Chaque mois, Flora di Carlo dévoile pour Acumen les nouveautés et ses coups de cœur : adresses gourmandes, lieux de détente, et événements culturels. À l’occasion du Festival de Cannes 2026, elle vous invite cette fois à découvrir une sélection spéciale au cœur de Cannes.

Mondrian Cannes : L’Art déco à la japonaise
Sur la Croisette, le Mondrian Cannes s’impose par son architecture moderniste et son jardin face à la mer. À l’intérieur, le restaurant Mr. Nakamoto développe un univers visuel précis, inspiré de l’Art déco revisité. Les lignes sont nettes, les matériaux nobles : bois sombre, laque, touches métalliques et jeux de lumière créent une atmosphère feutrée et cinématographique.
En cuisine, la proposition s’appuie sur un dialogue entre différentes traditions asiatiques. Les sushis signature témoignent d’une grande précision technique : riz parfaitement assaisonné, poissons découpés avec finesse. On y trouve par exemple des California rolls à la sériole ou à la truite du Cians et son cream cheese ou encore des nigiris signature à la poutargue ou au bœuf Wagyu.
On retrouve également des plats plus élaborés, où les influences se croisent. Un tartare de poisson est relevé par des notes acidulées et herbacées, tandis que certains plats chauds jouent sur des cuissons rapides à la flamme ou à la plancha, préservant la délicatesse des produits. Les assiettes se distinguent par leur lisibilité : peu d’effets, mais une vraie attention portée à l’équilibre des saveurs. Les sauces, souvent légères, viennent soutenir sans masquer. Au bar, le travail des mixologues prolonge cette approche. Les cocktails intègrent des ingrédients comme le saké, le shiso ou la prune japonaise (ma préférée).
45, boulevard de la Croisette, Cannes


Mondrian Mr Nakamoto
Five Seas : Le Roof, gastronomie et panorama
À quelques mètres du Palais des festivals, l’hôtel Five Seas offre un contraste immédiat avec l’agitation extérieure. L’architecture intérieure privilégie des volumes ouverts et une esthétique contemporaine, où dominent les tons clairs, les matières naturelles et une note bohème chic.
Au sommet, Le Roof incarne pleinement l’identité du lieu. La terrasse panoramique s’organise autour d’un mobilier épuré, pensé pour laisser la vue s’imposer. En cuisine, la cheffe Lori Moreau développe une approche précise, ancrée dans une tradition française revisitée.
Le menu dégustation s’ouvre sur un foie gras du Sud-Ouest travaillé avec une pointe d’acidité : un chutney de pomme verte vient équilibrer la richesse du produit, tandis qu’une fine croustille apporte du relief en texture. Les asperges vertes, étuvées avec soin, sont accompagnées d’un œuf mollet frit aux herbes. Le jaune, encore coulant, enrobe les légumes, tandis que la tomme de brebis ajoute une note lactée et légèrement saline.
Le thon, saisi à la plancha, révèle une cuisson maîtrisée, presque nacrée. Il est servi avec des brocolis et une vinaigrette au basilic, relevée par le caviar de citron, qui apporte une fraîcheur vive et légèrement éclatante en bouche.
Le dessert autour du chocolat s’articule sur un sablé breton au cacao, surmonté d’une crème Namelaka au chocolat caraïbe. La rhubarbe confite à la lavande vient introduire une tension aromatique subtile, entre douceur et acidité.
L’ensemble compose un parcours cohérent, où chaque assiette s’inscrit dans une progression pensée.
1, rue Notre-Dame, Cannes


