LE TRENTE : LE BAR DE PIGALLE QUI CULTIVE L’ESPRIT DE FAMILLE

À quelques pas de la place Pigalle, l’Hôtel Massé et son voisin, Le Trente, racontent une même histoire : celle d’une hospitalité parisienne décontractée, nourrie de rencontres, de création et de souvenirs de famille. Mais lorsque vient le soir, c’est au numéro 30 de la rue Victor-Massé que l’histoire se poursuit, autour d’un verre, de quelques assiettes et surtout de musique.

Avec ses 40 chambres installées dans un bâtiment haussmannien, l’Hôtel Massé a été imaginé par Corto Peyron avec sa sœur Eole, en collaboration avec le studio Gasparetto Parenti pour l’architecture intérieure. À deux pas de la rue des Martyrs, l’adresse revendique moins les codes traditionnels de l’hôtellerie que l’atmosphère d’une maison ouverte sur son quartier. Voyageurs et Parisiens sont ainsi invités à se croiser, dans un Pigalle où se mêlent depuis toujours habitants, artistes et noctambules.

Le Trente en est presque le prolongement naturel. Attenant à l’hôtel mais doté de sa propre entrée, le bar occupe un ancien loft de Pigalle. Corto et Eole Peyron l’ont pensé autour d’une devise familiale : « faites-vous un ami par jour ». Une phrase qui résume assez bien l’ambition du lieu : créer un bar de quartier où l’on puisse aussi bien retrouver des amis que rencontrer ceux que l’on ne connaît pas encore.

Dès la rue, la façade de marbre vert donne le ton, avec des lettres dessinées par l’artiste Konstantinos Kyriakopoulos. À l’intérieur, Olivier Guyot et Gasparetto Parenti ont privilégié un décor brut, composé d’un grand bar ancien en bois, d’un sol rouge, de petites tables et d’assises chinées ou réalisées sur mesure. Rien de trop démonstratif : l’endroit conserve quelque chose d’intime, presque domestique.

La famille est d’ailleurs partout. Des photographies personnelles racontent notamment les expéditions de Stéphane Peyron, père d’Eole et Corto, tandis que 1 500 mignonnettes anisées de Ricard habillent les toilettes, clin d’œil décalé aux racines méditerranéennes familiales. À l’étage, sous une grande verrière donnant sur les immeubles haussmanniens, l’art continue de trouver sa place : cet espace avait accueilli des artistes en résidence pendant les travaux de l’hôtel.

Dans les assiettes, le même esprit de simplicité prévaut. Corto, Cyril et Félix ont construit la carte autour d’une question toute simple : que veut-on vraiment manger dans un bar ? Les propositions évoluent au fil des saisons et se partagent volontiers, tandis que la Brioche Trente demeure la signature de la maison.

Côté verre, Gabrielle, jeune sommelière du quartier, signe une sélection resserrée de vins naturels français et étrangers. Les cocktails jouent davantage la fantaisie : le Trente Sour au gin, saké, liqueur de yuzu, citron et blanc d’œuf ; le Philippine’s au mezcal, jasmin, italicus, citron et piment ; le Diams, une référence à l’ancien nom du lieu, à la tequila, triple sec, framboise et citron ; le Victor à la vodka, thym frais, miel et citron vert ; et le Massé Express à la vodka, Kahlúa et espresso. Les sans-alcool ne sont pas oubliés, avec notamment des kombuchas brassés à Paris.

Mais l’identité du Trente passe aussi par le son. Louis, voisin et passionné de musique, s’occupe de la curation musicale. Rencontré lors de sessions d’écoute en club, en radio ou chez les disquaires de la capitale, il assure une programmation autour du vinyle, naviguant entre ambient, house, jazz, downtempo et électro. Des enceintes artisanales, conçues spécialement pour le lieu et habillées par l’ébéniste JJ Booth, ont été créées pour porter avec précision les performances musicales du Trente.

LE TRENTE
30, rue Victor-Massé, Paris 9e
Du mardi au dimanche, de 17 h à 2 h.

www.hotelmasse.com

©Cobey Arner

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