

Jusqu’au 22 février 2027, le musée Cristóbal Balenciaga de Getaria réunit pour la première fois les créations de Balenciaga et de Givenchy dans une exposition qui raconte, plus qu’une influence, une famille.


« Ils sont toujours plus semblables que différents, ils se ressemblent davantage entre eux qu’à n’importe qui d’autre. L’un est l’aîné, l’autre le cadet : ils sont toujours sans aucun doute la famille Givenchiaga. » En 1960, la journaliste britannique Katharine Whitehorn n’imaginait sans doute pas que sa formule, publiée dans The Observer, donnerait un jour son titre à une exposition. C’est pourtant sous ce nom, « The Givenchiaga Family », que le musée Cristóbal Balenciaga rend hommage à la relation qui a uni deux des plus grands noms de la haute couture du XXe siècle.
Au cœur du propos : l’affinité stylistique, la complicité professionnelle et l’amitié personnelle qui ont lié Cristóbal Balenciaga (1895-1972) et Hubert de Givenchy (1927-2018) durant seize années déterminantes, de 1956 à 1972. L’exposition ne se contente pas de mettre côte à côte deux vestiaires : elle retrace une transmission, celle d’un maître à celui qui restera son disciple le plus fidèle, jusqu’à devenir le gardien de son héritage.
Le choix de la date de clôture n’a rien d’anodin. Le 22 février 2027 marquera le 111ᵉ anniversaire de la naissance d’Hubert de Givenchy, un ultime clin d’œil avant les célébrations internationales prévues pour son centenaire.
L’exposition est organisée par la Fondation Cristóbal Balenciaga, avec la collaboration de Givenchy Paris, Kutxa Fundazioa, EITB, Cardiva, El Diario Vasco et Alfa.
Elle est placée sous le commissariat d’Igor Uria, que nous avons rencontré.


© GIVENCHY. PARIS
« Ma voix se reflète dans le choix des pièces, mais toujours avec la volonté qu’elle passe inaperçue »
Entretien avec Igor Uria, commissaire de l’exposition
Quand l’idée de croiser Balenciaga et Givenchy dans une même exposition vous est-elle venue ?
Tout au long de sa vie et dans toutes les interviews et déclarations qu’il a rendues publiques, Givenchy a toujours parlé de Balenciaga avec le plus grand respect et la plus grande admiration ; jusqu’à la fin de sa vie, il s’est employé à perpétuer l’héritage du maître de la haute couture, en étant l’un des principaux promoteurs du musée Cristóbal Balenciaga.
Cela m’a semblé être un magnifique hommage rendu à ces deux couturiers. « The Givenchiaga Family » est un hommage anticipé à l’occasion du centenaire de la naissance d’Hubert de Givenchy ; le couturier sera ainsi honoré par de nombreuses institutions internationales tout au long de l’année 2027. Le musée de Getaria tient à célébrer sa figure et sa contribution au monde de la créativité et du design.
L’exposition s’inscrit également dans la série « Rencontres » que le musée développe depuis quelques années dans le cadre de son programme d’expositions temporaires et à laquelle il consacre l’une de ses salles. Son objectif est de compléter l’expérience de la visite de ce musée d’auteur et de permettre une connaissance approfondie de la biographie et de l’œuvre de Balenciaga, tout en offrant la possibilité d’élargir cette vision grâce au dialogue avec d’autres créateurs et créatrices, d’autres disciplines et d’autres collections.
Qu’est-ce qui a donné naissance à ce projet?
Hubert de Givenchy a constitué une importante collection personnelle de pièces créées par Balenciaga. Plus qu’un simple geste de collectionnisme, cette démarche répondait à un objectif clair : préserver les témoignages matériels de l’œuvre du créateur et éviter qu’ils ne se dispersent ou ne disparaissent avec le temps. Pour Givenchy, ces vêtements constituaient une affirmation de l’importance de Balenciaga dans l’histoire de la mode et des exemples irremplaçables de la rigueur technique et de l’innovation formelle qui caractérisaient son œuvre.
Cet engagement a abouti à sa participation décisive à la création de la Fondation Cristóbal Balenciaga, mise en place dans le but d’étudier, de préserver et de diffuser l’œuvre du créateur, et qui a abouti à l’inauguration du musée en 2011. C’est à ce musée qu’il a fait don de sa collection de vêtements signés Balenciaga et de sa collection de magazines de mode historiques, soit 450 pièces au total que le centre muséal conserve aujourd’hui.
