Helle Mardahl, la confiserie de verre

Des bonbons que l’on ne mange pas, une confiserie que l’on habite : la designer danoise Helle Mardahl a transformé une obsession d’enfance en un univers de verre soufflé aussi gourmand qu’élégant.

Tout a commencé par un rêve d’enfant — ouvrir une confiserie. Helle Mardahl ne l’a jamais tout à fait abandonné. Elle lui a simplement trouvé un autre matériau : le verre. Depuis son studio à Copenhague, la designer danoise compose des lampes, des vases, des bols, des bonbonnières et des verres à pied dont les formes arrondies et les teintes acidulées semblent tout droit sorties d’une confiserie des années 1980. Sauf qu’ici, on ne croque pas — on contemple, on touche, on pose sur une table.

C’est en 2009, en travaillant étroitement avec un souffleur de verre pour une œuvre d’art, qu’elle découvre le matériau. Puis un voyage à Malte, où le travail du verre est omniprésent dans les boutiques artisanales, achève de la convaincre. Diplomée du Central Saint Martins de Londres, où elle s’est formée au design de mode, elle a d’abord exploré la peinture, la sculpture et l’installation avant de trouver dans cet art ancestral le territoire où tout converge. En 2017, elle s’installe à Copenhague et lance le Helle Mardahl Studio, spécialisé dans les sculptures en verre, la vaisselle de luxe et l’éclairage.

Sa première collection, Pâques, composée d’objets décoratifs en forme d’œufs et de lampes en verre, pose d’emblée les bases de son univers. Viendront ensuite la collection Candy (Bonbons), qui ancre son style signature dans des teintes fruitières et des formes organiques, et les fameux Bon Bons — ces pièces signature aux rondeurs presque irréelles, qui ressemblent à des sucettes ou des boules de chewing-gum figées dans le verre. Conçues au Danemark et fabriquées en petites séries, ses créations à la fois épurées et ludiques célèbrent la simplicité tout en rehaussant les intérieurs les plus maximalistes.

Ce qui frappe dans le travail de Mardahl, c’est la précision avec laquelle elle joue des contraires. Ses pièces aux couleurs intenses sont vivantes et naturelles, fragiles mais robustes, simples mais ornementales. Le verre, avec ses aspréités, ses bulles d’air emprisonnées, ses légères irrégularités, n’est jamais parfait — et c’est précisément cela qui le rend vivant. Chaque pièce est unique, marquée par la main du verrier et le souffle qui l’a formée. L’univers est enfantin et nostalgique, influencé par Alice au pays des merveilles et Charlie et la chocolaterie, mais jamais naïf. Il y a dans ces objets une sophistication scandinave qui empêche la bascule dans le kitsch.

Le studio collabore également sur des projets sur mesure — installations lumineuses, commandes pour des hôtels ou des espaces résidentiels — et a développé une collection d’éclairage en partenariat avec DWR (Design Within Reach), qui comprend suspensions, appliques et lampes de table. Une façon d’élargir le vocabulaire Bon Bon vers l’architecture intérieure, sans en diluer le caractère.

Ce que Helle Mardahl a compris mieux que beaucoup, c’est que la joie est une intention de design à part entière. Dans un paysage souvent dominé par la retenue et le minimalisme, ses pièces revendiquent le droit au plaisir, à la couleur, à l’excès mesuré. Pas de la décoration, pas vraiment de l’art pur non plus — quelque chose entre les deux, qui tient autant de la sculpture que de la table bien dressée.

hellemardahl.com

Instagram : @hellemardahl

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