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La Casa del Limonero, bijou sévillan 

© Antonio Arévalo

Niché au cœur de la cité andalouse, cet hôtel-boutique semble tout indiqué pour les amoureux de vieilles pierres, d’art et de pièces de design finement choisies. Une toute nouvelle adresse qu’Acumen a pu découvrir.

© Antonio Arévalo

Marier l’historique au contemporain, voilà un exercice délicat qui peut parfois tourner au mauvais goût. Mais il est des tentatives qui sont des plus réussies. La Casa del Limonero, à Séville, compte parmi celles-ci. 

Il faudra d’abord franchir la lourde porte d’une bâtisse aux murs hauts avant de découvrir cette sublime maison palais, autrefois propriété d’une famille de juifs convertis suite à la reconquête par les rois catholiques. Celle-ci s’offre aux nouveaux arrivants avec son patio à fontaine, cerclé d’une galerie. À l’occasion des travaux nécessaires à la naissance de l’hôtel, la demeure a dévoilé des colonnes romaines dans sa cour intérieure, mais aussi un impressionnant sol en céramique, daté du XVe siècle, orné de la figure du cerf. C’est ce même animal qui est aujourd’hui le logo de ces lieux. Un exemple de l’art mudéjar, soit l’esthétique musulmane sous pavillon catholique. 

Vous l’aurez donc compris, séjourner ici, c’est aussi se plonger dans l’histoire de la ville. Mais pas question de tomber dans l’historicisme poussiéreux. Pour preuve, les yeux connaisseurs et attentifs reconnaîtront, çà et là, des icônes du design du XXe siècle : l’Ultrafragola d’Ettore Sottsass ou encore la Mies lounge chair d’Archizoom sont visibles dans les parties communes, et côtoient des pièces plus anciennes comme un retable polychrome du XVIIIe siècle. Un mélange des genres à retrouver dans un petit salon du premier étage, avec une surprenante cheminée coquillage, une statue d’ours polaire faite de déchets récupérés dans la Méditerranée signée Gilles Cenazandotti, ainsi que les splendides luminaires du designer Lucas Zito. 

Un univers qui s’étend également dans les 14 chambres, dont huit suites, de la Casa del Limonero, conçue par une collectionneuse d’art moderne française, qui avait à cœur d’offrir « un lieu à son image pour pouvoir présenter les pièces d’art qu’elle adore », explique la directrice des lieux Martina Cam. Aussi, la cheffe d’orchestre de l’hôtel, qui souhaite garder l’anonymat, a réquisitionné les services de l’artiste Guillaume Piéchaud afin de donner vie à une surprenante tête de lit dans la chambre « Estrellas y Luna », faite de métal et de pierres incrustées chinées sur l’île de Madagascar. Pour gagner les étages supérieurs, il faudra prendre soit un ascenseur dont l’intérieur est habillé de malles Louis Vuitton, soit l’escalier, éclairé par des appliques murales issues de l’hôtel Lutetia à Paris. Quant à notre chambre préférée, il s’agit sans nul doute de celle baptisée « Mirador ». Car en plus de proposer un lit tout en bois du XIXe siècle et des tables de nuit faites avec des céramiques du XVe siècle, qui se marient sans peine aux lignes contemporaines du fauteuil Egg d’Arne Jacobsen, celle-ci offre une vue incroyable sur la Giralda, ancien minaret de la grande mosquée almohade de Séville. Baissez les yeux, et ils se poseront sur le jardin luxuriant de l’hôtel et sa piscine, à deux pas du hammam, où il fera bon se prélasser après une visite de la ville. Il faudra décidément revenir très rapidement à la Casa del Limonero.

C. Guzmán el Bueno, 4, 
Casco Antiguo, 
Séville (Espagne)

hotelcasalimonero.com

Que faire après avoir visité la cathédrale, l’Alcazar et les palais de Séville ?

Explorer le Centre andalou d’art contemporain. Situé à l’écart du centre, le lieu vaut mille fois le déplacement. Ancien monastère devenu fabrique de céramique, l’imposante bâtisse est désormais un centre d’art contemporain. Les expositions temporaires, comme celle consacrée à Miguel Benlloch (jusqu’au 5 avril), sont à découvrir dans les parties historiques. Un incontournable à ne pas manquer lors de votre visite.

caac.es

Calle Américo Vespucio,
Séville

Flâner dans la galerie Delimbo. À moins de dix minutes à pied de notre hôtel, cette galerie sévillane ravira les amateurs d’art contemporain. Jusqu’au 18 mars, elle présente le travail de l’artiste Cristina Lama « Lo familiar y ajeno ».

delimbo.com

C. Pérez Galdós, 1, 
Casco Antiguo, 
Séville

©Delimbo

Boire un cocktail à l’Hôtel Alfonso XIII. Si, au contraire, vous êtes en manque d’histoire, direction cet hôtel sous pavillon Marriott érigé à l’occasion de l’exposition ibéro-américaine de 1929, qui se tenait alors dans la ville andalouse. Un lieu énigmatique de Séville, où le pastiche historique est roi.

C. San Fernando, 2, 
Casco Antiguo, 
Séville

Alfonso XIII – Bar Americano

En boire un deuxième au Naked and Famous. Ne vous fiez pas au nom de ce bar à deux pas de l’hôtel : les cocktails, délicieux, ont valu à l’établissement quantité de prix.

C. Argote de Molina, 21, 
Casco Antiguo, 
Séville

Découvrir la carte de Yo, cocina contemporánea. Ouverte depuis peu, la table de Stefano Deidda a récemment fait son entrée au Michelin. Après avoir gagné une étoile en 2017 pour le Ristorante Dal Corsaro en Sardaigne, le chef tente l’aventure sévillane et nous laisse un très bon souvenir, notamment avec son beurre d’anchois à l’aneth, ses olives glacées et crémeuses, mais aussi son tartare à l’œuf fumé et au chou violet, à déguster à la main, à l’aide d’une feuille de shiso. 

restauranteyo.com 

C. Bailén, 34, 
Casco Antiguo, 
Séville

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