
Vingt ans après sa création, la maison marseillaise Maison Close tourne la page de son propre nom pour endosser celui d’une signature centenaire, rachetée fin 2025 à son fondateur par Nicolas Busnel.
Le 22 juillet 2026, Maison Close cesse d’exister sous ce nom. La marque de lingerie fondée en 2006 s’appelle désormais Scandale, une maison française créée en 1932 dont elle avait fait l’acquisition neuf mois plus tôt.
L’opération remonte au 27 octobre 2025 : Nicolas Busnel, fondateur et directeur de la création de Maison Close, rachète Scandale à son propriétaire Erik Ryd. L’annonce officielle attend le 15 janvier 2026, jour du vingtième anniversaire de la maison. Six mois plus tard, la fusion des deux identités devient effective, et Maison Close disparaît en tant que nom commercial au profit de celui qu’elle vient d’acquérir.

Le choix n’a rien d’anodin. Scandale n’est pas une marque anonyme rachetée pour sa coquille : fondée par Robert Perrier entre Lyon, berceau historique de la soie, et Paris, capitale de la haute couture, elle a fourni des soies d’exception à Chanel, Dior, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Jean Patou ou Givenchy avant de se consacrer à la lingerie. Perrier invente la première gaine élastique moderne, bien avant l’apparition du Lycra, libérant la silhouette des contraintes du corset.
La griffe doit aussi beaucoup à son identité visuelle : le logo signé René Gruau, prolongé par les campagnes de Pierre Couronne, Diaz et Jean Jacquelin, sort la lingerie de l’intime discret pour la faire entrer dans le registre de l’image publique et théâtrale, revendiquant son allure.
La maison passera ensuite sous le contrôle du groupe Hop Lun, avant son entrée au capital de Halle Berry en 2014 pour accompagner son développement nord-américain.

Pour Nicolas Busnel, l’enjeu n’est pas de remplacer une marque par une autre, mais de réunir deux récits : les vingt ans de codes contemporains élaborés par Maison Close – dont les créations ont habillé des campagnes et pochettes pour Kate Moss, Madonna, Miley Cyrus ou Rosalía – et le patrimoine centenaire de Scandale. Basée à Marseille, la maison vise un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros en 2026, porté d’abord par le marché américain, devant la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie.
« SCANDALE a toujours fait partie de mon univers d’inspiration, autant pour ses créations que pour sa communication », a déclaré Nicolas Busnel, cité dans le communiqué diffusé par l’agence TL Paris. Il évoque un « défi ambitieux » qui prolonge, selon lui, la démarche entamée depuis la création de Maison Close : « Faire évoluer les codes, défendre une vision forte et construire une maison capable de traverser le temps. »


La transition ne sera pas immédiate. Les dernières pièces signées Maison Close continueront d’être commercialisées, requalifiées en pièces collector témoignant des vingt premières années de la marque, le temps que Scandale déploie sa collection complète.
L’ouverture du premier flagship parisien permanent en septembre, rue Cambon, adresse chargée de symboles dans le luxe parisien, marquera la première incarnation physique de cette nouvelle identité, jusqu’ici portée uniquement par la communication et les collections.
TL Paris
9 rue de la Paix, Paris, 2e







