Dymak, un siège social qui tourne autour de son cœur vert

© Rasmus Hjortshøj

Une couronne de bois et de verre posée là où la ville rencontre la forêt : à Odense, BIG a imaginé pour Dymak un lieu de travail organisé autour d’une cour plantée, où la lumière et le paysage sont pensés comme partie intégrante de la journée de travail.

On reconnaît de loin le nouveau siège de Dymak à sa forme, un anneau parfait déposé dans un paysage danois, à l’endroit où la nouvelle zone industrielle d’Odense cède la place aux bois et à un lac. Signée BIG, l’agence de Bjarke Ingels, la construction rassemble sur 2 800 mètres carrés des bureaux, un showroom et des espaces communs autour d’une même idée : faire du cercle non pas un édifice spectaculaire, mais un abri. La cour centrale, protégée du bruit de la route toute proche, devient le point vers lequel tout converge.

© Rasmus Hjortshøj

La toiture constitue la signature du bâtiment. Elle se soulève vers le nord pour ouvrir la vue sur la nature environnante, puis se replie vers le sud, où elle crée de l’ombre, tempère l’intérieur et atténue les nuisances sonores. Sa courbe n’est pas seulement plastique : son inclinaison a été calculée pour offrir la meilleure exposition à 880 cellules photovoltaïques dessinées sur mesure, qui alimentent le bâtiment en énergie. Bjarke Ingels y voit une forme sculpturale à la manière d’un ruban de Möbius, à la fois géométriquement simple et pleinement active dans sa fonction. La beauté, ici, ne s’oppose pas à la performance, elle en découle.

La façade fait écho à cette intelligence. Bâtie sur un rythme de bois et de verre, elle attire la lumière loin à l’intérieur des plateaux. Au sud, elle se resserre, protégée par des brise-soleil intégrés ; au nord, elle s’ouvre franchement. Cette gradation règle le jour et la température au fil des heures, sans recourir à la seule technique. Le bâtiment se cale sur la course du soleil.

À l’intérieur, l’espace se déploie dans un hall en double hauteur. Le showroom, un studio photo et des équipements sportifs occupent le rez-de-chaussée, tandis que les étages accueillent les bureaux ouverts, les salles de réunion et les espaces de détente. Le siège devient une vitrine habitée : les produits de Dymak, tactiles et naturels, s’y donnent à voir en situation, éprouvés dans l’usage quotidien plutôt qu’exposés sous vitrine.

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C’est dans la matière que le projet trouve sa chaleur. Sa structure fait la démonstration d’une architecture à faible empreinte carbone – bois massif, brique et mortier d’argile, que Bjarke Ingels décrit comme un tour de force de matériaux à faible impact. À l’intérieur, l’agence a puisé dans le propre catalogue de Dymak bois, terre crue, liège et zostère, cette herbe marine que le Danemark utilisait autrefois pour isoler ses maisons. On comprend, en parcourant les lieux, que cette sobriété ne se paie d’aucune austérité : le bois clair, la terre brute et le liège donnent aux salles une densité tactile, une chaleur naturelle, une lumière tiède. La structure elle-même devient un argument sensible autant qu’écologique.

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Le cœur du dispositif reste la cour. Depuis l’entrée principale, on est conduit à travers le bâtiment jusqu’à ce vide circulaire, visible depuis presque toutes les pièces, qui opère comme le lieu de rassemblement des employés et des visiteurs. Conçue par les paysagistes de l’agence, elle prend la forme d’un amphithéâtre vert : de larges gradins de brique relient les niveaux du terrain, plantés d’arbres isolés, de vivaces à fleurs blanches, de graminées et d’herbes qui composent un décor sensible, changeant au fil des saisons. Le sol de brique cuite, aux tons chauds de terre, passe sans rupture de l’intérieur à la cour, posé en cercles concentriques qui amènent la géométrie du paysage jusque dans le bâtiment. Ulla Hornsyld, paysagiste senior de l’agence, décrit un atrium où l’intérieur et l’extérieur se répondent, réunis par cette même terre cuite qui crée une continuité.

Le paysage, d’ailleurs, ne s’arrête pas aux murs. Les architectes ont travaillé l’arrivée comme un seuil : chemins d’accès, stationnement et plantations sont fondus dans un terrain qui abrite du vent, fait tampon face à l’infrastructure voisine et s’ouvre vers le lac. L’eau de pluie y est recueillie dans des noues à ciel ouvert, ralentie, rendue visible, intégrée au dessin même du sol. L’eau, comme la lumière, reste ici apparente.

© Rasmus Hjortshøj

Reconnu par la certification danoise DGNB dans ses catégories Or, Cœur et Diamant, cette dernière décernée par un jury indépendant pour la qualité architecturale, le siège de Dymak dépasse pourtant la seule performance. BIG y démontre qu’un bâtiment de travail peut se plier au climat, célébrer ses matériaux et placer, littéralement, un jardin en son centre. Refermé comme un anneau, Dymak fait de la journée de travail une affaire de lumière, de saisons et de paysage partagé.

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