Shiso – Villa Belle Plage : Un izakaya contemporain
À quelques minutes du centre, légèrement en retrait de l’agitation de la Croisette, Shiso s’inscrit dans l’environnement plus apaisé de la Villa Belle Plage. Le lieu s’intègre dans un ensemble pensé autour du bien-être, où l’architecture et le paysage dialoguent. L’espace est épuré, orné de bois clair, de lignes minimalistes et de touches de lin.
La salle s’ouvre largement sur l’extérieur, laissant circuler la lumière naturelle. Les matières sont choisies pour leur simplicité : bois, pierre, textiles naturels. Quelques touches plus sombres viennent structurer l’ensemble. L’ambiance rappelle celle des izakaya, ces lieux japonais où l’on partage des plats dans une atmosphère détendue, mais le cadre est revisité dans une version plus lumineuse et méditerranéenne.
En cuisine, la carte s’articule autour de petites assiettes à partager et de plats plus construits, avec une attention particulière portée aux sauces, aux cuissons et aux assaisonnements. Les gyozas végétariens ouvrent souvent le repas. Farcis au tofu, shiitake et chou nappa, ils sont servis avec une sauce ponzu légèrement acidulée, relevée par une touche de sésame. La pâte, fine et légèrement croustillante en dessous, contraste avec un cœur fondant et parfumé. Les tempuras de gambas jouent sur la légèreté : aérienne et peu grasse, la friture enveloppe la crevette sans en masquer la texture. Le tataki de thon apporte une dimension plus structurée. Le poisson, saisi rapidement, conserve un cœur cru et une texture dense. Le sel de mer fumé souligne sa profondeur, tandis que le zeste de yuzu apporte une fraîcheur vive. La sauce satay, plus enveloppante, introduit une note légèrement ronde et épicée qui équilibre l’ensemble.
Le filet de bœuf Wagyu constitue l’un des plats les plus marquants. Servi avec une sauce anticucho, il développe des arômes grillés et légèrement fumés. La viande, particulièrement fondante, est accompagnée de frites de patate douce à l’huile d’ail noir qui apportent une douceur presque sucrée et une texture croustillante. En dessert, l’assortiment de mochis clôt le repas avec légèreté. Les textures souples contrastent avec des cœurs plus frais, souvent fruités, offrant une fin de dégustation simple et efficace.
Le lieu propose également une formule en lien avec le spa, pensée comme une extension de l’expérience bien-être. Shiso réussit ainsi à proposer une lecture contemporaine de l’izakaya : un lieu de partage, précis mais détendu, où la cuisine japonaise s’adapte à un rythme plus solaire, en bord de mer.
9, rue Jean-Dollfus, Cannes


Rüya – Carlton Cannes : une table anatolienne sur la Croisette
Depuis sa réouverture en 2023 après une rénovation d’envergure, le Carlton Cannes a retrouvé son statut d’épicentre du Festival. Le 3 avril 2026, Rüya y a entamé une nouvelle saison, installant sur la Croisette une cuisine inspirée des routes anatoliennes.
Le restaurant doit son nom au mot turc rüya signifiant « rêve », une idée qui structure autant l’expérience que le décor. À la nuit tombée, la terrasse devient presque monochrome, entre beige chaud, brun tabac et reflets ambrés. À l’intérieur, les suspensions en laiton diffusent une lumière dorée qui souligne les textures des murs et des banquettes en tissu épais. L’ensemble évoque davantage un salon feutré qu’un restaurant, avec une profondeur visuelle travaillée et une atmosphère qui invite à s’attarder.
La cuisine prolonge cette logique, avec une même précision dans l’intention. Elle s’ouvre sur des assiettes à partager, comme l’antep fıstıklı rafik, une crème de fromage de chèvre relevée de pistache et servie avec un pain au levain grillé, ou encore la kaşık salata, une salade turque aux légumes crus finement émincés, ponctuée de pistaches et d’une vinaigrette à la grenade. Les plats se développent ensuite autour de cuissons subtiles et de contrastes nets : le zeytinyağlı ahtapot, poulpe mariné au piment puis grillé, accompagné de doliques à œil noir et d’une vinaigrette à la pomme verte, ou le siş tavuk kebap, brochette de haut de cuisse de poulet marinée au yaourt et au piment puis grillée, qui conserve toute sa tendreté. La carte fait également une place aux classiques revisités, comme le lahmacun à la pâte croustillante, garni d’agneau épicé, de poivrons et d’herbes fraîches.
Côté bar, certains cocktails sont devenus récurrents dans l’identité du lieu, à l’image du Grand Bazar Spritz, qui associe Aperol, Campari, liqueur de noix de coco, purée de betterave, sucre et prosecco. Pendant l’été, notamment lors du Festival d’art pyrotechnique (juillet-août), le restaurant organise des soirées avec vue directe sur les feux d’artifice, souvent accompagnées de musique live. Une manière assez rare de combiner dîner et spectacle sans quitter la table.
58, boulevard de la Croisette, Cannes


