

Garcé Dimofski ouvre à Porto bien davantage qu’un showroom. Le duo de designers et architectes inaugure un lieu où conception, fabrication et mise en scène cohabitent sous un même toit. Dans une époque où le design tend souvent vers l’image, cette nouvelle adresse revendique une autre temporalité : celle du matériau, du geste artisanal et de l’architecture comme expérience sensible.

Ces dernières années, de nombreux designers ont choisi de rapprocher leur atelier de leur espace d’exposition. Ce mouvement traduit une évolution profonde de la création contemporaine : montrer un objet ne suffit plus, il faut aussi révéler les conditions de sa fabrication. À Porto, Garcé Dimofski pousse cette logique plus loin en réunissant dans un même bâtiment un atelier, un showroom et un espace de production. Ce projet donne une forme concrète à une vision du design où chaque pièce naît d’un dialogue permanent entre conception, expérimentation et savoir-faire.




Le choix de Porto accompagne cette démarche. La ville portugaise attire aujourd’hui une scène créative particulièrement dynamique grâce à son patrimoine, à ses artisans et à son rapport exigeant à la matière. Les fondateurs de Garcé Dimofski, Olivier Garcé et Clio Dimofski, revendiquent cet héritage sans céder au pastiche. Les références à l’Art déco nourrissent une écriture contemporaine où les volumes, les textures et les couleurs dialoguent avec retenue.
Dès l’entrée, une composition circulaire guide le regard. Les sols en terre cuite, les murs peints à la chaux, les arches laquées et les éléments en céramique construisent une succession d’espaces où chaque pièce possède son identité. L’architecture accompagne les objets au lieu de les dominer.




Le mobilier exprime cette même recherche d’équilibre en mettant en valeur le savoir-faire du studio. Une table monumentale en chêne teinté, enrichie d’incrustations en céramique, répond aux fauteuils Alegria, tandis que le bureau Ceido ou la table basse Iris illustrent la volonté du duo de revisiter des formes classiques avec une écriture actuelle.
Le studio accueille également des créations du designer Minjae Kim ainsi qu’une œuvre murale d’Isabel Cordovil. Cette confrontation entre design et art contemporain souligne l’ouverture culturelle du projet.


Le lieu fonctionne aussi comme un atelier de production. Bois, métal, terre cuite et céramique sont travaillés sur place en collaboration avec des artisans portugais. Cette proximité entre conception et réalisation permet d’affiner chaque détail et de préserver une véritable exigence de qualité.
À l’heure où une partie du design privilégie l’image ou la production rapide, Garcé Dimofski défend une autre idée de la modernité. Les matériaux, le temps de fabrication et le dialogue avec les artisans deviennent les véritables moteurs du projet. Les fondateurs confient : « Ce lieu reflète un échange perpétuel entre l’essence même de notre studio aujourd’hui et le dialogue constant que nous entretenons avec l’artisanat. Nous avons toujours conçu nos projets à travers la matérialité. Avant même les volumes, il s’agit pour nous de créer une densité, un dialogue entre chaque élément. »
Cette réalisation constitue ainsi bien plus qu’une nouvelle adresse à Porto. Elle affirme une vision du design où architecture, artisanat et création contemporaine avancent ensemble. L’espace devient le prolongement naturel des objets qu’il présente et rappelle qu’une œuvre de design raconte autant la main qui la fabrique que la forme qu’elle donne à voir.



Alegria – Studio and Gallery
Rua da Alegria, Porto (Portugal)








