Sur la place du Louvre s’élève une sculpture pour le moins singulière, faisant face à la pyramide du célèbre musée. À distance, l’œuvre peut évoquer un jeu de construction, composé de cubes, de triangles et d’autres formes ovales. Il s’agit en réalité de Mirror Gate II, une installation monumentale de l’artiste argentine Pilar Zeta, en collaboration avec Marmonil, maison égyptienne de pierre naturelle fondée en 1963, visible jusqu’au 15 février.

Tout commence il y a trois ans, lorsque Pilar Zeta expose pour la première fois l’installation Mirror Gate I, entièrement réalisée en calcaire, face aux pyramides de Gizeh, en Égypte. Cette présentation marque sa première collaboration avec la maison Marmonil, détentrice de l’une des plus anciennes carrières de pierre issues du patrimoine égyptien. À cette époque, le commissaire d’exposition Stéphane Ruffier Meray n’avait pas encore fait la connaissance de l’artiste. Ce n’est que près de deux ans plus tard, lors de la foire d’art contemporain Zona Maco à Mexico, que leur rencontre a lieu par l’intermédiaire de relations communes. C’est dans ce contexte qu’émerge l’idée de transposer Mirror Gate à Paris.
« Cette installation est très significative car elle dialogue non seulement avec des institutions qui abritent certaines des œuvres les plus emblématiques et culturellement importantes de l’humanité, mais aussi avec la collection égyptienne. Elle est alignée avec la pyramide et l’obélisque de Louxor », souligne Stéphane Ruffier Meray. Érigé depuis près de cent quatre-vingt-dix ans, ce monument historique symbolise l’amitié entre la France et l’Égypte. Il est rapporté que certaines pierres, notamment le granit rouge utilisé pour la construction de l’obélisque, sont identiques à celles employées pour la réalisation de la sculpture de Pilar Zeta, des matériaux datant de plusieurs millénaires.


Les formes et les pierres n’ont pas été choisies au hasard, chacune porte une véritable signification. L’objectif de l’artiste était de créer une œuvre en résonance avec les joyaux de la sculpture égyptienne conservés à Paris. L’albâtre, pierre translucide, était déjà prisé par les artisans de l’Antiquité, tandis que la brèche fauve verte, quant à elle, fut employée ultérieurement à l’époque romaine. Mirror Gate II est ainsi pensée comme un portail, capable de transporter les visiteurs d’un lieu à un autre tout en traversant les époques et le temps.
« Le fait que ma sculpture soit considérée comme de l’art public revêt une importance particulière à mes yeux, car elle s’adresse à un large public. Elle ne se limite pas aux visiteurs d’un musée, mais touche tous ceux qui passent à ses côtés. En tant qu’artiste, c’est précisément ce que je souhaite privilégier, créer une œuvre accessible à tous », conclut l’artiste Pilar Zeta.