Lakerda © Carlton Cannes Infinite Trust
BABA : un déjeuner ensoleillé
BABA est installé directement sur la plage du Beach Hotel au Cap d’Antibes. On s’assoit face à la mer, souvent à plusieurs, autour de grandes tables. Le temps semble suspendu, rythmé par un déjeuner qui s’étire naturellement vers l’après-midi. Le décor est simple : bois clair, transats, parasols. Tout est ouvert, vue sur la mer.
Côté cuisine, le chef Assaf Granit propose des assiettes à partager, posées au centre de la table. On commence avec un houmous de haricots de Lima, relevé d’une vinaigrette aux piments shifka, pignons de pin et persil, servi avec du pain pita. Arrive ensuite un sashimi de poisson blanc, associé à des poires caramélisées, yaourt citron, huile de basilic et sauce grenade. Puis les plats plus généreux prennent le relais, comme le poulet effiloché servi en laffah, avec son caviar d’aubergines et ses poivrons, sauce zaatar, oignons au sumac et herbes fraîches. À côté, un chou-fleur rôti au tahini rose complète agréablement l’ensemble.
Le repas se termine avec une pavlova revisitée : nougat glacé, coulis de fruits rouges et rose, meringue parfumée au baharat. Les plats s’enchaînent, les assiettes passent de main en main, et le repas se prolonge, porté par la lumière et le bruit des vagues.
10, boulevard Maréchal-Juin, Cap d’Antibes


Baba Restaurant @JulieCharvin @CdeSaint-Exupéry
Raspoutine au Palm Beach : lieu mythique de la vie nocturne cannoise
À l’occasion de la 79e édition du Festival de Cannes, Raspoutine quitte temporairement Paris pour s’installer au Palm Beach, dans un espace baptisé FLASH. Conçu par l’architecte et designer Hugo Toro, le lieu s’inscrit dans une logique très construite, celle du club confidentiel.
L’entrée se fait discrètement. À l’intérieur, la palette est volontairement sombre. Noir, brun profond, pourpre, rouge vermeil. Le bar central, habillé de lames d’aluminium rétroéclairées, semble pulser comme un cœur vibrant au rythme de la piste de danse, tandis que les surfaces métalliques accrochent la lumière de manière irrégulière. Les banquettes en cuir plissé rappellent certains clubs speakeasy des années 1920-1930, mais sont retravaillées dans une version plus contemporaine. Les tapis, inspirés des mangroves, ajoutent une dimension presque organique au sol.
La musique reste fidèle à l’ADN du Raspoutine parisien, ouvert en 1965 et relancé en 2010. House, disco, électronique, mais toujours avec une sélection exigeante. Chaque soirée suit une montée en intensité progressive, avec une clientèle mêlant professionnels du cinéma, artistes et habitués.
Place Franklin-Roosevelt, Pointe Croisette, Cannes
instagram.com/palmbeach_cannes


