STAN DOUGLAS AU JEU DE PAUME : UNE EXPOSITION À TRAVERS L’IMAGE

© Stan Douglas, Hastings Park, 16 juillet 1955.

Du 20 octobre 2026 au 10 janvier 2027, le Jeu de Paume consacre une exposition à Stan Douglas. Intitulée « Parallax », elle rassemble une quarantaine d’œuvres réalisées depuis la fin des années 1980. Ses photographies, films et installations vidéo permettent de découvrir le travail de l’artiste canadien.

Né à Vancouver en 1960, Stan Douglas développe depuis la fin des années 1980 une œuvre qui lie photographie, cinéma et vidéo. À travers ces différents moyens, il s’intéresse aux événements historiques et à la manière dont ils sont représentés. Plutôt que de simplement documenter le passé, il reconstitue des scènes inspirées de faits réels, en jouant sur les lignes très fines entre la fiction et la réalité. Son travail interroge la manière dont les images participent au développement de la mémoire collective.

© Stan Douglas, Hors-champs, 1992.

Le titre de l’exposition fait référence à la parallaxe, un phénomène optique selon lequel un objet apparaît différemment selon l’endroit d’où l’on regarde. On retrouve cette idée dans le travail de Douglas, qui s’appuie sur des faits historiques qu’il met en scène de plusieurs façons. Les œuvres exposées montrent comment l’artiste reconstitue ces événements à travers différents procédés visuels, tout en accordant une attention minutieuse aux décors et aux personnages.

Avec Crowds and Riots (2008), Stan Douglas porte un intérêt assumé aux affrontements et reconstitue des scènes de foule à travers différentes mises en scène. Dans Abbott & Cordova, 7 August 1971, il revient sur un moment de tension entre des manifestants et la police à Vancouver. Il reconstitue la scène avec de nombreux figurants, au milieu d’un décor pensé pour rester le plus fidèle possible aux lieux et aux circonstances de l’événement.

© Stan Douglas, Abbott & Cordova, 7 August 1971, 2008.

Dans Inconsolable Memories (2005), Stan Douglas reprend une histoire en proposant plusieurs versions de celle-ci. En plus du cinéma et de la photographie, la musique fait partie intégrante de certaines de ses œuvres, notamment dans Luanda-Kinshasa (2013), qui s’inspire des sessions d’enregistrement dans les studios new-yorkais des années 1970. Avec ISDN (2022), il imagine un échange entre des rappeurs de Londres et du Caire, sur fond de tensions politiques et sociales.

© Stan Douglas, ISDN, 2022.

L’exposition s’achève avec Birth of a Nation (2025), une installation vidéo qui revisite le film éponyme réalisé par D. W. Griffith en 1915. Connu pour sa glorification du Ku Klux Klan et ses représentations racistes des Afro-Américains, le film occupe une place importante dans l’histoire du cinéma. Stan Douglas en reprend certains codes, tout en déconstruisant son récit à travers quatre perspectives alternatives. Il met en lumière les limites du point de vue du film d’origine et redonne une place à des personnages marginalisés par cette représentation de l’histoire.

© Stan Douglas, Birth of a Nation, 2025.

« Parallax »

 Jeu de Paume 

1, place de la Concorde, Paris 1er 

Du 20 octobre 2026 au 10 janvier 2027

 jeudepaume.org 

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