OLIVER MAYHALL : LES REFLETS DE L’INVISIBLE

À la lisière du visible, Oliver Mayhall explore les frontières mouvantes de la perception. À travers ses photographies, le regard devient matière, le verre un prisme de l’âme, et le portrait, un espace d’introspection où la présence se diffracte.

Billy Crudup ©Olivier Mayhall

Dans le silence hypnotique de ses compositions, Oliver Mayhall nous confronte à une vision fragmentée du réel. Son œuvre, traversée par l’étrange beauté du flou et de la déformation, interroge notre manière de voir. Qu’il s’agisse d’un regard démultiplié par un verre d’eau ou d’un visage brouillé ou en partie dissimulé, chaque image s’élabore comme une expérience perceptive. Rien n’y est laissé au hasard : la lumière, les textures, les reflets construisent une mise en scène où le mystère prime sur l’évidence.

Basé à Londres, le photographe britannique s’impose depuis plusieurs années comme une voix singulière de la photographie contemporaine. Entre portrait et art conceptuel, il tisse un lien subtil entre l’intime et l’abstrait. Ne se contentant pas de représenter, ses images ouvrent un espace de résonance, laissant affleurer l’invisible. L’œil, motif récurrent, devient le témoin d’une quête intérieure, celle du moi éclaté, du souvenir qui persiste, de la pensée en mouvement. En mêlant procédés analogiques et outils numériques, Mayhall joue sur la porosité des médiums : le visible s’y trouble, l’émotion s’y amplifie. 

L’esthétique de Mayhall trouve ses racines dans le surréalisme et l’abstraction poétique. Comme Man Ray ou Francesca Woodman avant lui, il explore la part d’ombre du portrait, cette zone fragile où la représentation bascule vers le rêve. Ses photographies, souvent en noir et blanc, dégagent une tension feutrée : elles semblent suspendues dans un entre-deux, à la fois sensuelles et cérébrales, concrètes et oniriques. Cette ambivalence, c’est la signature d’un artiste qui privilégie l’évocation à la démonstration.  

Collaborateur de magazines tels que Vogue México, Kinfolk ou The Telegraph Magazine, Oliver Mayhall navigue avec aisance entre la commande et la création personnelle. Qu’il photographie pour les BAFTA, EMI Records ou Crisis, il garde cette même approche introspective, conférant à ses portraits une densité psychologique rare. Derrière chaque regard capté, on devine une histoire, une vibration, une pensée.

Son œuvre, régulièrement exposée à Londres, New York, Madrid, Paris ou Séoul, s’impose comme une méditation sur la nature du regard. À travers le jeu des transparences et des reflets, il explore la métamorphose du visage, l’éclatement du sujet, la poésie du double. Ses images ne se lisent pas, elles se ressentent, comme un écho silencieux à nos propres perceptions. Oliver Mayhall ne cherche pas à révéler : il invite à contempler, à douter, à rêver. 

olivermayhall.com

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