Le studio de création Supaform repense le design à la frontière de l’art, créant des objets et des espaces qui défient le trivial et stimulent l’imaginaire.


Fondé par l’artiste et designer Maxim Shcherbakov, Supaform se positionne à l’intersection du design et de l’art. Ce studio de création reconnu comme visionnaire conçoit des meubles et des espaces intérieurs qui sont contemporains par essence. Une partie de ces espaces sont réalisés à l’aide d’outils numériques et uniquement proposés sous forme de maquette digitale. Les questions qu’il explore relèvent de problématiques actuelles. Chaque meuble ou espace intérieur devient singulier, offrant la simulation d’un monde utopique à partir de références architecturales et de techniques de création qui s’inscrivent dans notre ère. L’avant-gardisme se manifeste dans les formes, les configurations des espaces et les concepts abordés.
Dans des univers complètement imaginaires, Supaform emprunte à notre quotidien certains usages pour en détourner les fonctions, comme l’installation Laundry room (buanderie) qui interroge la question de l’auto-organisation d’une ville. Le studio y met en scène des meubles hybrides qui mêlent esthétique, fonctionnalité et récupération, tout en suggérant une réflexion sur les dynamiques parfois chaotiques des environnements urbains.
La collection « Hidden heritage » (patrimoine caché) est une exploration visuelle des limites du confort, célébrant la « beauté sans raison ». Supaform va volontairement à l’encontre d’un système normatif, défiant les notions de bien-être et de fonctionnalité en créant des meubles beaux, mais inconfortables : la table basse échappe à toute praticité, la lampe n’a pas d’ampoule, tandis que le dossier ondulé de la chaise met le corps à l’épreuve.


L’installation The Waiting room (la salle d’attente) met en scène des objets issus d’un dialogue entre les individus et le quotidien, façonnés lentement par l’usage. À travers un processus de transformation lent, la véritable identité de l’objet apparaît doucement au fil du temps. Les couleurs chaudes du cuir évoquent l’idée d’héritage et permettent de rendre visibles les marques laissées par ceux qui y sont passés. La salle d’attente est un espace où le temps lui-même crée les conditions propices à l’émergence du design.
Shcherbakov puise également dans son enfance et fait de sa nostalgie un moteur de son art. La conceptualisation numérique de Porsche Scopes n’est rien de moins qu’un hommage à la Porsche 959 miniature qu’il possédait enfant, devenue la voiture de ses rêves. Cette fascination se prolonge jusqu’à transformer ce modèle réduit en voiture de taille réelle, réinterprétée comme un objet de décoration dans cette scène imaginaire.
La collection « Fancy-Routine » s’appuie sur la confrontation entre le corps même du meuble et la surface qui le recouvre. L’enveloppe change-t-elle la façon dont on perçoit « l’étrange » ? L’objectif étant de jouer sur la matière comme une tenue joue sur l’allure. Il évoque également la question de la dégradation de la matière, comme celle du métal qui devient rouille. Les objets rouillés perdent-ils de leur charme si la forme est toujours la même ? L’installation amène à se poser une question plus large : ne sommes-nous pas comme ces meubles, prêtant beaucoup d’attention à la validité de ce qui nous enveloppe ?


Comme une sorte de jeu, Maxim Shcherbakov assemble des styles, des idées, des souvenirs, des références culturelles. Il tente de faire apparaître des espaces spéciaux, séduisants et conceptuels. La singularité de ce studio de création trouve son essence dans celui qui l’a fondé. En effet, Maxim Shcherbakov semble vivre pour créer, et non créer pour vivre et satisfaire la société. Supaform mérite une attention particulière, car il apporte une autre dimension à ce que le design peut offrir de nouveau, outre ses fonctions utilitaire et esthétique. Maxim Shcherbakov inscrit son art dans une réflexion sensible et philosophique pour construire un espace pertinent.










