La semaine d’ouverture des Rencontres de la photographie d’Arles est chargée d’histoire et de discussions entre des individus passionnés, ambitieux et visionnaires au sein d’un cadre idyllique.

Chaque été, les Rencontres de la photographie transforment Arles en un immense terrain d’exploration artistique. Bien au-delà de la programmation officielle, le festival investit l’ensemble de la ville : églises, anciens collèges, commanderies, palais et fondations deviennent les écrins d’expositions qui dialoguent avec le patrimoine historique arlésien. À cette sélection institutionnelle s’ajoutent de nombreuses initiatives indépendantes, des galeries éphémères, des lancements d’ouvrages, des projections, des restaurants, des librairies et des concepts hybrides qui font de la photographie un véritable prétexte à la rencontre. Entre artistes émergents et figures incontournables, mémoire et expérimentation, chaque lieu raconte une histoire différente. Voici une sélection des expositions et expériences à ne pas manquer pour vivre les Rencontres d’Arles au-delà des images.
Lueur nomade de Ming Smith
Ming Smith est une photographe américaine qui se livre à un parcours inscrit dans le voyage. À la rencontre de l’Europe, elle cultive un regard sensible sur son environnement presque ethnographique. Elle suscite l’admiration par sa capacité à transcender les codes du médium de la photographie. Du flou esthétique aux photographies rehaussées de peintures, l’exposition Ming Smith s’est installée dans l’église Saint-Anne, en hommage à la pluralité des paysages artistiques et authentiques de la photographe américaine. En grandissant aux États-Unis, elle n’a jamais occulté sa position de femme noire américaine, tout au long de sa carrière. Portée par ses rencontres, elle les représente sous un angle empreint de douceur qui vacille entre la couleur et le noir et blanc. Pourtant, son travail, loin d’être linéaire, nous révèle des vérités immuables sur le sentiment de nostalgie et d’identité. La notion d’identité n’est pas tangible. En représentant une communauté noire, elle désamorce les stigmatisations dressées à leurs égards. À partir de ses techniques de photographie atypique et de son expérimentation, elle propose une réflexion complexe sur les mécanismes de la catégorisation. La photographe capture des individus, et parfois des êtres vivants, comme des flamants roses, aussi lumineux que vulnérables car leur évolution est perpétuelle. Lueur nomade est la représentation sur image d’une expression vive, quelle quelle soit, en perpétuel mouvement.

Ming Smith, Birds, 2022


Lueur nomade
Jusqu’au 4 octobre
L’église Saint-Anne
8 Pl. de la République, Arles, France
https://www.instagram.com/mingsmithphoto/?hl=fr
Le Prix Dior de la Photographie
Le Prix Dior de la Photographie et des Arts Visuels pour Jeunes Talents a été créé en 2018 par Christian Dior Parfums, désormais porté grâce au partenariat avec LUMA Arles et l’Ecole supérieur de photographie. Le concours sélectionne dix photographes prometteurs issus des plus grandes écoles de photographie au monde, afin de leur soumettre un thème. Le sujet retenu cette année, auquel les lauréats ont dû répondre était « Face to face ». Traduit littéralement par « face à face », l’expression illustre l’interprétation qu’on se fait de l’introspection, par la prise de conscience de notre existence. Parmi les dix photographes, Akari Takenobu s’est démarquée par son regard fragmenté de la photographie. Grâce aux collages et à la composition, la photographe japonaise fait apparaître des formes peu visibles. Un attrait pour les formes paranormales et l’expérimentation la pousse à transcender les formes photographiques. Elle aborde la question du « face à face » en créant une nouvelle forme de soi indiscernable : « Les fragments dispersés sont reconstruits en une forme évoquant une figure humaine, mais qui n’est plus identique au soi d’origine ». Cet autoportrait alternatif apparaît comme une démarche qui se rapproche de l’intangible et l’invisible. À la fois figuratif et abstrait, elle fait du réel une beauté surréaliste. À ses côtés, la photographe Andréa Besset, actuellement en Master à la HEAR, livre un travail touchant sur la réalité des populations arméniennes de la région du Haut-Karabagh, attaquée par l’Azerbaïdjan en septembre 2023, puis dissoute le 1er janvier 2024. Nous suivons le voyage d’Andréa Besset dans son pays d’origine et sa prise de conscience des menaces géopolitiques. D’autre part, Milena Schilling a réalisé un travail titanesque, auquel elle a consacré trois ans. Les photographies brutes représentent des nus de 45 personnes, de 18 à 73 ans, dans des eaux glaciales pouvant descendre à 12 degrés. Le projet relève d’une performance de haut niveau dont l’objectif est de révéler la beauté des corps et le caractère essentiel de l’eau. Tandis que Yuan Chen, offre une visibilité au 18 millions de personnes aveugles ou malvoyants en Chine.