Silencio Cannes : dans l’ombre de Mulholland Drive
Comme un écho à Mulholland Drive, le Silencio s’installe à Cannes dans une atmosphère feutrée et légèrement irréelle. Conçu par David Lynch en 2011 à Paris, le lieu se décline ici de manière plus ponctuelle, à l’occasion du Festival.
L’espace reprend les codes associés à l’univers du club : tonalités sombres, accents dorés, jeux de reflets. La lumière, indirecte, reste discrète, laissant apparaître les volumes sans jamais les exposer frontalement. La programmation reste éclectique, mêlant DJ sets et performances.
1, boulevard de la Croisette, Cannes
Akili Mirari Cannes 2026 : Un hub créatif sur la Croisette
En 2026, un nouveau nom s’installe dans le paysage très codifié du Festival : Akili Mirari. Imaginé par Floriane Fosso Thiéblin, fondatrice de l’agence Akili Partners, ce projet marque une évolution claire : passer du rôle d’agence à celui de créateur d’expériences.
À quelques minutes du Palais des festivals, le loft Akili Mirari installé à l’hôtel Five Seas s’impose comme un point de passage stratégique pendant la quinzaine. Déployé sur environ 100 mètres carrés et prolongé par une terrasse panoramique, l’espace a été conçu comme un lieu hybride, à la fois showroom, studio et espace de travail.
L’espace beauté reprend les codes d’un backstage. Postes de maquillage alignés, miroirs à lumière froide, surfaces nettes, fauteuils bas. La maquilleuse Fred Mécène y prépare régulièrement des talents et invités, souvent à quelques heures seulement d’une montée des marches.
Côté mode, une sélection de pièces signées Anya Ayoung Chee et Keur-Amy Langseth est présentée sur des portants minimalistes. Ce qui distingue réellement Akili Mirari, c’est son usage. On y produit des contenus, on y prépare des apparitions publiques, on y enregistre. Plus qu’un showroom, le lieu fonctionne comme un outil, pensé pour le rythme souvent imprévisible du Festival de Cannes.
1, rue Notre-Dame, Cannes

Croisette Beach – 13 mai 2026 : une soirée entre Riviera et Afro Fusion
Le lancement officiel du Festival de Cannes a lieu le 13 mai, sur la plage privée Croisette Beach. Environ 250 invités sont attendus : talents présents au Festival, créateurs, producteurs, mais aussi médias internationaux.
Le décor de la soirée mise sur une élégance Riviera : bois clair, structures légères, éclairage chaud. Quelques touches plus vibrantes viennent rappeler le thème « Afro Fusion » : textiles colorés, motifs inspirés des Caraïbes et de l’océan Indien. La musique structure la soirée. Mosimann, habitué des grandes scènes électroniques, alterne sets dynamiques et moments plus accessibles. À ses côtés, GЯEG propose une sélection plus pointue, avec des influences afro et électroniques. La nuit risque d’être courte.
65, boulevard de la Croisette, Cannes
instagram.com/croisettebeachmgallery
Palais Bulles : l’utopie architecturale de Pierre Cardin
À quelques minutes de Cannes, le Palais Bulles, acquis par Pierre Cardin dans les années 1990, reste l’une des architectures les plus singulières de la Côte d’Azur. Conçu par l’architecte Antti Lovag, l’ensemble développe une vision radicale de l’habitat, faite de volumes sphériques et de circulations sans angles.
Face à la mer, les bulles ocre s’enchaînent en terrasses, entre patios, piscines et ouvertures panoramiques. Plus qu’une villa, le lieu fonctionne comme un manifeste, entre design expérimental et décor de cinéma.
33, boulevard de l’Esterel, Théoule-sur-Mer


Prix Ecoprod
Le Blue Panda, un autre visage du Festival
Le 15 mai 2026, un événement plus discret mais porteur de sens se tient au port de Cannes. Le Prix Ecoprod, lancé il y a cinq ans, est remis à bord du voilier Blue Panda, navire du WWF France. Le cadre, à lui seul, change la perception habituelle du Festival : pas de tapis rouge, mais un pont de bateau, une vue directe sur la mer, et un format plus resserré.
Le prix récompense un film, présenté à Cannes, pour ses efforts en matière d’éco-production : réduction de l’empreinte carbone, gestion des déchets, éco-conception des décors, optimisation des transports. Une manière concrète de rappeler que la production cinématographique évolue aussi sur ces questions. En 2025, le prix principal avait été attribué à Jeunes mères de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne.
rideau. : Un club comme une coulisse nocturne
Le club éphémère et ultra-privé rideau. fait partie de ces lieux que l’on ne comprend vraiment qu’une fois à l’intérieur. Pendant le Festival, il devient un point de rendez-vous quasi officieux, un espace où la nuit commence réellement une fois les projections terminées. Derrière ses portes discrètes, le décor joue sur une esthétique théâtrale assumée. Mais ce qui fait véritablement l’identité du rideau., c’est l’imprévu : DJ non annoncés, artistes passant derrière les platines, soirées qui se prolongent sans programme. C’est un lieu où le Festival continue, mais loin de toute mise en scène officielle.


