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Westwood / Kawakubo : l’exposition qui explore deux esprits créatifs puissants 

L’une d’Angleterre et l’autre du Japon , Vivienne Westwood et Rei Kawakubo ont osé challenger la fonction du vêtement et ses contraintes qu’il nous impose selon notre genre et notre culture.  

Westwood / Kawakubo ©Sean Fennessy 26

The National Gallery of Victoria est un des plus grands et anciens musée d’Australie qui organise actuellement une grande exposition rétrospective sur deux créatrices iconoclastes. Près de 150 pièces griffées Vivienne Westwood ou Comme des Garçons sont intégrées dans une scénographie dramatique retraçant les moments forts des créatrices. Bien que radicalement différentes, certaines de leurs pièces ont déjà été soumise à des critiques similaires sur leur légitimité et la manière dont elle plaide pour leur valeurs. En déambulant au coeur de l’exposition, on découvre quelles ont été leurs pratiques depuis les années 70, notamment que les deux créatrices sont issues de deux cultures différentes.  La collection met en parallèle leurs prises de positions et la manière dont leurs cultures les ont influencées, grâce à des pièces d’archives et vidéos de défilés. 

Vivienne Westwood était une collectionneuse et propriétaire d’un magasin d’outlet connu pour son ambiance réactionnaire et avant-gardiste. À partir de 1984, Vivienne s’est insurgée contre l’héritage anglais en le détournant. Elle se crée une forte identité punk grâce à des symboles tels que le tartan, le clou, le cuir, les trous,… Son excentricité est étonnamment bien reçue car les intentions sont engagées et révolutionnaires. Les représentations dramatiques voire provocantes de l’anglaise ont marqué l’histoire de la mode, ce qui en a fait l’une des seules à l’époque à prôner une mode déconstruite.

Rei Kawakubo crée la marque « Comme des Garçons » en 1969. Rei est inspirée par des idées conceptuelles et révolutionnaires, en prônant un message radical. La vision de la créatrice japonaise a tendance à biaiser les attentes du monde de la mode. Loin du traditionnel diktat du beau mais proche d’une réflexion conceptuelle par les mots, elle écrit une histoire à chaque collection, de manière satirique autant dans la forme que dans le fond. La marque Comme des Garçons est connue du monde du streetwear mais les premières pièces de Rei Kawakubo ont toujours confronté le corps à son vêtement. Les collections se différencient par les proportions et les formes abstraites. 

L’exposition se compose de cinq thèmes dans lesquels les pièces sont exposées simultanément de manière à créer un dialogue : 

  • Thème 1 : Punk provocation. Comment le mouvement punk a fait l’objet d’un manifeste stylistique d’après chacune d’entre elles ? Le mot punk n’est pas uniquement une expression stigmatisante qui catégorise un groupe d’individus écoutant un certain style musical. Être punk est devenu une idéologie qui s’appuie sur des valeurs controversées et des idées opposées à celles de la société de consommation. 
  • Thème 2 : Rupture. Le deuxième thème met en avant les motivations de ces créatrices à vouloir casser les règles et défendrela liberté. L’une a prôné le mouvement du nouveau romantisme en 1980 qui rejette un style « bon chic bon genre » tandis que l’autre a défendu des valeurs d’inclusivité dans un secteur dont le corps est encore un tabou. 
Westwood / Kawakubo © Sean Fennessy
  • Thème 3 : Réinvention. Cette section s’intéresse aux influences culturelles et aux matériaux. Une collection n’aurait pas autant de sens sans le choix des matériaux et des accessoires. Westwood s’est davantage inspirée de l’histoire de l’art et de ses nombreux concepts. Rei Kawakubo matérialise et illustre le « goût du moche », un principe continuellement alimenté par les tendances qui traversent notre société. Tandis que l’une s’inspire d’un art certain et révolu, l’autre est en éveil sur les moeurs de la société actuelle. 
  • Thème 4 : The Body – liberté et retenue. Comment les deux créatrices ont-elles assimilé la notion du corps et de ses contraintes ? L’anglaise et la japonaise déconstruisent l’idéalisation que la société se fait du corps de la femme grâce à des procédés, néanmoins, différents. L’une explore la nudité tandis que l’autre accentue les formes.  
  • Thème 5 : The power of clothes. Cette dernière section clôt l’exposition par l’importance de tenir un discours politique en mettant en perspective deux collections récentes des créatrices : « Propaganda » (autumn/winter 2025) de Vivienne Westwood et Uncertain Future (spring/summer 2025) de Rei. Les deux collections abordent un sujet actuel qu’est la place de l’individu et du collectif souvent en marge des préoccupations mondiales. Ces représentations permettent d’assumer de nombreux partis pris notamment sur des questions d’environnement, de l’équité et des libertés individuelles. 
Westwood / Kawakubo © Sean Fennessy

Les deux créatrices font désormais partie de l’histoire de la mode car elles ont transcendé la fonction du vêtement désirable. À travers 5 thèmes, deux univers distinctifs sont comparés mais conjoints par des valeurs contemporaines et des engagements activistes. Un aperçu de leurs inspirations et influences permet d’assimiler leur démarche tout en suivant un parcours thématique et temporel. Les archives exceptionnellement présentées au public ne défendent pas une technique particulière et un esthétisme mais des concepts : 

  • Le style provocateur du punk 
  • Adopter un comportement disruptif 
  • Assimiler et réinventer des héritages 
  • Le corps et ses contraintes 
  • Les messages politiques cachés

ngv.com

National Gallery of Victoria,

180 St Kilda Rd, Melbourne VIC 3006, Australie

Jusqu’au 19 avril 2026

Des experiences et une culture qui nous définissent

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