Grande ovation pour l’histoire de la mode italienne à la Fashion Week de Milan

© Acielle

Le défilé Vogue World : Milan se divise en cinq actes qui retracent différentes étapes de l’histoire de la mode et de la création italiennes.     

La 5e édition du défilé Vogue World s’est tenue le 22 septembre 2026 dans la Galleria Vittorio Emanuele II, une galerie commerçante et historique milanaise du XIXe siècle. La Fashion Week de Milan printemps-été 2027 s’est ouverte sur cet événement mondial, accueilli chaque année par une mégalopole différente. Vogue Italia a pris la décision de rendre hommage aux métiers d’arts dans cette galerie conçue par Giuseppe Mengoni et édifiée entre 1867 et 1878. Cette galerie de style néoclassique illustre le rayonnement de Milan en Italie, avec ses belles boutiques, ses restaurants et cafés historiques qui en font un lieu incontournable de la vie mondaine milanaise.   

Le thème de cette année met à l’honneur l’artisanat italien et son évolution à travers le temps, dans la continuité d’une réflexion sur les matières et les techniques de création. « Where the future is made by the hand » fait l’éloge des métiers d’art italiens, tout en les confrontant aux avancées des nouvelles technologies mises en pratique. Les marques italiennes dessinent la transformation d’un paysage stylistique bouleversé depuis la montée de l’industrialisation. Tout au long de la présentation, animée par les prestations de danseurs et l’interprétation de la chanson I Feel Love de Donna Summer par Alicia Keys, les marques italiennes mettent à l’honneur l’héritage précieux de l’Italie, de la Renaissance à l’ère contemporaine.   

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La première partie déploie un ensemble de somptueuses silhouettes nées de la richesse de l’artisanat italien. Les créateurs imaginent des scènes dramatiques dans lesquelles apparaît une mode italienne opulente, affranchie de toute forme de discrétion, où s’entremêlent couleurs et textures. Les robes en crinoline, les corsets et les dentelles habillent les plus grands mannequins de notre temps avec une rare justesse. Le deuxième acte délaisse l’atelier artisanal pour évoquer la révolution industrielle, saluant ceux qui ont insufflé la gaieté et le glamour explosif des années 1970 et 1980 dans une mode orientée vers un style archétypal davantage façonné par le vestiaire du workwear. Assis côte à côte au premier rang, telle une photo de classe, les plus grands créateurs et directeurs artistiques italiens célèbrent l’unité et la force créative des grandes figures italiennes : Maria Grazia Chiuri, Francesco Risso, Stefano Gabbana, Donatella Versace, Pierpaolo Piccioli… Ils assistent à une présentation des créations de leurs successeurs, une manière d’affirmer la force de leur transmission. 

Ces deux premiers actes se ferment sur nos modes de fonctionnement actuels. Le troisième acte présente une mode quotidienne dans laquelle les matières synthétiques matérialisent la puissance des innovations soutenues par l’industrialisation. Les matières employées se diversifient, mais l’essence créative italienne est préservée grâce aux nouvelles générations qui incarnent l’avenir de la mode. Le défilé se poursuit par le quatrième acte avec un étonnant passage de quatre robots humanoïdes commercialisés par Unitree Robotics. Ils signent le début d’une nouvelle ère et révèlent, à travers les réactions des spectateurs, que l’intégration de ces machines est encore controversée. On peut alors se demander si les robots seront davantage reconnus dans le secteur de la mode, de la production aux podiums. 

© Getty Images

Enfin, le défilé se clôt par l’allégorie d’une page blanche personnifiée par une mariée en robe blanche. L’Italie est avant tout synonyme de romantisme absolu ; du lac de Côme à Venise, cette ode à l’amour portée par la poésie se retrouve dans les dentelles de la robe de mariée signée Dior et portée par Deva Cassel. La pluralité des styles de robes, des créations ornées de sequins aux pièces en crochet, en passant par des voiles vaporeux, convainc un public averti de l’existence d’un avenir prometteur orienté vers la complémentarité entre les nouvelles technologies et les métiers d’art. 

Tout au long de ses cinq actes, Vogue World : Milan dessine ainsi une véritable traversée de l’histoire de la mode italienne, de l’héritage artisanal aux perspectives offertes par les nouvelles technologies. En faisant dialoguer les savoir-faire ancestraux, l’industrialisation et l’intelligence des machines, le défilé ne cherche pas à opposer tradition et modernité, mais à montrer leur possible complémentarité. La présence des robots humanoïdes au cœur de cette réflexion interroge toutefois la place que l’humain continuera d’occuper dans un secteur où la création repose encore sur la main. La robe de mariée qui clôt le spectacle devient alors le symbole d’un nouveau départ : une page blanche sur laquelle les générations futures pourront réinventer la mode. À Milan, Vogue World célèbre l’avenir, un territoire où la main et la technologie avancent ensemble.

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