PARIS, LA FÊTE SE MET À TABLE

À Paris, certains restaurants invitent à prolonger la soirée, entre musique, cocktails et spectacles. Du cabaret réinventé au salon historique, quatre adresses cultivent chacune à leur manière l’art de faire la fête autour d’une belle table.

©GAELLE LE BOULICAUT

L’ALCAZAR, LE GRAND RETOUR DES NUITS PARISIENNES

Adresse mythique de Saint-Germain-des-Prés depuis 1968, l’Alcazar retrouve son esprit de cabaret sous l’impulsion de Walter Butler, propriétaire du Paradis Latin. Imaginé par ce dernier et signé par la designer Sophie Lacroix, le nouveau décor déploie une atmosphère théâtrale : velours rouge, bas-reliefs Art déco inspirés d’une archive du lieu, mosaïque de la maison italienne Sicis, bar aux accents d’or et de marbre. Sous la grande verrière, chanteurs, danseurs et acrobates se succèdent au fil du dîner, tandis que la banquette centrale se transforme en podium. En cuisine, les chefs Zouhair Bouhlal et Guillaume Lutard puisent dans les grands classiques français, du pavé de bar à l’agneau de lait, jusqu’à la tarte Infiniment Vanille de Pierre Hermé. Du lundi au mercredi, la soirée se vit en version piano-voix ou live band. Du jeudi au dimanche, le spectacle « Paris s’éveille » accompagne le dîner et, lors du second service, un DJ prend le relais jusqu’à 2 heures du matin. Une renaissance flamboyante qui renoue avec l’insolence et le glamour des grandes nuits parisiennes.

62, rue Mazarine, Paris 6e  

alcazar.fr

DOOBIE’S, LE RETOUR D’UNE ADRESSE CULTE DU TRIANGLE D’OR

Rue Marbeuf, Doobie’s écrit un nouveau chapitre de son histoire. Restaurant russe ouvert en 1938, devenu le dancing La Caravelle dans les années 1970, le lieu prend le nom de Doobie’s en 1993 sous l’impulsion de Yannick Noah et s’impose comme l’un des repaires des nuits parisiennes. Après plusieurs années de silence et trois ans de transformation, il renaît en 2026. L’architecte Arnaud Behzadi l’a pensé comme l’appartement secret d’un collectionneur, une succession d’espaces où la Rotonde distribue le Grand Salon, le Petit Salon et le Jardin du Soir, ouvert sur la cuisine. Des œuvres sélectionnées avec la Galerie Strouk accompagnent le parcours. Aux commandes de la cuisine, le chef David Mantilla propose une carte voyageuse et généreuse : vitello tonnato, omelette à l’oursin, milanaise de thon rouge (la signature de la maison), sole meunière au beurre noisette ou encore linguine au homard. Puis, à mesure que la soirée avance, la musique gagne en présence et le bar de nuit prend le relais. Entre R’n’B des années 1990, house de Chicago et grands classiques pop, Doobie’s retrouve son ADN festif dans une version élégante et contemporaine.

26 rue Marbeuf, Paris 8ème

doobiesparis.com

CHERRY PARIS, LE BRUNCH PREND DES AIRS DE FÊTE

À Saint-Germain-des-Prés, dans un écrin intimiste inspiré des clubs de jazz new-yorkais, Cherry Paris donne un nouveau rythme au dimanche. Depuis le 20 septembre, l’adresse propose chaque semaine, de midi à 17 heures, un brunch où cuisine, cocktails et musique se rencontrent. La carte puise dans l’accent italo-américain de la maison : Cherry Benedict sur brioche, avocado toast, bagel au pastrami, grilled cheese ou encore milanaise. Les plus gourmands termineront sur des pancakes, un cheesecake basque ou un tiramisu. Mais c’est surtout l’ambiance qui distingue ce brunch des autres. La musique accompagne les premières assiettes, les cocktails arrivent sur les tables et le tempo monte doucement au fil de l’après-midi. Une façon joyeuse de faire du dimanche un rendez-vous festif, sans attendre la tombée de la nuit.

1, rue du Sabot, Paris 6e

cherry-paris.fr

LES SALONS DU PRINCE, UNE SOIRÉE MUSICALE AU SHANGRI-LA PARIS

Dans l’ancienne demeure du prince Roland Bonaparte, le Shangri-La Paris cultive une autre idée de la fête, plus feutrée mais tout aussi séduisante. Depuis le 17 septembre, chaque jeudi, les Soirées du Prince réunissent un pianiste et un chanteur dans le restaurant Les Salons du Prince, pour un moment musical inspiré des grands salons parisiens d’autrefois. Sous les lustres des salons classés Monuments historiques, la musique accompagne une carte où se côtoient carpaccio de Gambero, tartare de thon, linguine au caviar et même un cheeseburger. Les amateurs de douceurs termineront sur la coupe glacée Signature au citron et caviar Baeri, accompagnée, pourquoi pas, d’un champagne millésimé. Ici, nul besoin de piste de danse : le charme opère dans la rencontre entre patrimoine, gastronomie et musique vivante. Une parenthèse hors du temps, chaque jeudi de 18 heures à 22 heures.

10, avenue d’Iéna, Paris 16e 

shangri-la.com/fr

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