rideau. by Théo Narcisse © Frederico Stauffer
Spa Villa Belle Plage : Une architecture du calme signée Raphaël Navot
À quelques minutes de l’agitation, le Spa Villa Belle Plage propose un contrepoint presque radical. Imaginé par Raphaël Navot, le lieu repose sur une esthétique minérale très douce. Les couleurs sable, pierre claire, bois blond se fondent les unes dans les autres. Les lignes sont arrondies, les transitions fluides, la lumière diffuse. Tout est conçu pour ralentir le rythme.
Le parcours sensoriel se construit progressivement. Le hammam aux senteurs d’eucalyptus ouvre l’expérience, suivi du sauna aux murs de sel rose de l’Himalaya, puis de la fontaine de glace qui crée un contraste immédiat. Un bassin dédié permet ensuite des soins aquatiques inspirés du Watsu, où le corps est porté et guidé dans l’eau. Pendant le Festival, certains soins sont particulièrement demandés. Le Kobido, massage facial japonais, est choisi pour son effet visible sur les traits. Le deep tissue, plus appuyé, répond à la fatigue accumulée. Le drainage lymphatique, lui, est recherché pour sa capacité à relancer rapidement l’énergie du corps. Les soins du visage comme l’Hydrafacial complètent cette approche. Un vrai havre de paix !
9, rue Jean-Dollfus, Cannes

« Démones et déesses » : Plonger dans les eaux des figures féminines mythologiques
Le Musée des explorations du monde propose avec l’exposition « Démones et déesses : de la vie à la mort » une immersion captivante dans 25 000 ans de mythes et de représentations du féminin. Le parcours commence avec les figures préhistoriques liées à la fertilité, avant de traverser les grandes mythologies. Ishtar, Isis, Vénus, Kali ou encore Lilith apparaissent comme autant d’incarnations d’une puissance féminine plurielle, tour à tour créatrice, désirable, protectrice ou destructrice.
Ce qui marque, c’est la transformation progressive de ces images. Au XIXe siècle, elles deviennent plus ambiguës, parfois inquiétantes, influencées par les fantasmes et les regards occidentaux. Puis, à partir du XXe siècle, elles sont réinterprétées à travers les mouvements artistiques et féministes contemporains. L’exposition met en relation les époques, créant des correspondances inattendues entre œuvres anciennes et contemporaines, et laissant au visiteur le soin de tracer son propre parcours.
Musée des explorations du monde
Place de la Castre – Le Suquet, Cannes


GERMAIN Vénus au miroir
« Le spectaculaire à l’épreuve de la matière » – Centre de la photographie de Mougins
À une quinzaine de minutes de Cannes, le Centre de la photographie de Mougins propose une alternative apaisée à l’effervescence de la Croisette. Présentée jusqu’au 7 juin 2026, l’exposition « Le spectaculaire à l’épreuve de la matière » réunit André Villers, Clara Chichin et Elsa Leydier autour d’une réflexion commune : repenser la photographie comme matière vivante.
Le parcours trouve son origine dans la trajectoire d’André Villers, marqué par sa rencontre décisive avec Pablo Picasso en 1953 à Vallauris. De cette relation naît une pratique expérimentale qui traverse toute son œuvre, des Diurnes (1962) aux Pliages d’Ombres (1977), où l’image est découpée, superposée, transformée. Influencé par Michel Butor, Villers fait basculer la photographie du registre documentaire vers une écriture visuelle ouverte, où la matière et le processus priment sur la représentation.
En dialogue, Clara Chichin et Elsa Leydier prolongent cette approche en réintroduisant une dimension sensible et artisanale. La première développe une pratique ancrée dans l’expérience du paysage et de la marche, dans une attention écopoétique au vivant. La seconde interroge le pouvoir des images contemporaines, mêlant esthétique et engagement, notamment à travers ses recherches autour de l’écoféminisme.
Les œuvres exposées brouillent les frontières entre image et objet. Le lieu attire ainsi, notamment pendant le Festival de Cannes, les personnes qui souhaitent s’extraire du rythme intense environnant pour vivre une expérience plus contemplative.
43, rue de l’Église, Mougins


© Elsa Leydier_LImpostrice








