
Peu de pays permettent, en deux semaines, de marcher sur les flancs d’un volcan de 5 600 mètres d’altitude, puis de se tenir face aux tours de granit de Torres del Paine.
Le Chili, qui s’étire sur plus de 4 300 kilomètres entre les Andes et le Pacifique, rend ce grand écart possible : du désert le plus sec du monde aux champs de glace australs. Du nord au sud, le pays offre ainsi des contrastes spectaculaires. Voici comment concevoir cet itinéraire en s’appuyant sur deux adresses de la collection Beckons, Tierra Atacama et Tierra Patagonia, chacune dotée d’un programme de randonnées.
Étape 1 : le trajet du nord au sud

Santiago sert de porte d’entrée internationale, avec des liaisons quotidiennes depuis l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. De là, deux vols intérieurs mènent à chacune des destinations. Pour le désert d’Atacama : Calama (deux heures de vol), puis une heure quinze de route jusqu’à San Pedro de Atacama. Pour la Patagonie chilienne : Puerto Natales (environ trois heures de vol), puis une heure de route jusqu’aux abords du parc national Torres del Paine.
Les deux lodges recommandent de faire d’abord l’Atacama, puis la Patagonie, avec cinq nuits dans chaque établissement pour profiter pleinement des excursions sans sacrifier le repos. Quatre nuits restent une option viable pour un format plus resserré.
Étape 2 : Atacama, l’altitude comme terrain de jeu
Perché à environ 2 400 mètres sur le plateau andin, face au volcan Licancabur et ses 5 919 mètres visibles depuis chacune de ses 28 chambres, Tierra Atacama a bâti autour de cette proximité minérale un programme de trekking dont la progressivité force le respect.


Tout commence en douceur, ou presque : la vallée de Purilactis, journée complète de difficulté moyenne, serpente le long d’un lit de rivière asséché jusqu’à la vallée del Arcoíris, où l’ocre et le violet se disputent les parois rocheuses.
La Quebrada del Diablo, elle, fait découvrir en une demi-journée l’histoire d’un canyon façonné par le passage des anciennes caravanes, tandis que la vallée de Guatin Gatchi, plus exigeante, déroule ses cactus cardón et ses cascades pour qui accepte de forcer un peu l’allure.

Mais c’est dans le sur-mesure que l’hôtel révèle son ambition. L’ascension du Cerro Toco, un volcan éteint culminant à 5 600 mètres, en est l’archétype : réservée aux majeurs, elle exige cinq nuits d’acclimatation préalables et demeure classée « restreinte », l’altitude ne pardonnant aucune approximation. Plus douce dans l’effort mais tout aussi habitée, la traversée de Machuca à Río Grande déploie sur une journée entière son Altiplano peuplé de lamas, longeant la rivière Peñaliri comme on suit un fil dans un paysage qui semble n’appartenir à personne.
Entre randonnée initiatique et expédition réservée aux marcheurs aguerris, Tierra Atacama compose ainsi un éventail d’expériences où chacun trouve sa propre altitude.
Étape 3 : Patagonie, le règne du granit

À l’autre bout du pays, Tierra Patagonia se trouve en bordure du parc national Torres del Paine, réserve de biosphère de l‘UNESCO où le vent semble avoir sculpté le caractère des lieux.
Ici, le programme change de registre : exigeant, avec plusieurs treks classés « difficiles », voire « restreints », qui ne laissent aucune place à l’improvisation.
L’itinéraire Base Torres en est l’incarnation la plus pure : 22 kilomètres, 1 100 mètres de dénivelé, une remontée le long de la rivière Ascensio jusqu’à ces trois tours de granit qui jaillissent, presque irréelles, d’une lagune glaciaire. Sa pratique, conditionnée à un équipement adapté et à une excursion préparatoire, dit à elle seule la sévérité du terrain. À ses côtés, la vallée del Francés déroule ses 19 kilomètres sur une journée entière, quand le parcours des ponts suspendus du glacier Grey étire ses 25 kilomètres le long de l’inlandsis patagonien, champ de glace qui semble avaler l’horizon.

Mais l’exigence n’est pas obligatoire. Pour qui préfère des marches plus courtes, le belvédère du Condor et le belvédère des Cuernos, demi-journées de difficulté moyenne à moyenne-facile, offrent un accès rapide aux vues sur le massif.
Comment choisir son rythme ?
Les deux lodges appliquent une échelle de difficulté identique, de « facile » à « restreint », et conçoivent un plan d’excursion personnalisé à l’arrivée de chaque hôte, selon le niveau et les envies. Le forfait tout compris permet deux demi-journées ou une journée complète d’excursion par jour, sauf le jour du départ.
Le circuit personnalisé (avec guide-chauffeur dédié) peut être organisé en supplément, à des tarifs qui varient selon la prestation, le nombre de personnes et l’hôtel : environ 600 à 1 300 dollars américains.
Quand partir ?
Les deux régions connaissent des climats très contrastés. L’Atacama peut se visiter toute l’année, avec des journées généralement ensoleillées et sèches ; dans les zones d’altitude, des épisodes de pluie et d’orages peuvent survenir entre décembre et mars, tandis que les températures peuvent descendre sous zéro la nuit en hiver austral. En Patagonie, en revanche, la période la plus favorable à la randonnée et au trekking se situe globalement entre octobre et avril, même si le temps reste changeant et que la pluie et le vent peuvent survenir à tout moment.

Du désert aux confins australs, le Chili offre une succession de paysages qui donnent au voyage une rare sensation d’amplitude. Au nord, le Chili se découvre par la verticalité : l’altitude, les volcans et l’immensité minérale de l’Altiplano. Au sud, il se mesure à l’horizontalité : les lacs, les vallées, les glaciers et les vents de Patagonie. C’est cette capacité du pays à changer complètement de visage qui donne tout son sens à cet itinéraire.








