V Gallery

Certaines pièces de l’exposition « Maistre Deu Jeu » de Maximilien Pellet, parisien diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, sont majestueusement présentées sous la nef du Grand Palais. Sa pratique s’est développée au sein de trois ateliers associatifs dans lesquels il identifie précisément sa technique de production, la céramique et l’enduit. Les sculptures en céramique représentant des personnages encore inconnus sont, en réalité, les symboles d’une mythologue médiéviste propre à l’abbaye Royale de Fontevraud, dans laquelle s’est tenue cette exposition. Les statues s’observent comme des indices voire des clés pour résoudre un mystère, « les sculptures sont mises en scène dans une forme de théâtralité, peut-être un jeu de rôle d’un autre temps quelque part entre les codes du spectacle vivant et ceux des arts funéraires ». L’artiste se distingue par un procédé de fusion qu’il met en place entre l’art contemporain et les figures historiques du Moyen Âge.

maximilienpellet.fr

double-v-gallery.com

« Night and Day Dreaming » Taylor © Double V Gallery

Pace Taylor est un artiste américain qui représente, avec la subtilité des couleurs vives, la nudité et l’intimité. Ce principe, encore tant tabou, rend finalement service à l’humain. Iel met en lumière l’identité au cœur même des relations humaines afin d’effacer la peur de la vulnérabilité. La nudité se transforme en symbole ordinaire, sublimée par des pastels ou crayons de couleur. Les vives et chaudes tonalités de ses peintures embrassent le spectateur de réconfort, de fragilité et de positivité. Iel soutient un discours profondément engagé en représentant des symboles queer sur les nus qu’iel dessine. 

pacetaylor.com

double-v-gallery.com/pace-taylor

Ben Arpéa représenté par 193Gallery

L’artiste français, Ben Arpéa, a développé une technique de création hors du commun. Ses paysages géométriques séduisants de par leurs couleurs semblent légèrement s’émaner de leurs toiles. Il met en équation la couleur et la matière pour obtenir un résultat texturé voire vivant. La collection exposée à Art Paris dans le cadre d’un solo show a été produite à partir d’une peinture composée d’acrylique et d’éléments minéraux comme le sable. Sur les toiles en lin se devinent des rainures et des petits amas de matières créant une discontinuité dans le tracé et un léger relief. À défaut de voir un beau coucher de soleil dégagé dans nos villes surchargées, Ben Arpéa a saisi les nuances parfaites de ce bref moment pour nous en faire profiter inlassablement.

193gallery.com/fr

Olivier Urman représenté Amélie du Chalard

« Surpressions beneath the midday sun and shade » Olivier Urman © Amélie du Chalard

Olivier Urman est un peintre conceptuel qui travaille avec la matière avant tout. Il transcende l’état intermédiaire d’un objet en le réduisant en poussière afin d’utiliser cette dernière comme matière première, applicable sur sa toile. Chacun de ces objets décomposés sont reproduits grâce à de la peinture mélangée à cette poussière. Il s’intéresse à la circularité des objets et « la fin des choses » comme il aime les nommer. L’objectif étant d’illustrer la manière dont le monde re-décore son environnement à partir des déchets du passé car nous ne cessons de consommer puis jeter. Au cœur de ses œuvres, le sujet principal n’est plus l’objet représenté mais la matière qui compose l’image. Ces peintures figuratives cachent néanmoins cette « crise de la disparition » entre présence et disparition.

olivier_urman

amelieduchalard.com

Ricky Dyaloyi par Everard Read © Nina Lieska

Ricky est un artiste sud-africain attaché à l’exubérance du paysage urbain sud-africain. L’artiste rend hommage à tous ces individus oubliés et pourtant si singuliers. Ses coups de pinceaux s’arrêtent précisément sur chaque détail, de la tenue à la carrure, les silhouettes sont au préalable pensées avec conscience et désir de représentation. Le point de vue qu’il adopte, en plongée, permet d’unifier le paysage et de traiter chaque protagoniste de manière égale. Les individus contribuent à leurs histoires personnelles tout en participant à la création d’une histoire nationale commune. Ricky Dyaloyi évoque la tolérance à travers une multitude de récits qui explorent la complexité humaine et la détermination au coeur d’une foule de travailleurs anonymes. 

rickyayanda

everard-read.co

Ian Salamente représenté par Salon /H

« Sonho » par Ian Salamente © Salon /H

Le peintre brésilien Ian Salamente convainc son public à travers un voyage culturel et technique. Originaire d’une ville qui s’est développée autour de l’industrie saline, Cabo Frio, Ian Salamente puise l’inspiration dans son histoire. Le sel est devenu son langage pour représenter les vastes surfaces brésiliennes façonnées par une culture ouvrière singulière. L’humain de sa fatale condition de labeur est au centre du propos. Des références au modernisme brésilien et à l’art sacré se fondent dans ces représentations contemporaines. Des symboles du monde contemporain deviennent des signes de résilience et de rébellion. Une rébellion pacifique car artistique, l’artiste fait de ses toiles un espace dans lequel il expose les tensions sociales : fissures sociales et marges urbaines. Les protagonistes, représentés comme solitaires, nous font part de leur lassitude et solitude qui s’émanent d’une certaine inquiétude.

ian.salamente

À travers ces démarches singulières, se dessine un panorama artistique, où les artistes interrogent notre rapport au monde, à la matière et aux autres, qu’il s’agisse de paysages énigmatiques, de corps fragmentés, de récits mythologiques ou de scènes de vie.  

artparis.com

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