CÉLINE DION : UN RETOUR SUR SCÈNE SOUS LE SIGNE DE LA MODE

Pour son grand retour sur scène à Paris, Céline Dion ne s’est pas contentée de retrouver son public. Elle a transformé la scène en véritable défilé, convoquant Dior, Schiaparelli, Givenchy, Tom Ford ou encore Alaïa. Une garde-robe spectaculaire qui confirme, s’il le fallait encore, son statut d’icône de mode.

Le 12 septembre, à la Paris La Défense Arena, Céline Dion faisait son retour pour un concert complet après plus de six années loin des grandes tournées. Mais avant même la première note, Paris avait déjà renoué avec une autre Céline : celle qui entretient avec la mode une relation aussi passionnée que décomplexée. Depuis son arrivée dans la capitale à la fin du mois d’août, chacune de ses apparitions avait d’ailleurs donné lieu à un nouveau look, d’Alaïa à Loewe, de Givenchy à Bottega Veneta ou Saint Laurent. Sur scène, cette passion prend une nouvelle dimension.

DIOR POUR OUVRIR LE BAL

Pour son entrée sur le titre « On ne change pas », Céline Dion choisit Dior, maison qui l’avait déjà accompagnée lors de sa performance à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024. La maison imagine pour elle une robe noire sur mesure en mousseline et organza plissé. Le bustier sans bretelles se prolonge par une construction de larges plis qui donne à la silhouette une dimension presque architecturale et un effet de corolle.

Le noir pourrait sembler austère. Il devient ici théâtral, sculptural, débarrassé de tout effet superflu. À son cou, le spectaculaire collier de haute joaillerie Boucheron « The Address » transforme cette première apparition en véritable image de mode.

© Courtesy of Dior

SCHIAPARELLI, L’ALLURE EN ARMURE

Changement de registre avec Schiaparelli pour l’interprétation de « My Heart Will Go On ». Daniel Roseberry signe pour la chanteuse une tenue sur mesure composée d’un body à manches longues et d’un pantalon assorti en crêpe de soie noir, ponctuée de broderies cordées dorées et de détails inspirés d’une création d’Elsa Schiaparelli datant de 1937.

Sur Céline Dion, la silhouette prend presque l’allure d’une armure. Les épaules s’affirment, la taille se dessine et les ornements deviennent partie intégrante de la construction du vêtement. Loin de la traditionnelle robe de diva, le pantalon apporte une force très contemporaine.

© Courtesy of Schiaparelli

TOM FORD BY HAIDER ACKERMANN : L’ÉLÉGANCE CRISTALLISÉE

Pour interpréter « Ziggy », Céline Dion apparaît ensuite dans une longue robe fourreau imaginée par Haider Ackermann pour Tom Ford. Réalisée en crêpe de soie noir à la coupe asymétrique et fendue, elle joue sur la ligne et le mouvement, tandis que de délicats cristaux viennent scintiller sur le tissu au gré des mouvements de la star.

Cette apparente simplicité dit beaucoup de la garde-robe choisie pour ce retour. Les vêtements ne cherchent pas systématiquement l’exubérance : ils accompagnent le corps et construisent une présence. Chez Céline Dion, cette retenue nouvelle n’efface en rien la personnalité.

© @tomford – Compte Instagram de Tom Ford

GIVENCHY : FAIRE BRILLER LA SILHOUETTE

Avec Givenchy, le registre change encore. Sarah Burton imagine une robe sur mesure entièrement brodée et scintillante, portée sous un imposant manteau de plumes roses au moment d’interpréter « It’s All Coming Back to Me Now ». La lumière devient alors une matière à part entière : elle suit les mouvements du corps et donne au vêtement une présence presque cinématographique.

Le choix de Givenchy n’est d’ailleurs pas anodin. Quelques jours avant le concert, Céline Dion avait déjà été remarquée dans Paris avec une veste péplum en satin duchesse de la maison, simplement associée à un jean. Une manière très personnelle de faire cohabiter vocabulaire couture et vêtements du quotidien.

© Nicolas Gerardin – via @givenchy Compte Instagram de Givenchy

ALAÏA POUR LE FINAL

C’est pourtant Alaïa qui signe l’une des images les plus fortes de la soirée pour l’incontournable « All By Myself ». Pour le final, la chanteuse apparaît dans un bustier sculptural en cuir moulé reproduisant en trompe-l’œil les courbes du corps féminin, associé à une longue jupe sirène en maille de velours.

Tout ce qui constitue le vocabulaire d’Alaïa est là : le corps, la construction, la sensualité et cette capacité à faire du vêtement une seconde peau. Mais porté par Céline Dion, l’ensemble acquiert une autre dimension. Le vêtement ne masque pas le corps : il l’affirme.

Ce retour parisien rappelle surtout combien la relation entre Céline Dion et la mode a évolué. Longtemps considérée avant tout comme une immense interprète, elle est devenue une personnalité observée par l’industrie, capable de s’approprier les créations les plus exigeantes sans jamais sembler déguisée.

© Nicolas Gerardin via @alaia – Compte Instagram d’Alaïa

Dior, Schiaparelli, Tom Ford, Givenchy, Alaïa : plutôt qu’une succession de changements de costumes, cette garde-robe compose finalement un véritable récit de mode. À Paris, Céline Dion n’a pas seulement retrouvé la scène. Elle a retrouvé ce qui fait la singularité de son style : le plaisir de porter la mode sans jamais la prendre trop au sérieux.

EVE KAPLAN

Des experiences et une culture qui nous définissent

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