
Sur une presqu’île de la mer intérieure de Seto, à 400 kilomètres au sud-ouest de Tokyo, l’agence danoise Bjarke Ingels Group livre ses premières architectures japonaises : trois villas pour le concept NOT A HOTEL, où savoir-faire local et minimalisme scandinave se rejoignent.

Inauguré en avril 2026 sur l’île de Sagishima, NOT A HOTEL Setouchi marque la première réalisation construite de Bjarke Ingels Group (BIG) au Japon. L’ensemble réunit trois villas de villégiature et un restaurant, déployés sur 30 000 mètres carrés le long d’une côte sculptée par la mer intérieure de Seto. Le projet s’inscrit dans le programme NOT A HOTEL, qui mêle résidence privée et hôtellerie au gré de plusieurs destinations japonaises.

Avant la construction, l’équipe a entrepris de redonner au site sa physionomie d’origine. Les graminées ont été récoltées, oliviers, citronniers et essences endémiques replantés, afin de raviver le caractère du lieu. Les villas, baptisées 180, 270 et 360 selon les angles de vue qu’elles ouvrent, épousent les variations topographiques du terrain et s’inscrivent dans le maillage des chemins existants.
L’architecture puise simultanément dans la tradition japonaise du bâti et dans la culture scandinave de la matière. Les façades vitrées prolongent le principe des cloisons shoji, laissant le paysage entrer ; le sol en ardoise Genshoseki compose un motif inspiré des tatamis ; les murs porteurs sont coulés en pisé selon la technique du tassement, à partir de la terre extraite du site, et leurs strates colorées évoquent des couches géologiques. Les toitures, couvertes de panneaux photovoltaïques peu réfléchissants, livrent une lecture contemporaine des charpentes japonaises.


Chaque villa se déploie selon sa position sur le terrain. Au point culminant, la 360 ouvre une vue circulaire sur le paysage stratifié et la mer, organisée autour d’un patio privé. La 270 cadre un panorama à 270 degrés sur l’archipel, sauna et espaces extérieurs disposés comme de petits îlots autour d’une piscine et d’un foyer. À la pointe de la presqu’île, au plus près de l’eau, la 180 épouse la courbure du rivage ; un jardin intérieur, en pente douce, déroule des sentiers tapissés de mousse et des arbres dont les frondaisons changent au fil des saisons.

À l’intérieur, les volumes s’enchaînent en un seul espace continu, salles d’eau et rangements logés dans des modules indépendants. Bains japonais traditionnels, palettes chromatiques apaisées, foyers et piscines à débordement chauffées équipent chaque villa. Les façades et avant-toits peuvent s’ouvrir au printemps et en été pour une ventilation naturelle, tandis que les eaux pluviales sont captées sur place et réinjectées dans l’arrosage du paysage.
Cette première intervention japonaise est aussi, pour Bjarke Ingels, une déclaration d’attachement. « Le Japon est une culture qui a profondément influencé ma compréhension de l’architecture, un lieu où un futurisme intrépide et des racines traditionnelles se rejoignent dans une harmonie contrastée », écrit le fondateur de l’agence. Et de poursuivre : « Les trois villas prennent forme au gré du paysage et semblent en sortir. Tradition et présent, intégration et présence affirmée, scandinave et japonais se fondent en un ensemble qui réunit des contraires apparents dans une totalité hospitalière. »

Le projet vient enrichir un portefeuille hôtelier que BIG construit avec discernement, après la maison perchée Biosphere en Laponie suédoise et l’Hôtel des Horlogers d’Audemars Piguet, au Brassus, en Suisse. Les photographies sont signées Kenta Hasegawa.
Instagram : @notahotel_official