Jusqu’à son décès en 2018, Givenchy a continué à soutenir activement les initiatives du musée et à participer à des projets d’exposition consacrés à l’œuvre de son ami et mentor, réaffirmant ainsi une loyauté qui a transcendé le temps et qui fait aujourd’hui partie intégrante de l’histoire de la mode. Il était tout à fait naturel pour le musée d’approfondir cette relation et d’offrir un nouveau regard sur l’œuvre d’Hubert de Givenchy.
Vous vous intéressez à la période 1956-1972. Pourquoi précisément ces seize années? En quoi sont-elles si déterminantes dans la relation entre les deux maisons?
Nous nous concentrons sur cette période particulière car ce sont les années durant lesquelles les deux créateurs ont entretenu une relation de leur vivant. Ils se sont rencontrés en 1953 grâce à Patricia López-Wilshaw, mondaine chilienne et cliente de haute couture, qui les a présentés l’un à l’autre à New York. Dès lors, ils ont noué une relation à la fois professionnelle et commerciale, mais aussi marquée par l’amitié et le respect. Cela a fini par influencer de manière déterminante la production créative et formelle de Givenchy et, à partir de 1956, son œuvre a commencé à refléter de manière notable l’influence que le créateur basque a exercée sur lui. C’est un élément qui transparaît tout au long de l’œuvre du Français. Au cours de cette période, tant les journalistes que les grands acheteurs américains soulignaient les similitudes qui se reflétaient dans les créations des deux maisons de haute couture. C’est de là qu’est né ce titre qui sert aujourd’hui de fil conducteur à l’exposition : « The Givenchiaga family ». En 1968, Cristóbal s’éloigna de la haute couture, mais la relation entre les deux couturiers se maintint. Nous clôturons cette période en 1972, année du décès de Cristóbal Balenciaga et date à laquelle Hubert de Givenchy présenta sa collection d’été en hommage à son ami et mentor, dont certains modèles sont présentés dans cette exposition.
En mettant l’accent sur ces années, nous pouvons montrer, à travers le travail de ces deux créateurs, non seulement la relation très particulière qui les unissait, mais aussi approfondir notre compréhension de la mode de l’époque, celle des années 50 et 60 du XXe siècle, qui constituent sans aucun doute l’âge d’or de la haute couture.

On présente souvent Balenciaga comme le maître et Givenchy comme le disciple. Votre exposition nuance-t-elle cette interprétation? Y a-t-il eu une influence dans les deux sens?
Cristóbal Balenciaga a transcendé la silhouette dominante du milieu des années 50 — immortalisée par le New Look de Dior — en misant sur le volume, la liberté du corps et une approche architecturale du vêtement.
L’élégance austère de la tunique, la courbure délibérée des dos bouffants, la géométrie trapézoïdale de la robe « babydoll », la coupe impeccable des tailleurs et des manteaux, la richesse des broderies, la liberté des robes enveloppantes et l’architecture des lignes épurées et d’une simplicité trompeuse des robes de soirée font partie de ces précieuses leçons, transmises par Balenciaga et chéries par Givenchy.
Toutes découlent d’une maxime essentielle : comprendre et aimer le tissu ; et en elles se cache un désir de liberté et d’indépendance, ainsi que la philosophie consistant à poursuivre une idée jusqu’à atteindre la perfection.
Givenchy les adapte et les fait évoluer selon son propre style, s’adressant peut-être à une femme différente, plus jeune, mais jouissant du même statut social et de la même appréciation de la beauté et de l’harmonie que la clientèle de Balenciaga.
Sur le plan créatif, ses collections, surtout à partir de 1956, reflétaient une approche formelle commune, le même esprit novateur et une conception de la mode où la beauté, l’harmonie et l’élégance étaient des valeurs suprêmes.
Ils ont également partagé des stratégies commerciales, comme celle d’organiser, à partir de 1956, leurs défilés un mois après les autres maisons de couture, de fournir à la presse leurs propres photographies et croquis, de présenter leurs collections d’été conjointement à l’hôtel Ambassador de New York, ou encore d’implanter leurs boutiques dans la même rue, dès 1959, avec l’installation de GIVENCHY juste en face de BALENCIAGA, au n° 3 de l’avenue George V.
