Le Costume Institute du Metropolitan Museum of Art a inauguré, lundi 4 mai 2026, son rendez-vous annuel autour de l’exposition « Costume Art ». Sous le mot d’ordre « Fashion is Art », les invitées ont fait du tapis rouge une galerie à ciel ouvert, citant peintures, sculptures et films par la haute couture.

Pensée par Andrew Bolton, conservateur en chef du Costume Institute, l’exposition « Costume Art » réunit près de 400 pièces dans les nouvelles Condé M. Nast Galleries, soit environ 1 114 mètres carrés, et associe créations de mode, peintures, sculptures et objets couvrant près de cinq millénaires d’histoire de l’art. Le mot d’ordre vestimentaire de la soirée appelait les convives à se penser en toile vierge. Beyoncé, Nicole Kidman, Venus Williams et Anna Wintour coprésidaient l’édition.
L’Antiquité et la sculpture ont inspiré les premières silhouettes. Kendall Jenner, en GapStudio dessinée par Zac Posen, citait La Victoire de Samothrace du Louvre, dans un drapé asymétrique noué à la hanche et prolongé d’une traîne. Anne Hathaway, en Michael Kors, déclinait une vasque grecque en noir et blanc graphique. Heidi Klum, sculpture vivante drapée par Mike Marino, rendait hommage à la Vestale voilée de Raffaele Monti (1847) et au Christ voilé de Giuseppe Sammartino : latex et spandex peints à la chaux, lentilles grises et couronne de fleurs achevaient l’effet de marbre en mouvement.


Winged Victory of Samothrace, ca. 190 BC ©Heritage Images/Getty Images
Côté Renaissance et Baroque, Beyoncé, de retour au Met après dix ans d’absence, a choisi une robe-squelette signée Olivier Rousteing, parée de cristaux Chopard et prolongée d’une cape de plumes. Le motif anatomique fait écho à la longue tradition des planches de la Renaissance, de Léonard à Vésale. « Une façon de célébrer ce que Dieu nous a donné », a-t-elle confié sur le tapis rouge. Lena Dunham, en Valentino, transposait la giclée de sang de Judith décapitant Holopherne d’Artemisia Gentileschi (vers 1620) en plumes rouges sur fond crème. « Je passais mes dimanches au Met, dans la salle des peintres de la Renaissance », a-t-elle confié à Vogue.
Le XIXe siècle a tenu le tapis rouge en haleine. Lauren Sánchez, présidente d’honneur, s’inscrivait dans le scandale en Schiaparelli aux bretelles de perles, citant Madame X de John Singer Sargent (1884). Rachel Zegler reconstituait L’Exécution de Jane Grey de Paul Delaroche (1833), dans une robe blanche et un bandeau de gaze sur les yeux.
Le tournant du XXe siècle a fourni l’or et les fleurs. Gracie Abrams a porté une robe Chanel signée Matthieu Blazy, inspirée de la période dorée de Gustav Klimt et de son célèbre Portrait d’Adele Bloch-Bauer I (1907), dit La Dame en or. Hunter Schafer s’est tournée vers une autre toile de Klimt, Mäda Primavesi (1912-1913), dans une robe Prada à ceinture fleurie. Charli XCX renvoyait aux Iris de Van Gogh dans une silhouette violacée. Madonna, portée par sept accompagnatrices aux yeux bandés de tulle, citait La Tentation de saint Antoine de Leonora Carrington (1942), dans un ensemble Saint Laurent surmonté d’une coiffe en galion. Angela Bassett, en Prabal Gurung, rendait hommage à Girl in a Pink Dress (1927) de Laura Wheeler Waring, peintre afro-américaine de la Harlem Renaissance.


Heidi Klum au Met Gala 2026 ©Mike Coppola/Getty Images
Sabrina Carpenter, coprésidente du comité d’accueil, portait une robe Dior conçue à partir des pellicules du film Sabrina de Billy Wilder (1954). Lisa, des Blackpink, est apparue en Robert Wun, fantôme blanc enveloppé d’une nuée de tulle d’où jaillissaient ses propres bras en trois dimensions. Cher signait son retour en Burberry, naked dress en tulle de soie noire qui faisait écho à celle qu’elle portait au Met en 1974.
Côté français, Yseult, membre du comité d’accueil, portait une longue robe Harris Reed sur plastron doré, coiffée d’un chapeau futuriste. Charlotte Gainsbourg, en Saint Laurent, signait sa septième apparition. Léna Mahfouf défendait Burc Akyol, jeune créateur français, dans un bustier sculpté figurant deux mains de bronze. Lily-Rose Depp, en Chanel, jouait un gris-bleu pastel.
L’édition 2026 a permis de réunir 42 millions de dollars au profit du Costume Institute, record absolu après les 31 millions levés l’an passé. Le tapis rouge, lui, s’est mué en galerie à ciel ouvert, où chaque silhouette se voulait, à sa manière, un argument en faveur de la mode érigée au rang des beaux-arts.



Cher ©Michael Loccisano/GA/Getty Images


Lauren Sánchez Bezos ©Dimitrios Kambouris/Getty Images


Daisy Edgar-Jones ©Getty Images







