Véritable temple du bon goût à ciel ouvert, Paris ne se contente pas d’émerveiller la planète avec ses défilés haute couture. Sa scène culinaire bouillonnante attise également toutes les convoitises. En constante évolution, son paysage gastronomique ne cesse de révéler de nouvelles adresses qui bousculent les codes de la bonne chère.
Portée par une génération de chefs affûtés, avides d’expérimentations décomplexées et riches d’héritages revendiqués, la scène culinaire parisienne s’impose comme l’une des plus vibrantes d’Europe. Chaque ouverture participe à une émulation qui transforme la ville en laboratoire permanent du goût. Dans ce foisonnement éclectique, cinq établissements ont retenu notre attention cette saison. Coup de projecteur sur des tables qui, chacune à leur manière, cristallisent l’énergie, l’audace et la diversité de ce Paris en pleine effervescence gastronomique !

Comptoir Lazu : un repaire gourmand au cœur du quartier Rochechouart
Vous connaissez déjà sûrement le restaurant Lazu, dont la cuisine d’auteur généreuse du chef Rémi Lazurowicz enchante les habitués du quartier Rochechouart. Désormais, juste en face, le Comptoir Lazu ouvre à toute heure de la journée. Sans rien perdre de l’intention culinaire créative et élégante de son grand frère ! Ici, les assiettes ne sont jamais ennuyeuses. Franchise des goûts, excellence des produits, justesse des assaisonnements : tout témoigne de l’envie profonde de provoquer des émotions gustatives. À l’image du Sando au thon rouge qui joue la carte d’une street food gastronomique. Ultra-moelleux, le pain sando est toasté au beurre pour abriter le thon rouge en tataki, une sauce tartare très herbacée et le croquant de la sucrine. Dans la même veine, le paleron de bœuf pané, sauce tartare au pamplemousse est un finger food gourmet de haute volée. Le paleron de bœuf confit douze heures avec des échalotes et du persil et enveloppé dans la panure se trempe dans une sauce tartare à laquelle les suprêmes de pamplemousse offrent toute leur amertume. Même les œufs-mayo révèlent leur lot de surprises. Cuits à la perfection avec leur jaune encore crémeux, ils sont accompagnés d’une mayonnaise maison réalisée à la bourrache pour une étonnante saveur iodée. Le tout se déguste dans une salle hommage au Paris populaire des années 1980. Couleurs pop, mobilier chiné et comptoir en zinc en font un lieu de vie et de rencontres à l’esprit aussi gourmand que joyeux !


Babi : la nouvelle cantine du 2e
Bar à vins d’un nouveau genre, Babi vous promet un voyage au cœur des saveurs et des terroirs. Volontairement intimiste, la nouvelle adresse de la rue Mandar s’est donné pour mission de faire dialoguer les vins avec une cuisine de saison audacieuse. À mi-chemin entre bistrot et table d’auteur, la carte propose des assiettes à partager originales qui évoluent au rythme des saisons. On craque particulièrement pour l’Artichaud ABC, un artichaut à la barigoule entouré d’un tartare d’olives vertes siciliennes, de pecorino au poivre et câpres frites de Sicile, et d’une crème de tomates séchées. Ou encore pour le Homard 51, des tortellinis farcis au homard bleu de Bretagne, labneh et citron, accompagnés d’une bisque de homard au pastis et d’une huile de menthe, surmontés de quelques brindilles de fenouil cuisinées à la manière d’un kimchi coréen. Le vin n’est pas en accompagnement : il est au cœur du projet. On vous conseille de goûter au Keush, une bulle d’Arménie élaborée par une jeune vigneronne passionnée dans les montagnes arméniennes. Ou au Pinto Nahal Shualim 2022, un rouge du désert du Néguev en Israël, issu de sols calcaires riches en minéraux qui tempèrent la chaleur intense du climat.