L’admiration qu’Hubert de Givenchy éprouvait pour Cristóbal Balenciaga, associée à l’attention constante qu’il portait aux conseils de ce maître de la haute couture, à la fois réservé et profondément pédagogue, fit de lui son disciple le plus proche, sans qu’il ait jamais travaillé dans son atelier. Ainsi, lorsque Balenciaga décida de prendre sa retraite en 1968, il facilita le transfert d’une partie de son personnel de confiance et de certaines de ses clientes les plus fidèles vers la maison Givenchy.
Hubert de Givenchy a toujours considéré Cristóbal Balenciaga comme son père spirituel, comme son mentor, celui qui lui a fait découvrir ce qu’était la haute couture. L’exposition soutient cette thèse, qui se reflète dans le regard singulier de chacun d’eux, tant en raison de leur différence générationnelle que de leurs parcours respectifs. Balenciaga a écouté Hubert de Givenchy et a apprécié la passion, l’intérêt pour le métier que le jeune créateur lui transmettait, pour ensuite inverser les rôles et lui montrer sa vision de l’élégance et de l’harmonie dans les volumes et les silhouettes qui allaient transformer la mode du XXe siècle.


Y a-t-il un face-à-face direct dans le parcours (deux silhouettes, deux coupes) où la ressemblance est particulièrement frappante et qui vous a marqué?
L’exposition présente les interprétations que Givenchy propose des lignes révolutionnaires qui caractérisent l’œuvre de Balenciaga : la tunique, le sac et la « babydoll ».
La tunique présentée par Cristóbal Balenciaga en février 1955 a été considérée comme une véritable révolution par la presse de mode de l’époque. Composée de deux pièces, elle créait une silhouette élancée, apparemment confortable et adaptée à la femme moderne, tout en renforçant une gestuelle empreinte d’élégance et de sophistication. Son influence sur d’autres créateurs s’est manifestée dans les collections suivantes. Hubert de Givenchy a intégré plusieurs des caractéristiques de la ligne tunique dans les modèles de sa collection, soulignant la ligne centrale de la silhouette grâce à la jupe ajustée au niveau des genoux et favorisant la liberté de mouvement du corps.
Dans les collections suivantes de Balenciaga, l’impact du sac, introduit en 1957, fut indéniable, suscitant à la fois critiques, convoitise et admiration. La silhouette du sac est enveloppante et abstrait le corps féminin tout en mettant en valeur la féminité avec sophistication et raffinement. La proposition de Givenchy offre une vision plus en phase avec les nouvelles générations en créant un modèle de jour en maille qui mettait en valeur le cou et s’avérait à la fois confortable et élégant.
Cette évolution progressive de la silhouette a donné naissance à une série de modèles à la fois controversés et admirés, comme la robe « babydoll », lancée en 1958, dans laquelle les deux créateurs ont souligné l’importance de l’espace entre la silhouette extérieure et la silhouette intérieure du vêtement.
À partir de 1957, les deux créateurs ont présenté des modèles présentant une asymétrie évidente au niveau de l’ourlet : chez Balenciaga, celle-ci se traduisait par un allongement de l’arrière de l’ourlet par rapport à l’avant, tandis que chez Givenchy, elle était plus marquée. Ce sont ces modèles que la presse qualifiera de « queue de paon ».
Dans la dernière partie de l’exposition, deux manteaux sont présentés côte à côte. Le premier est un manteau en sergé de laine bleu marine signé Balenciaga, confectionné en 1968. Le second, également en sergé de laine bleu marine, se distingue cette fois par le quadrillage de lignes blanches caractéristique de Givenchy ; il a été confectionné en 1969.
Pour ces deux manteaux, le patron est le même, c’est-à-dire qu’ils ont été réalisés à partir du patron élaboré, marqué et profilé par Balenciaga pour sa dernière collection. Bien que le manteau « quadrille » soit un vêtement confectionné dans les ateliers du n° 3 de l’avenue George V, comme en témoigne l’étiquette, il ne s’agit pas d’un modèle présenté dans la collection. Il s’agit plutôt de la demande d’une cliente, Mme Rachel Lambert Mellon, transmise par Cristóbal Balenciaga lui-même, qui souhaitait que l’on confectionne à nouveau pour elle le manteau qu’elle avait acheté un an auparavant. Cependant, l’empreinte de Givenchy transparaît dans des détails tels que la finition du col, l’espacement entre les boutons et la coupe des manches.