Le Prix Dior de la Photographie
Jusqu’au 4 octobre
La Lampisterie
35 avenue Victor Hugo, Arles, France
https://www.instagram.com/luma_arles/?hl=fr
House of Love de Shelby Duncan à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz
L’exposition raconte une histoire de jeunesse, de frivolité et de liberté portée par une génération d’artistes. House of Love est une maison en Californie dans laquelle Shelby Duncan et Saraï Fiszel ont vécu de 2009 à 2015. Près de 500 artistes ont participé à l’effervescence de cette villa californienne aux côtés de Shelby. Une grande partie d’entre eux figure sur ses photographies, saisie lors de moments d’euphorie entre célébrations et vacances. La création d’une communauté prend forme entre les murs de la villa et les nombreuses fêtes qui s’y déroulent. Sans le savoir à l’époque, Shelby Duncan anticipe déjà une esthétique du partage aujourd’hui omniprésente sur les réseaux sociaux. Une liberté et une légèreté qui contrastent avec un monde qui persiste à maintenir les conventions définissant le politiquement correct. En célébrant une jeunesse incandescente, la photographe fait perdurer une forme d’authenticité autour des artifices qui enferment les artistes. Attentive à ce qui l’entoure et les histoires qui traversent ses expériences, Shelby Duncan capte l’intensité de certains instants de vie volés par sa caméra.
De nombreuses célébrités telles que Louis Garrel, Léa Seydoux, Johnny Hallyday se livrent à nous habillées dans la piscine ou alcoolisés sous une forme décomplexée comme les simples humains qu’on leur empêche d’être.



House of Love
Jusqu’au 4 octobre
Fondation Manuel Rivera-Ortiz
18 Rue de la Calade, Arles, France
https://www.instagram.com/shelbyduncan/?hl=fr
L’exposition Being There dans l’ancien collège Mistral
L’exposition des artistes Lee Shulman et Omar Victor Diop porte un message critique sur une triste réalité malgré que les photographie nous ramènent au coeur de moments conviviaux. Derrière les sourires et les grandes tables, la ségrégation est visible entre les années 1950 et 1970. À partir de photographies d’archive, le duo s’est prêté au jeu du montage. L’installation met en avant une présence nouvelle et identique sur chacune des photographie. La présence d’Omar Victor Diop en collage sur ces images nous parait aussi insouciante que mystérieuse. Florilège d’images d’archives actualisée par une présence nouvelle. La présence d’Omar Victor Diop nous parait aussi insouciante que mystérieuse. D’un regard systématiquement dirigé vers la caméra, Omar Victor Diop défi le spectateur, comme une ouverture à la remise en question. Vaguant entre réalité et illusion, notre regard s’interroge sur la légitimité et la question du racisme dans le contexte où ont été réalisées ces photographies. Les photographies ne sont pas les seules à conditionner les visiteurs. Dans l’ancien collège Mistral, les murs sont décrépis, les couleurs s’effacent et le sol se recouvrent de feuilles mortes.
Le cadre authentique et laissé à l’abandon renforce renforce l’aspérité de certaines réalités.



Being There
Jusqu’au 4 octobre
L’ancien collège Mistral
2 Esplanade de la Laïcité, 13200 Arles
https://www.instagram.com/lee.shulman/?hl=fr
https://www.instagram.com/omar_viktor/?hl=fr
Résonances par Baccarat au Palais de L’archevêché
L’Archevêché est un bâtiment emblématique d’Arles, associé dès le Moyen Âge au siège de l’Église d’Arles. Fisheye collabore avec Baccarat dans la réalisation d’une exposition, en pleine air, de natures mortes sur des surfaces peu occultantes, dialoguant avec les rayons du soleil. L’hommage à la manufacture de Baccarat se comprend, dans un premier temps, par le titre de l’exposition : Résonances. Une résonance est l’effet immédiat et physique, notamment le son, de quelque chose qui se répercute sur autre chose. Le contacte des outils sur les matériaux provoque un bruit particulier et singulier propre à la maison Baccarat. Les photographies mettent au premier plan des objets de l’ombre, dans leur beauté la plus authentique. Résonance est un voyage photographique entre deux points de vue. En effet, les clichés d’Aliocha Moi et Daphné Lejeune s’approprient différemment la beauté du geste, du produit et de son outil avec lequel il est fabriqué dans la manufacture Baccarat. L’exposition met en avant l’austérité d’un lieu, pourtant l’écrin dans lequel de nombreuses techniques de production permettent au cristal de rayonner dans toute sa pureté.

