

À deux kilomètres du village de Saint-Émilion, Château Quintus lance en 2026 ses premières offres oenotouristiques. Cette propriété de Domaine Clarence Dillon fait du paysage, de la biodiversité et de l’art de l’assemblage les trois entrées d’une même lecture du terroir.


Il faut prendre de la hauteur pour comprendre Quintus. Le domaine occupe un promontoire calcaire culminant à 62 mètres d’altitude, connu depuis l’époque gallo-romaine, d’où le regard embrasse la vallée de la Dordogne sur 360 degrés. Le vignoble, ouvert aux quatre points cardinaux, bénéficie d’une variété de microclimats, et s’enrichit d’une grande diversité de sols – argiles, calcaires, argilo-calcaires –, offrant une mosaïque de terroirs d’exception.
Si l’histoire du domaine est récente, ses racines le sont beaucoup moins. Quintus est né de l’union de trois propriétés voisines acquises successivement en 2011, 2013 et 2021 par Domaine Clarence Dillon, groupe familial fondé en 1935 qui réunit notamment Château Haut-Brion, Château La Mission Haut-Brion et Château Quintus. Les trois propriétés figuraient historiquement dans le guide Féret, publié entre 1908 et 1949, comme « Premier Cru de Saint-Émilion ». Leur réunion a donné l’un des plus grands vignobles de l’appellation : 45 hectares, dont 42 de vignes, merlot et cabernet franc, qui offrent une palette particulièrement riche de terroirs.
Le geste qui fonde le domaine tient en un mot : l’assemblage. Les parcelles sont vendangées à la main et vinifiées en intra-parcellaire – haut, milieu et bas de coteaux –, puis chaque cuve fait l’objet d’une dégustation à l’aveugle pour en apprécier au plus juste les caractéristiques, avant de poursuivre l’élevage en barriques de chêne français. Château Quintus en constitue l’expression la plus profonde, portée par la fraîcheur des sols calcaires. Le Dragon de Quintus, second vin du domaine, joue une partition plus immédiate, entre fruits rouges croquants et texture veloutée.

Nouveauté de 2026 qui fait du domaine une destination, le Sentier du Dragon, promenade libre de 45 minutes à une heure au cœur du parc de deux hectares, traverse vignes, haies anciennes et chênes verts centenaires, ponctué d’étapes balisées et d’un contenu pédagogique consultable sur smartphone. Le parcours mène jusqu’à la statue du dragon, une pièce de bronze de 6 mètres d’envergure signée par le sculpteur britannique Mark Coreth, installée là où s’élevait autrefois une tour de guet. La promenade s’achève par une dégustation des deux vins signature du domaine.
Une visite privée d’une heure trente conduit pour sa part du vignoble aux chais et déplie le rôle de l’assemblage dans l’identité des vins. Elle s’achève par une dégustation de Château Quintus et du Dragon de Quintus.
Trois formules prolongent la découverte : un pique-nique de saison savouré entre vignes et bosquets, une initiation à la dégustation qui met en regard les deux vins emblématiques de la propriété et un troisième dégusté à l’aveugle, et une masterclass de dégustation verticale qui explore les millésimes 2016, 2019 et 2022 de Château Quintus et du Dragon de Quintus.
La promenade révèle une autre richesse du lieu. Quintus se situe au cœur de la ceinture méditerranéenne de Saint-Émilion, un couloir de biodiversité que le domaine entretient avec méthode : haies d’essences locales plantées en corridors écologiques, jachères fleuries sur les talus, conservation des murets de pierre, plus d’une quinzaine de nichoirs et d’hôtels à insectes. Cette démarche s’accompagne d’une absence de recours aux insecticides depuis 2017. Un inventaire des auxiliaires de culture et de la flore mené en 2020 y a recensé 200 espèces différentes d’individus et 80 espèces de fleurs sauvages. Le travail est certifié Haute Valeur Environnementale depuis 2018 et ISO 14001 depuis 2019.
Saint-Émilion fut le premier paysage viticole inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité au titre de paysage culturel. À Quintus, ce paysage se regarde, se parcourt et finit par se révéler dans l’expression des vins.
Arianna Tonon