Dans l’ensemble, il s’agit de deux pièces présentant de nombreuses similitudes, qui illustrent à la perfection l’influence que le créateur basque exerçait sur Givenchy et la manière dont il s’en distinguait par de petits détails.
Le savoir transmis par Cristóbal Balenciaga ne se limitait pas aux concepts esthétiques et à l’interaction entre le corps et son environnement. Il a même invité plusieurs « oficiales » et « petites mains » à rejoindre la maison Givenchy ; il n’est donc pas étonnant de constater qu’après la fermeture de la maison Balenciaga, à l’été 1968, bon nombre de ces « oficiales » et « petites mains » ont été embauchées par la maison située juste en face de celle où elles avaient travaillé pendant de nombreuses années. C’est le cas de Felisa Urdanibia qui, après avoir travaillé plus de deux décennies aux côtés du maître de la haute couture, a accepté l’offre d’Hubert de Givenchy et est devenue la couturière en charge de certaines créations, présentées dans cette exposition, issues de la maison de haute couture.

Poursuivre l’héritage de deux géants de la mode représente une responsabilité considérable. Comment parvenez-vous à conserver votre propre voix dans cette démarche?
Je suis flatté que vous assimiliez le discours de l’exposition, en tant que voix propre, à la présence, à la valeur et à la force de ces deux maîtres de la haute couture. Cependant, je considère que l’un des objectifs de l’exposition était de mettre en lumière cette relation dans laquelle la beauté, l’élégance et l’harmonie transparaissaient dans leurs créations.
Cette exposition illustre notre manière de travailler en incarnant consciemment les valeurs de Balenciaga : discrétion, respect et rigueur. À l’instar du maître de Getaria qui présentait ses collections, l’objectif des expositions dont je suis le commissaire est d’apporter un éclairage, grâce à une rigueur académique, tout en restant dans l’ombre. L’essentiel, c’est l’exposition, le discours et le contenu qui la complète, sans mettre en avant celui qui la raconte ; seul le lieu où elle se déroule mérite d’être souligné : le musée Cristóbal Balenciaga, qui met toute son âme et son savoir-faire au service de la conservation et de la diffusion de la vie et de l’œuvre du couturier.
Le travail consistant à monter une exposition de ce type consiste précisément à faire en sorte que le dialogue entre ces deux maîtres de la haute couture soit entendu et compris. Il s’agit de servir de médiateur entre les deux œuvres, et non de prendre la parole pour raconter ce qu’ils disent. Pour préserver cette voix, l’essentiel est de faire en sorte que le visiteur comprenne bien ce que nous voulons raconter et qu’il perçoive ce que disent les deux couturiers au-delà de ce que dit le commissaire. Ici, ma voix se reflète dans le choix des pièces, la conception de l’espace et la juxtaposition réfléchie et soignée de chaque œuvre, mais toujours avec la volonté qu’elle passe inaperçue et que l’on puisse entendre haut et fort la conversation que les deux hommes entretiennent au sein du musée.
Je considère que cette exposition est l’une des premières à aborder la figure et l’œuvre d’Hubert de Givenchy sans sa présence, sans son regard sur ce qu’il avait créé tout au long d’une carrière fructueuse. Jusqu’à présent, presque toutes les expositions consacrées au couturier français avaient été marquées par la voix de Givenchy, par sa présence et par son goût, puisqu’il sélectionnait lui-même ce qui serait exposé. C’est pourquoi j’espère que cette exposition servira de stimulant, d’incitation pour que d’autres commissaires apportent d’autres regards, explorent la carrière prolifique de « l’enfant terrible de la Haute Couture », comme on le surnommait à ses débuts et qui s’est imposé au sommet de la Haute Couture dans la seconde moitié du XXe siècle.


Quel message souhaitez-vous transmettre à une nouvelle génération qui découvre ces deux noms à travers votre regard?
Il y a des questions qui transcendent les noms de ces deux créateurs et qui peuvent revêtir une grande valeur. Aujourd’hui, la mode a changé et ce que nous voyons, dans une large mesure, ce sont des créations de prêt-à-porter, des campagnes effrénées en quête de rentabilité commerciale et des tendances éphémères. Presque tout va très vite, peu de choses perdurent et il est difficile de faire perdurer leur valeur. La haute couture des années 1950 a été une période de grande splendeur pour l’industrie de la mode, durant laquelle les relations commerciales, entrepreneuriales et créatives naissaient et se développaient d’une manière totalement différente.