Résonances
Palais de l’archevêché
Place de la République, Arles, France
https://www.instagram.com/baccarat/?hl=fr
Goudron* Tanger-Le Cap par Bruno Bouddjelal dans la commanderie Sainte Lucie
Goudron* Tanger-Le Cap est un projet journalier sur le continent Africain, très peu visité par le photographe avant cette série. Accrochés aux murs d’une pièce sombre, les clichés aux couleurs vives réveillent notre curiosité. D’une spontanéité et d’un flou esthétique nait une identité, dont l’invisibilité nous éloigne d’autant plus de ce continent. Les quelques instants de vie saisis sur le vif, de ces individus anonymes, s’éloignent des représentations qui circulent sur ce continent. Vivre intensément, c’est ce à quoi Bruno Bouddjelal s’est livré pendant ce périple sur le goudron des routes africaines. Au fil des rencontres, il délaisse l’idée d’une expérience ordinaire pour évoquer la spiritualité. « Pour moi l’expérience artistique est spirituelle car elle met en relation l’introspection et la perception extérieur ». La commanderie Sainte-Lucie, vaste demeure provençale de la fin du Moyen Âge, a accueilli avant l’installation du photographe quelques ordres religieux et militaires importants du nom des chevaliers du Temple ou des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.



Goudron* Tanger-Le Cap
Jusqu’au 4 octobre
La commanderie Sainte Lucie
8 Rue du Grand Prieuré, 13200 Arles, France
https://www.instagram.com/bruno_boudjelal/?hl=fr
Les Effacés de Didier Barcelo
Présentées dans un même espace, Les Effacés de Didier Barcelo explore les multiples formes de l’absence. L’œuvre interroge la manière dont les images peuvent faire survivre ce qui semble avoir disparu.
Avec Les Effacés, Didier Barcelo revient sur l’histoire des milliers de femmes accusées de sorcellerie en Écosse entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle. À partir des recherches menées par l’Université d’Édimbourg, le photographe parcourt les paysages qu’elles ont traversés. Chaque photographie dialogue avec un texte inspiré de l’une de ces femmes, transformant les lieux en témoins silencieux d’une mémoire longtemps effacée.
En confrontant mémoire collective et mémoire intime, cette proposition rappelle que la photographie et le cinéma ne documentent pas seulement le passé : ils prolongent la présence de celles et ceux que le temps semblait avoir effacés.


Les Éffacés
Didier Barcelo
Mémoire vive de Thomas Desoutter
À travers Mémoire vive, Thomas Desoutter signe un premier livre profondément intime, où photographie et écriture se répondent pour explorer les mécanismes de la mémoire. Présenté lors des Rencontres de la photographie d’Arles, l’ouvrage accompagne le retour en Corse de Nabil, son mari, ancien enfant placé ayant grandi dans plusieurs familles d’accueil sur l’île avant de la quitter à sa majorité. Longtemps repoussées, les retrouvailles avec ces paysages font resurgir des souvenirs fragmentés, parfois contradictoires, mais jamais totalement effacés.
Composé de textes et de photographies réalisés au cours de ce voyage, Mémoire vive s’éloigne du récit documentaire pour privilégier une approche sensible. Les paysages corses deviennent les dépositaires silencieux d’une histoire familiale marquée par l’abandon, l’absence et la reconstruction. Roches, végétation, maisons et étendues maritimes témoignent d’une mémoire qui persiste malgré les blessures du temps.
Sans chercher à combler les vides, Thomas Desoutter compose un récit où les silences occupent autant de place que les mots. L’ouvrage interroge ce qui subsiste lorsque les souvenirs vacillent et montre que la photographie, comme l’écriture, peut devenir un espace de transmission. Mémoire vive propose ainsi une réflexion délicate sur la résilience, la filiation et la possibilité de reconstruire son histoire à partir des traces laissées par le passé.


Mémoire vive
Thomas Desoutter
Print est un espace éphémère dans lequel la pluralité des rencontres en fait tout son charme. À l’occasion des Rencontres de la photographie, le collectif offre à la fois un espace d’exposition, de librairie, un restaurant, un dj set avec de nombreux invités, des performances de danses et deux bars éphémères. Plus qu’une destination, Print est devenu un écosystème installé dans l’enceinte du parc des Ateliers à deux pas de LUMA, une grande tour construite par Frank Gehry, qui accueille chercheurs et artistes pour développer et partager leurs projets. Le chef Alexis Bijaoui a installé ses cuisines à la vue des invités comme pour accentuer l’essence chaleureuse et de partage de Print. Le restaurant réuni les amateurs de cuisines et de photographie dans un décor complètement décousu et ouvert sur l’extérieur, sans véritablement murs ni plans de tables. La spontanéité devient le maître mot. La carte évoluera au rythme de la saison estival et des arrivages selon les inspirations du chef.


