RHODES, HÔTELS, TABLES ET CRIQUES DE LINDOS À LA VIEILLE VILLE 

© César Meze Bar

De la cité médiévale inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco aux maisons cubiques de Lindos, Rhodes se découvre aujourd’hui autrement que par le seul prisme balnéaire. Au sud-est de la mer Égée, la plus grande île du Dodécanèse voit s’installer une hôtellerie de caractère, des tables ambitieuses et des clubs de plage logés dans des bâtiments italiens des années 1930. Des remparts aux langues de sable de Prasonisi, voici les adresses qui donnent le ton d’un séjour méditerranéen.

Lindos, le village blanc et son Acropole

À une cinquantaine de kilomètres de la ville de Rhodes, Lindos se signale de loin par une masse blanche accrochée au flanc de la colline. Les maisons cubiques y montent en gradins jusqu’à l’Acropole, dont le temple d’Athéna Lindia domine le site depuis le IVe siècle avant J.-C. La voiture s’arrête à l’entrée du village : passé ce seuil, il ne reste que des ruelles trop étroites pour un véhicule, des cours intérieures dessinées en mosaïques de galets noirs et blancs selon une technique propre au Dodécanèse, des ateliers d’artisans et des terrasses ouvertes sur la mer. Le blanc de la chaux, refait chaque printemps, tranche sur le bleu du ciel avec une netteté presque irréelle.

L’ascension jusqu’à l’Acropole demande une vingtaine de minutes par un escalier abrupt. Moins courue que celle d’Athènes, la citadelle superpose les marqueurs des époques : escalier monumental hellénistique, portique dorique, vestiges du temple et, par-dessus, les fortifications érigées par les chevaliers de Saint-Jean. Depuis les remparts, le regard porte sur les deux baies qui enserrent le village et sur la côte orientale jusqu’à Pefki. La lumière de fin d’après-midi y est de loin la plus favorable, celle de midi écrasant les reliefs.

Quelques centaines de mètres plus bas, San Pawl il-Bahar (St Paul’s Bay) forme un cercle presque parfait, fermé par les falaises et ouvert sur le large par une passe de quelques mètres. La tradition veut que l’apôtre Paul y ait abordé au Ier siècle, et la petite chapelle blanche qui lui est dédiée sert aujourd’hui de décor à un nombre considérable de mariages. Les voiliers y mouillent tout l’été et l’eau, protégée du vent, reste calme quand celle de la côte ouest se soulève. Pour manger les pieds dans le sable, Tambakio tient l’une des rares terrasses installées directement sur la plage.

tambakio.com

© Tambakio

AMOH, le nouveau chapitre du luxe rhodien

Ouvert le 28 avril 2026, AMOH, a Luxury Collection Resort, Rhodes annonce l’arrivée de la marque de Marriott sur l’île. L’hôtel occupe une péninsule isolée au bord de Kavos Beach, à Pefki, à quelques minutes de Lindos, et s’adosse à une carrière de calcaire d’époque hellénistique et romaine dont l’exploitation a fourni la pierre des monuments alentour.

C’est de cette carrière que vient la cohérence du projet. La direction artistique, confiée à l’agence londonienne Studio Lost, part du travail de la pierre et du mouvement de la mer : mosaïques réinterprétées, motifs anciens, palettes minérales, éléments sculptés prélevés sur le site. Les 197 chambres et suites associent le calcaire local à des lins souples et des tonalités terreuses, avec des catégories vue mer et des catégories à piscine privée, toutes dotées d’un prolongement extérieur. Deux plages de sable installées dans des anses complètent l’ensemble.

L’offre de restauration est pléthorique. Lithos, la table principale, travaille une cuisine européenne d’orientation méditerranéenne ; Cava di Pietra se consacre à l’Italie, Kymata aux produits de la mer grecs. S’y ajoutent un steakhouse, plusieurs bars et lounges, et une pâtisserie dédiée aux desserts et aux glaces artisanales grecs. Le spa, baptisé Elispa, se construit autour des quatre éléments, avec un espace de Pilates Reformer à entraînement numérique et un court de tennis encadré.

Reste ce que l’hôtel nomme ses Epicurean Moments, la partie la plus intéressante de sa proposition. Chaque jour, une dégustation guidée fait le tour des variétés d’olives grecques en partant de l’oliveraie qui entoure le domaine. Une fois par semaine, au coucher du soleil, les clients se retrouvent autour d’un foyer pour un apéritif. 

amoh.com

© AMOH

César Meze Bar, une table au-dessus de l’Acropole

Au sommet de Lindos, là où les ruelles cessent de monter, César Meze Bar occupe un toit-terrasse planté d’herbes aromatiques et d’arbres d’une belle hauteur. La vue donne sur les toits blanchis à la chaux, l’Acropole et la mer au-delà. Aux dernières heures du jour, quand la lumière passe au doré puis s’éteint, la salle change naturellement d’atmosphère.

Le nom renvoie au meze, ce format de petites assiettes que l’on fait circuler et qui structure encore la carte. La cuisine part de la Méditerranée sans s’y enfermer. Les saveurs grecques familières sont reprises avec des techniques contemporaines, des produits de saison et un dressage soigné, si bien que les assiettes restent reconnaissables tout en proposant autre chose. Chaque plat joue la carte de l’invention et de la retenue, de façon que le produit demeure au centre plutôt que le geste du cuisinier.

