Cet été, Sotheby’s consacre une exposition exceptionnelle à Fernando Botero, en partenariat avec la Fernando Botero Foundation. Présentée jusqu’au 7 septembre dans les espaces du Breuer Building à New York, « Botero in New York » réunit une vingtaine d’œuvres réalisées entre 1960 et 1973, période décisive durant laquelle l’artiste colombien forge le style qui deviendra sa signature. Certaines de ces œuvres sont dévoilées au public pour la toute première fois.


Fernando Botero, Prelados bañándose en un río, 1968
Si Fernando Botero est aujourd’hui mondialement reconnu pour ses personnages aux volumes généreux, cette exposition invite à dépasser cette image iconique pour revenir aux années de recherche qui ont façonné son œuvre. Installé à Greenwich Village à la fin des années 1950, Botero découvre alors une scène artistique dominée par l’expressionnisme abstrait. Plutôt que de suivre cette tendance, il choisit de défendre une peinture figurative profondément personnelle, développant progressivement ce qui sera bientôt identifié comme le Boterismo.
Cette indépendance artistique constitue le fil conducteur de l’exposition. Les œuvres témoignent d’un peintre qui emprunte aux grands maîtres européens – de Léonard de Vinci à Velázquez – tout en puisant dans la culture colombienne, l’art précolombien et les scènes du quotidien. Loin d’une simple exagération des formes, le volume devient chez Botero un véritable moyen d’expression, capable d’insuffler monumentalité, humour et humanité aux sujets les plus ordinaires.


Fernando Botero, Autorretrato el día de mi primera comunión, 1970
Parmi les temps forts de l’exposition figure Monalisa a los Trece Años (1959), variation libre autour de La Joconde, jamais présentée publiquement jusqu’à aujourd’hui. Avec son humour discret et ses proportions volontairement décalées, l’œuvre annonce déjà la fascination de Botero pour les grandes références de l’histoire de l’art, qu’il réinterprète avec une liberté assumée. Elle révèle également son intérêt pour la culture populaire, à une période où le pop art émerge sur la scène américaine.
L’exposition met également en lumière Apotheosis of Ramón Hoyos (1959), hommage au célèbre cycliste colombien, ou encore Picnic (1973), présenté pour la première fois au public. Dans cette scène en apparence légère, Botero transforme un simple moment de détente en une réflexion subtile sur les rapports sociaux et les rituels de la vie quotidienne. Les natures mortes, telles que Sunflowers (1977) ou Still Life with Watermelon (1976), démontrent quant à elles que son univers dépasse largement la représentation humaine. Inspirées des maîtres espagnols, elles révèlent un équilibre permanent entre tradition picturale et modernité.

« Botero in New York » marque également une première historique : il s’agit de la première collaboration entre la famille Botero et une maison de ventes aux enchères. Plus qu’une exposition, elle offre un regard inédit sur les années fondatrices d’un artiste qui choisit de suivre sa propre voie, malgré les critiques d’une époque peu favorable à la figuration. Cette fidélité à sa vision fera de Fernando Botero l’un des peintres les plus reconnaissables du XXᵉ siècle, dont l’œuvre continue aujourd’hui de séduire par son équilibre entre monumentalité, tendresse et ironie.


Fernando Botero, Mujer en la playa, 2002