Dans l’enceinte du Parc des Ateliers, la designer Nara Lee présente, du 8 au 27 juillet, sa première collection Family. Nara. est un studio de design parisien engagé, depuis 2023, dans la création de designs ludiques et colorés en contradictions avec les codes conformistes du design moderne. Le studio explore la place de l’object dans l’espace et la manière dont il peut être détourné selon son utilisateur. Nara Lee est véritablement attachée à l’importance des rencontres et des petits moments anodins que l’on retrouve au sein d’une famille : jouer et rire. À la recherche de ces instants si uniques, Nara Lee a dessiné six pièces légères et colorées facilement amovibles qui s’imposent dans l’espace sans y avoir demandé l’autorisation. Le jeu s’impose comme le levier indispensable pour habiter l’espace. Le soir, la poussière du sol s’envole au rythme des pas de danses affirmés et des touches électroniques des DJ invités. Parmi ces derniers, Lewis Ofman performe en chemise sans manches devant un public enjoué. Cette fois-ci, l’artiste s’est laissé séduire par des musiques brésiliennes, et a réussi l’exploit d’embrasser les notes de bossa nova à celles de l’électronique. Avant chaque soirée, les danseurs du groupe « Trans(form)anse » préforment sur des pas de danses contemporaines.



jusqu’au 26 juillet
33 av Victor Hugo,Arles
France
https://www.instagram.com/print.xp/?hl=fr
https://www.instagram.com/nara.wld/?hl=fr
Faces x We present
La galerie Faces s’installe à Arles, accompagnée de la plateforme artistique WePresent, le temps des Rencontres de la photographie. Originaire de Marseille, cet espace culturel entretient une correspondance entre les deux villes en suivant des projets photographiques contemporains. Faces et WePresent collabore à nouveau autour d’un projet hybride qui allie photographie, restauration et partage. Le lieu porte le nom de Cantina en hommage à ce qu’il fut d’antan, un restaurant. Aujourd’hui, l’espace est aménagé pour mettre en lumière huit projets photographiques découverts par la curation WePresent. Chaque photographe partage un regard intime présenté entre les pages de livres exclusifs sortis pour l’évènement. Mis à la vente, ces livres permettent à chaque individu d’engager les discussions autour d’un café Faces x WePresent. Les discussions qui fleurissent au sujet de ces livres se fait de manière informelle autour d’un café Faces et contribue a préserver notre créativité autour de l’imaginaire. Faces et WePresent collabore également à Marseille au coeur d’un vétuste immeuble dans le vieux quartier d’Endoume. La galerie se positionne en tant que plateforme mouvante de la photographie contemporaine grâce à WePresent, qui commissionne différents projets portés par des voix internationales et reculées. L’exposition « Not What You Saw » de l’artiste visuel Keerthana Kunnath est actuellement présenté au premier étage de la galerie jusqu’au 13 septembre. Elle documente les vies de femmes culturistes habitant à Kerala, dans le sud de l’Inde. L’exposition célèbre une féminité qui s’oppose aux représentations traditionnellement ancrées dans les consciences.



Jusqu’au 31 juillet
Cantina
15 rue de la Rotonde, Arles, France
Faces
232 rue d’endoume, Marseille, France
https://www.instagram.com/faces_galerie/?hl=fr
https://www.instagram.com/wepresent/?hl=fr
Librairie Louis Vuitton
Dans le programme culturel de Louis Vuitton, l’enseigne de luxe s’installe dans un restaurant mythique, Le Buste et L’oreille. Le lieu est entièrement aménagé selon les codes esthétiques de Louis Vuitton afin d’offrir une expérience pleinement immersive. La carte propose des tous types de cafés et des plats estivaux avec une fourchette de prix très raisonnable. À l’intérieur, les vins sur les tables et les étagères sont détrônés par les City Guide Louis Vuitton disposés en ordre chromatique. Du City guide d’Ibiza par Lachlan Bailey à celui de Bucharest par Paul Kooiker, ils sont tous proposés à la vente et à la lecture. Afin de rendre cette expérience plus intéressante qu’elle l’est, des conférences animées par les photographes en question sont accessibles dans un espace du restaurant dédié à cet effet. La librairie Louis Vuitton est devenue un réel point culturel synergique de la ville d’Arles.



Librairie éphémère — Le Buste et l’Oreille
Jusqu’au 5 octobre
Le Buste et l’Oreille
3 rue du Président Wilson, Arles, France
https://www.instagram.com/louisvuitton/?hl=fr
Pendant tout l’été, Arles devient une ville traversée par les images. Des églises aux anciens collèges, des fondations aux librairies éphémères, chaque lieu accueille une nouvelle manière de regarder le monde. Les Rencontres de la photographie rappellent que l’image peut être à la fois un témoignage, une expérience esthétique, un acte politique et un territoire d’imaginaire. En parcourant ces expositions, le visiteur ne découvre pas seulement des photographies : il traverse une multitude de récits qui l’inspirent, l’initient à la rencontre et cultive son savoir pour mieux habiter le réel.