C’est au cours de cette période que s’est affirmée l’importance de Paris en tant qu’épicentre de la mode, que se sont établis les standards de confection et de création qui guident encore aujourd’hui la haute couture, et que se sont posés les fondements de la modernisation de l’industrie, notamment avec la présentation de collections saisonnières et la reconnaissance des créateurs en tant qu’artistes et marques. Cet âge d’or reste une référence en matière de créativité, de luxe et de perfection artisanale dans l’histoire de la mode.
À qui s’adresse cette exposition : aux passionnés de mode, au grand public, aux professionnels ? Avez-vous pensé à un visiteur idéal lors de la conception du parcours?
C’est curieux, car cette exposition est conçue de telle manière qu’elle peut être accessible aussi bien à un visiteur occasionnel qu’à un passionné de mode ou à un professionnel du secteur.
L’exposition permet une première approche de l’œuvre de ces deux créateurs ou un approfondissement de son contenu, ce qui la rend également enrichissante pour les experts et les professionnels.
À une époque où la mode évolue très rapidement et où les archives sont souvent exploitées à des fins commerciales, que signifie pour vous le fait d’exposer ces pièces dans un contexte muséal?
Voir n’est pas la même chose que regarder, et pour regarder, il faut du temps. C’est grâce à cette attention que l’on peut affiner son propre regard, développer un jugement personnel qui nous amène à relier certains éléments entre eux et qui nous permet de percevoir les détails. C’est dans ces détails que réside la personnalité de chaque œuvre. Il ne s’agit pas seulement d’une forme et d’un matériau que l’on peut observer de manière superficielle, mais d’approfondir ces éléments, de se poser des questions et d’y chercher des réponses. C’est ce travail personnel qui nous permet de nous rapprocher de l’œuvre de ces deux grands couturiers et d’un moment très significatif de l’histoire de la mode. Cette pause s’inscrit dans le calme d’un musée et est rendue possible grâce au travail préalable de recherche et de mise en scène effectué par le service des collections du musée.
Le concept de « famille » dans le titre : The Givenchiaga Family. Qu’apporte ce mot de plus que des termes tels que « duo », « dialogue » ou « rencontre »?
La journaliste britannique Katharine Whitehorn a utilisé cette expression pour décrire les liens stylistiques qu’elle percevait entre les collections présentées par Cristóbal Balenciaga (1895–1972) et Hubert de Givenchy (1927–2018). Dans le même article, elle affirmait y avoir vu « les plus belles robes du monde ».
« Ils restent plus semblables que différents, ils se ressemblent bien plus qu’il n’y paraît. L’un est plus âgé, l’autre plus jeune : ils forment sans aucun doute la famille Givenchiaga. » — Katharine Whitehorn. The Observer, 1960.
Le mot « famille » est central dans cette exposition. L’exposition rend hommage à Hubert de Givenchy et à son rôle prépondérant au sein de cette famille Givenchiaga : non seulement en tant que créateur d’exception, mais aussi en tant que gardien de l’héritage de son ami et mentor, Cristóbal Balenciaga.
Une famille forgée par des liens communs avec le créateur de Getaria, tant sur le plan personnel que professionnel. Outre le fait de partager des fournisseurs ou des collaborateurs, ils avaient également en commun des clientes telles que l’actrice Audrey Hepburn ou la mécène américaine Rachel « Bunny » Mellon, avec lesquelles tous deux entretenaient également une grande amitié.
Le fait d’exposer des structures et des matériaux modernes aux côtés de pièces de haute couture classiques pose des défis en matière de conservation. Comment les gérez-vous ?
L’exposition présente des vêtements historiques ; les exposer dans des conditions adéquates nous permet de préserver ce patrimoine. Les conditions de conservation du musée, telles que définies par l’ICOM, sont également strictes dans les expositions : un éclairage de 50 lux, une température constante de 18 degrés, ainsi que des supports d’exposition adaptés aux vêtements et respectueux de l’environnement.

Informations pratiques
« The Givenchiaga Family » Jusqu’au 22 février 2027
Musée Cristóbal Balenciaga, Getaria (Espagne)
Aldamar Parkea Parkea, 6, 20808 Getaria, Gipuzkoa, Espagne
Organisation : Fondation Cristóbal Balenciaga
Collaboration : Givenchy Paris, Kutxa Fundazioa, EITB, Cardiva, El Diario Vasco, Alfa
Commissariat : Igor Uria








