
Zèbres, alpagas et vaches sous acide chromatique : l’artiste chinois transforme la galerie en terrarium publicitaire, entre innocence apparente et malaise soigneusement dosé.

Ota Fine Arts Shanghai consacre à l’artiste chinois ¥ouada (né en 1987 dans la province du Fujian) sa deuxième exposition personnelle avec la galerie, et sa toute première dans l’espace shanghaïen. Intitulée Artificial Paradise, elle prolonge la salle de visionnage en ligne Artificial Nature, initiée par l’artiste quelques années plus tôt.

Installé depuis de nombreuses années à Hangzhou, ¥ouada, diplômé de la China Academy of Art en 2011, en est venu à percevoir la nature comme suspendue entre le réel et l’esthétisation permanente : un état où le « naturel » porte toujours la trace d’un arrangement. Dans les toiles réunies pour Artificial Paradise, zèbres, alpagas, vaches et chiens évoluent dans des décors saturés, aux couleurs bonbon. Ces animaux ne renvoient pas à la nature elle-même : ils deviennent des paysages construits par l’imagerie filtrée et l’expérience numérique.


Le titre de l’exposition entend détourner la notion de « paradis ». Sous des surfaces en apparence ludiques affleurent des traces d’absurde. Derrière ces façades polies et savamment construites, le paradis selon ¥ouada n’a rien d’un idéal utopique : il révèle peu à peu ses contradictions, sa nature fabriquée de toutes pièces.



¥ouada, On a sunny afternoon in September, I fell asleep in my studio and dreamed of a fuzzy, juicy, soft pink peach, 2025 Acrylic on canvas 70 x 70 cm
Pour cette exposition, ¥ouada investit aussi les trois vitrines de la galerie, comme autant de fragments indépendants évoquant la triade « ciel, terre, humain ». Images et matériaux y sont réarrangés, une façon pour Artificial Paradise de déborder jusque dans la rue et de happer le passant avant même l’entrée.
Né en 1987 dans le Fujian et formé à la China Academy of Art, ¥ouada construit depuis plusieurs années une œuvre peuplée d’animaux customisés : muscles saillants, chaînes en or, cils démesurés ; puisée dans l’imagerie populaire d’internet et les fragments de sa vie quotidienne. Artificial Paradise en marque une nouvelle étape.


Ota Fine Arts Shanghai
Unit QL106, 1F, No. 78, Huqiu Road, Rockbund, Huangpu District, Shanghai
Du 13 juin au 15 août 2026
Du mardi au samedi, 10h–18h







