[weglot_switcher]

London Art Fair 2026, le surréalisme à l’honneur

À l’occasion de son édition 2026, London Art Fair met le surréalisme au cœur de son programme, révélant la vitalité d’un mouvement qui n’a jamais cessé de se réinventer. Entre œuvres historiques, redécouvertes majeures et créations contemporaines, la foire londonienne explore la puissance du rêve et de l’imaginaire comme clés de lecture du monde actuel.


Chaque mois de janvier, London Art Fair ouvre l’année artistique londonienne en proposant une lecture attentive et nuancée de la création moderne et contemporaine. Installée au Business Design Centre, la foire s’est imposée au fil des décennies comme un espace de dialogue entre histoire de l’art et pratiques actuelles, privilégiant une approche curatoriale exigeante plutôt qu’une simple accumulation de stands. Pour son édition 2026, cette ambition se traduit par un thème central fort : le surréalisme, envisagé non comme un courant figé, mais comme une force vivante et en constante mutation.

Intitulé Surrealism Returns: Discovering the Dreamworld at London Art Fair 2026, ce focus met en lumière la capacité du surréalisme à traverser les époques, à se transformer et à résonner avec les préoccupations contemporaines. Né dans l’entre-deux-guerres comme une tentative radicale de libérer l’imaginaire et l’inconscient, le surréalisme conserve aujourd’hui une étonnante pertinence. À l’heure des bouleversements technologiques, des crises identitaires et des remises en question du réel, son langage onirique apparaît plus actuel que jamais.

Cette thématique irrigue l’ensemble de la foire à travers une constellation d’œuvres historiques et contemporaines. Le surréalisme britannique, longtemps resté dans l’ombre de ses homologues français, y occupe une place de choix. Des artistes comme Marion Adnams ou John Banting témoignent d’une sensibilité singulière, marquée par une étrangeté silencieuse, où paysages mentaux et formes hybrides traduisent l’angoisse et la poésie de l’après-guerre. Ces œuvres rappellent combien le surréalisme, loin d’être un style uniforme, s’est décliné selon des contextes culturels multiples.

John Selby-Bigge (1892–1973)

Aux côtés de ces figures redécouvertes, London Art Fair 2026 convoque également les grands noms du mouvement, à travers des éditions rares et des œuvres emblématiques. Les univers de Max Ernst et René Magritte, avec leur fascination pour la métamorphose, le détournement et le paradoxe visuel, incarnent cette tension féconde entre le familier et l’impossible. Leur présence souligne l’importance patrimoniale du surréalisme, tout en rappelant son rôle fondateur dans l’histoire de l’art moderne.

Mais la force de cette édition réside surtout dans la manière dont elle inscrit le surréalisme dans le présent. Plusieurs galeries proposent une relecture contemporaine du mouvement, démontrant que ses principes — exploration de l’inconscient, rupture des logiques rationnelles, poésie visuelle — continuent d’inspirer de nouvelles formes. Les sculptures de Salvador Dalí, réintroduites dans un contexte actuel, dialoguent avec les peintures minutieuses et ironiques de Frank Björklund, tandis que les œuvres quasi hypnotiques de Henry Orlik croisent surréalisme et science, en résonance avec les questionnements contemporains autour de la physique et de la perception.

La photographie occupe également une place significative, notamment à travers le travail de João Artur da Silva, figure majeure du surréalisme portugais. Ses images expérimentales, longtemps restées inédites, rappellent le rôle central de Londres comme lieu d’exil, de création et de circulation des idées surréalistes au cours du XXᵉ siècle. Enfin, des artistes plus jeunes, comme Ni Xuemin, prolongent cette tradition en l’ouvrant à des thématiques actuelles — identité, temporalité, futur numérique — confirmant l’extraordinaire plasticité du surréalisme.

En plaçant ce mouvement au cœur de son édition 2026, London Art Fair propose bien plus qu’un hommage : elle affirme le surréalisme comme une langue transgénérationnelle, capable de relier mémoire et innovation. Entre rêve et réalité, héritage et réinvention, la foire invite le visiteur à ralentir, à regarder autrement et à accepter l’étrangeté comme un moteur essentiel de la création artistique.

London Art Fair 2026
Business Design Centre, Londres
21 – 25 janvier 2026 : ouverture au public


Marion Adnams, Dark River, 1944

Des experiences et une culture qui nous définissent

Ne ratez aucun article

Inscrivez-vous à notre newsletter