Red Sauce : carte italo-américaine, cuisine cosmopolite
C’est dans la cour des petites-écuries, dans le Xe arrondissement, que le premier red-sauce joint de la capitale a pris ses quartiers. Aux États-Unis, les red-sauce joints sont iconiques. Issus de l’immigration italienne, ces restaurants animés, conviviaux et accessibles sont devenus de véritables repaires des repas en famille. Et Red Sauce risque bien de le devenir à son tour. Dans un décor empreint de nostalgie qui rend hommage aux diners mythiques, on vient pour partager les plats italo-américains les plus réconfortants. Sous l’égide du chef Idriss Laghlimi, toutes ces gourmandises régressives à base de sauce tomate sont réinterprétées à l’aune d’une vraie réflexion culinaire. Impossible de résister notamment aux meatballs à la ricottta, des boulettes juteuses de veau et de bœuf, nappées d’une intense red-sauce tomate et accompagnées de ricotta aux zestes de citron et de focaccia à l’ail toastée. Décadente, la parmigiana d’aubergine façon US met à l’honneur une aubergine frite recouverte de mozzarella fior di latte filante et nappée d’une sauce douce et légèrement relevée. Mais votre prochaine food obsession risque bien d’être la pizza Detroit Style, inconnue en France et pourtant emblématique de la culture italo-américaine. Enfin, on ne saurait finir un repas US sans un vrai bon sundae. Trônant majestueusement en salle, la machine à soft ice cream délivre une crème glacée fior di latte à la texture onctueuse. À vous d’oser le nappage Red Sauce signature !


UNI : Saveurs d’Orient
Au cœur du Triangle d’Or de Paris, UNI vous invite à un voyage sensoriel dans un impressionnant décor inspiré du Japon impérial. Conçu par 2M Architecture Intérieure, ce nouveau restaurant convoque le faste de la cour impériale, l’opulence des intérieurs de l’aristocratie japonaise et l’univers des samouraïs pour vous faire goûter aux trésors et merveilles du pays du Soleil Levant. Paravents dorés, objets laqués, estampes du XVIIe peintes à la main, tatamis, bonsaïs et ikebana constituent un écrin d’exception pour s’initier à la gastronomie pointue du chef étoilé singapourien Akmal Anuar. Le mot uni signifiant « oursin » en français, la carte célèbre ce noble fruit de mer dans des plats signature qui mêlent techniques culinaires japonaises traditionnelles et créativité d’avant-garde. Derrière le bar à nigiri, la chorégraphie précise de l’itamae – le maître sushi – révèle des bouchées d’exception. Comme le Chutoro, kyabia, uni no sushi qui associe la délicate partie chutoro du thon avec du caviar osciètre et une belle langue d’oursin. Se déguste également du bout des baguettes l’Ebi tempura to oba, wasabi mayo qui met en scène une crevette en tempura dans une feuille de shiso avec de l’asperge thaïlandaise, du tobiko orange et une mayonnaise au wasabi. Enfin, les vins, sakés et spiritueux fins importés des plus belles maisons japonaises complètent cette expérience voluptueuse. Une jolie manière d’enlacer tradition et modernité, Japon d’hier et de demain !


La Baia : Un avant-goût d’Italie à Paris
Après New York et Dubaï, La Baia ouvre enfin ses portes à Paris, faisant souffler sur la rue du Boccador un vent de dolce vita. Puisant son inspiration dans l’art de vivre amalfitain, ce restaurant au décor chiadé évoque l’élégance italienne avec une touche parisienne de glamour cossu. Banquettes et fauteuils habillés de tissus précieux font face à des tables de marbre sous des lustres majestueux, tandis que les moulures et le parquet parisiens ajoutent encore davantage de cachet. Dans ce lieu grandiose, on vient découvrir la belle cuisine côtière du Sud de l’Italie. Imaginée par le chef Stefano Tortelli, la carte transforme les saveurs transalpines gourmandes en des créations réjouissantes. Au menu, le Carpaccio di Manzo da Condividere, un fabuleux carpaccio de bœuf fondant escorté d’artichaut, truffe et parmesan ; les Fiori di Zucchina con Bufala, de délicates fleurs de courgette généreusement garnies d’une excellente mozzarella de bufflonne et anchois ; ou le Vitello Tonnato, de fines tranches de veau juteux, cachées sous une sauce tonnato d’exception. Évidemment chez La Baia, la pasta est en état de grâce. On vous conseille les Tagliatelle « La Baia », une recette signature du chef, qui enrobe les pâtes maison dans une onctueuse sauce à la truffe. Les Ravioli al Granchio e Caviale, raviolis au crabe cuisinés dans une sauce au beurre et safran et sublimés par une touche saline de caviar, valent également le détour. De quoi offrir un été sans fin à l’hiver parisien…










