

Pour sa collection Pre-Fall 2026, Marimekko joue la carte de la continuité. Motifs iconiques, palette diversifiée et imprimés : la maison finlandaise construit un vestiaire modulaire qui traverse les saisons sans effort.


Chaque année, Marimekko choisit un fil conducteur créatif. Pour 2026, c’est l’art de la sérigraphie. Et pour cette collection Pre-Fall, la maison explore l’équilibre entre répétition et hasard. En résulte une collection plus resserrée que d’habitude, construite autour de moins d’imprimés mais déclinés dans davantage de coloris, de matières et de catégories.
Un choix qui peut sembler contre-intuitif pour une maison dont la force repose historiquement sur la richesse de ses archives graphiques. Mais c’est précisément ce dépouillement relatif qui donne à cette saison sa cohérence et sa lisibilité.


La pièce centrale est le motif Hennika, une rayure architecturale conçue par Vuokko Eskolin-Nurmesniemi qui superpose trois couleurs en larges blocs géométriques. C’est lui qui pose le cadre chromatique de l’ensemble : kaki, bleu et nuances de baies.
Ces trois familles de couleurs ne se contentent pas de coexister : elles se transforment au fil de la collection. Les bleus légers de l’été basculent progressivement vers le marine profond, les roses pâles s’intensifient en bordeaux, et un jaune citron vient perturber l’harmonie là où on ne l’attendait pas, apportant cette touche d’imprévu que revendique la collection cette saison.
Les silhouettes suivent la même logique de modularité. La robe Marimini, col V plongeant, longueur mini, inspiration sixties, se porte seule ou par-dessus une chemise assortie, ouvrant de nouvelles possibilités de layering que la maison n’avait pas encore pleinement explorées.


Les robes-chemises fonctionnelles, les ensembles coordonnés premium et les nouvelles pièces en coton structuré avec leurs manchettes ceinturées complètent un vestiaire pensé pour évoluer d’août à octobre sans discontinuité. Les silhouettes fluides côtoient des coupes courtes et des détails féminins qui allègent l’ensemble.
Le denim, souvent remisé en catégorie secondaire dans les collections de transition, s’affirme ici avec une vraie personnalité. Le motif Petrooli signé Annika Rimala fait son entrée dans la gamme, accompagné d’un coloris Unikko noir sur noir qui tranche avec la vivacité habituelle de la maison.


Ces deux ajouts ancrent la catégorie dans une sobriété nouvelle, pensée pour se marier avec les vestes légères matelassées et les gilets bordeaux qui marquent la bascule vers l’automne.
Les imprimés phares de la saison, le Iso Ruutu à carreaux d’Annika Rimala, le Kukasta kukkaan d’Erja Hirvi et le Piirto Unikko de Maija Isola, sont déclinés dans plusieurs coloris et matières plutôt que multipliés.


C’est là toute la proposition de Rebekka Bay, directrice créative de la maison : construire un vestiaire modulaire où chaque pièce dialogue naturellement avec les autres, où la répétition devient un outil stylistique à part entière. Marimekko ne cherche pas l’accumulation. Elle cherche la profondeur, et cette saison, elle la trouve.










