

La galerie Esther Schipper Seoul présente jusqu’au 14 août 2026 Cellular Memory, l’exposition de l’artiste éthio-américaine Merikokeb Berhanu. C’est sa première exposition personnelle en Asie et sa deuxième collaboration avec la galerie. Six nouvelles peintures y sont présentées.

Née à Addis-Abeba, Merikokeb Berhanu a obtenu son diplôme des Beaux-Arts à l’université d’Addis-Abeba en 2002, où elle a étudié la peinture auprès de Getahun Assefa, à l’École des Beaux-Arts et du Design Allè. Getahun appartenait à une génération d’artistes éthiopiens qui ont prolongé le travail de pionniers modernistes comme Alexander « Skunder » Boghossian, en allant plus loin dans l’abstraction et l’engagement avec les réalités sociales. Cette influence reste visible dans le travail de Merikokeb.
Installée aux États-Unis depuis près de dix ans, l’artiste a développé un style qui mêle l’histoire de l’art éthiopien à son expérience de vie en diaspora.
Les nouvelles toiles, peintes en 2026, marquent une évolution dans son travail. Des grands formats comme Untitled CXIV aux compositions plus resserrées comme Untitled CXX, Merikokeb Berhanu continue d’explorer son style figuratif semi-abstrait, tout en essayant de nouvelles couleurs et compositions.

Un même vocabulaire visuel revient dans toutes les toiles : des formes organiques imbriquées qui font penser à la fois à des corps, des paysages et des cellules, sans jamais se figer dans l’une de ces lectures. Un pied ou une main apparaît parfois, mais reste volontairement flou : il peut représenter une personne comme une présence humaine plus générale. Des silhouettes allongées, surmontées de têtes rondes, peuvent tout aussi bien évoquer des fleurs qu’un groupe d’hommes et de femmes. Le corps humain s’y mélange au végétal et au minéral.
Un autre thème traverse cette série : la tension entre le naturel et le technologique. Ce motif est lié à l’installation de l’artiste aux États-Unis en 2017, où elle a été confrontée à la surconsommation, à la pollution et au changement climatique.


Dans Untitled CXX, des formes rouges en train d’éclore, à gauche du tableau, répondent à des sphères rouge foncé qui rappellent des circuits imprimés, à droite. Des racines se déploient en dessous, comme pour relier les deux mondes au même sol. Untitled CXVIII ressemble à une coupe de terrain : ses couches successives, pleines de vie organique, laissent apparaître un réseau de circuits électroniques, comme un second système nerveux qui traverserait la terre. Ce motif, parfois peint dans un vert qui rappelle l’imagerie numérique des débuts de la science-fiction, marque la présence d’un monde moderne, industriel et digital.
Plutôt qu’un conflit entre les deux, ses tableaux montrent une forme de coexistence, comme si les deux systèmes cherchaient progressivement un terrain commun.
Née en 1977 à Addis-Abeba, Merikokeb Berhanu vit et travaille aux États-Unis. Son travail a déjà été montré à la galerie Esther Schipper de Berlin (2025 et 2024), au Peabody Essex Museum de Salem (2024), à la galerie Addis Fine Art de Londres (2023), et à la Biennale de Venise en 2022. Ses œuvres figurent dans les collections de plusieurs musées, dont la Tate à Londres, le San Francisco Museum of Modern Art, le Denver Art Museum, le Baltimore Museum of Art et le High Museum of Art à Atlanta.
Elle est aussi visible actuellement à Paris, dans une exposition collective chez Esther Schipper Paris et à la Galerie Natalie Seroussi, jusqu’au 1er août 2026.

Cellular Memory
Du 9 juin au 14 août 2026
Esther Schipper Seoul
24 Hannam-daero 46-gil, Yongsan-gu, Séoul






