Copenhagen Fashion Week SS27, quoi retenir du premier jour ? 

Hier, lundi 3 août, la Copenhagen Fashion Week ouvrait son calendrier officiel avec une journée resserrée. D’OpéraSport à Anne Sofie Madsen, en passant par les débuts en défilé de Stem et la présentation de Taus, la capitale danoise a montré une scène de plus en plus sûre de ses gestes.

OpéraSport a, comme à son habitude, lancé le calendrier officiel, cette fois dans les jardins de Carl Jacobsen. Le lieu n’était pas qu’un décor : le cycle végétal du jardin a servi de trame à une collection intitulée Growth, où les motifs floraux comptent. Dès le premier look, une robe-nuisette blanche bordée de dentelle donne le ton : léger, simple. Le vestiaire se déploie ensuite tel une floraison, les drapés s’amplifiant et les volants se faisant plus présents à mesure que le défilé avance. La maison conserve l’équilibre qui a toujours fait sa singularité, entre vocabulaire sportif et féminité, visible dans un haut de jersey asymétrique à large volant porté sur un bas épuré, ou dans un corset sculptural noir associé à un pantalon ballon blanc. Les ceintures de perles et le sac Shirley, désormais agrandi, ancrent la collection dans les codes de la marque. Le casting, mêle nouveaux visages et mannequins confirmées dont deux enceintes. Une diversité qui reprend l’idée de floraison, entre expérimenté et novice, mères et enfants à naître. Un cycle de vie. 

operasport.net

Stem présentait par ailleurs son tout premier défilé officiel. La fondatrice Sarah Brunnhuber a construit sa maison autour d’une méthode de tissage qui lui est propre : les pièces de patron sont tissées directement dans l’étoffe, tandis que les zones normalement destinées à être coupées sont laissées lâches, formant les franges caractéristiques de la marque. Cette saison, le premier look, un t-shirt associé à une jupe, est produit une texture ondulante évoquant une écorce ou un imprimé zèbre. Brunnhuber a également mis au point une laine élastique, sa propre invention. La collection, baptisée Re, en référence aux mots anglais commençant par ce préfixe, assume la répétition comme méthode. Une technique de plissé notamment, introduite lors de la précédente collection, est reprise sur une organza légère issue de surstocks Ganni. Le résultat le plus abouti reste selon nous une robe à carreaux rouge et blanc, dont le buste texturé contraste avec un bas ample. Le défilé se déployait autour de machines à coudre industrielles où des patchs étaient cousus en direct sur les vêtements du public, prolongeant matériellement l’ambition de la marque : valoriser la production.

stem.page

Dans les salons de Møstings Hus, à Frederiksberg, Taus livrait sa troisième présentation en Fashion Week. Dentelle, cuir, corsetterie et silhouettes à paniers d’inspiration rococo y côtoient des matières texturées et des franges. Pourtant, malgré ces techniques variées, une cohérence sculpturale ressort. L’usage récurrent de bijoux argentés, glissés entre des couches de tissu transparent ou intégrés aux chaussures et aux sacs, y joue un rôle important. La collaboration avec Pandora, dont les bijoux sont transformés en pièces surdimensionnées, s’intègre avec naturel à l’univers de la marque. Seul bémol : un casting plus conventionnel que par le passé, alors que la marque avait habitué à une représentation plus large des corps.

tausstudio.com

Anne Sofie Madsen concluait la journée quai Frederiksholms. Après un prélude musical de Michala Petri qui a plongé la salle dans le silence, le défilé a exploré les possibilités du tissu à coupe carrée, plié, superposé et manipulé en formes sculpturales presque futuristes. La transparence, obtenue par des couches de mousseline de soie et d’organza, révèle des fondations en jersey. Une série de t-shirts portant le slogan « The Future Feels Good on You », conservés visibles sous des couches translucides, introduit un contrepoint direct à la subtilité du reste de la collection.

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