La carte des vins suit la même logique. Elle réunit des étiquettes grecques et européennes choisies une à une, en accordant autant de place aux maisons reconnues qu’à de petits domaines dont le travail tient à un savoir-faire et à un lieu précis. La partie grecque mérite qu’on s’y arrête : elle donne une idée juste de ce que produit aujourd’hui un vignoble longtemps sous-estimé.

Le service, enfin, se maintient à haut niveau avec discrétion. C’est Kosmas qui nous a accueillis, et une bonne partie de l’expérience découle de sa gestion. Pas de formalisme rigide, mais de l’attention, un rythme tenu et l’idée que le luxe se loge souvent dans la simplicité. Dans un cadre aussi démonstratif, cette retenue devient la signature du lieu. La réservation est vivement conseillée en haute saison, en particulier pour les tables placées face à l’Acropole. 

caesarslindos.com

© César Meze Bar

La vieille ville de Rhodes et ses clubs de plage

Capitale de l’île, la ville de Rhodes conserve l’un des ensembles médiévaux habités les plus complets d’Europe, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988. Quatre kilomètres de murailles et un fossé sec ceignent un quartier qui n’a jamais cessé d’être occupé : les chevaliers de Saint-Jean ont laissé une machine défensive que les Ottomans ont ensuite investie, percée, complétée de minarets et de fontaines. Le mieux est de renoncer à suivre un itinéraire. La rue des Chevaliers mène au palais des Grands Maîtres ; il suffit de s’en écarter de dix mètres pour tomber sur des cours fermées, des escaliers extérieurs, des maisons à encorbellement de bois et des terrasses sous les bougainvilliers. Le musée archéologique, installé dans l’ancien hôpital des Chevaliers, conserve l’Aphrodite de Rhodes que Lawrence Durrell a rendue célèbre. À savoir concernant les horaires : les groupes de croisiéristes saturent les axes principaux de 11 heures à 16 heures.

Passé les remparts, l’atmosphère change en quelques minutes. Le front de mer de Mandraki, aménagé par les Italiens dans les années 1930, mène à la pointe nord et au complexe balnéaire d’Elli, où s’est installée la vie de plage de la ville.

La plage d’Elli en est la plage urbaine : du sable mêlé de galets, une eau qui devient profonde très vite, et le plongeoir de béton posé au large que les nageurs rejoignent encore à la nage. Elli World y gère les transats, tarifés par rangée, avec service jusqu’au bord de l’eau.

Ronda occupe le bâtiment principal du complexe, conçu par l’architecte italien Armando Bernabiti à la fin des années 1930 et classé monument national en 1987. Salle circulaire, portes en arc, plafond voûté : la restauration en a conservé l’essentiel, et l’aménagement intérieur signé du cabinet d’architecture Vana Pernari joue les bois clairs et les fibres tressées. La carte méditerranéenne et les cocktails y dépassent nettement ce qu’on attend d’un bar de plage.

Quelques numéros plus loin sur la place Kountourioti, NOR Beach House Project occupe la partie sud de la plage, avec un bar-salon d’esprit bohème, un restaurant qui associe bases grecques et influences asiatiques et fait une place notable aux poissons crus, et un club en plein air ouvert sur la forteresse Saint-Nicolas.

elliworld.gr/beach-life


ronda.gr

© Ronda Beach Bar


norproject.gr

Sortie en mer, kitesurf et 3 autres hôtels

Des catamarans partent du port de Rhodes en matinée pour une sortie d’environ six heures, repas et boissons compris, avec trois mouillages : la baie d’Anthony Quinn, qui doit son nom à l’acteur venu tourner Les Canons de Navarone en 1961 et dont le fond s’aperçoit depuis la surface, la baie de Ladiko, plus petite et plus abritée, puis Kallithéa, où les thermes italiens de la fin des années 1920 alignent rotondes, colonnades et sols en mosaïque au bord d’une eau propice à la nage avec masque et tuba.

À la pointe sud, à 90 kilomètres de la ville, Prasonisi étend un isthme de sable jusqu’à un îlot surmonté d’un phare. Le meltemi frappe la côte occidentale quand l’orientale reste au calme, ce qui vaut au site sa réputation européenne pour le kitesurf et la planche à voile, de mai à septembre.

Au nord-ouest, la vallée des Papillons abrite en réalité l’Écaille chinée, Euplagia quadripunctaria, un lépidoptère nocturne agglutiné sur les troncs de juin à septembre. Le silence demandé à l’entrée protège une population fragilisée par la fréquentation.

Trois hôtels complètent le tableau : Casa Cabana Boutique Hotel & Spa à Faliraki, réservé aux adultes, bohème et intimiste avec 59 chambres ; Cook’s Club Kolymbia, également pour adultes, 271 chambres autour d’une grande piscine, avec trois restaurants et un DJ ; Ella Helea à Kallithea, grand format familial de plus de 600 chambres en tout compris.

casacabanahotel.com

© Casa Cabana
© Casa Cabana


cooksclub.com

ellaresorts.com/rhodes/helea-resort

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