DE PARIS À LA MÉDITERRANÉE : HUIT MAISONS POUR UNE SAISON MASCULINE 

© Louis Vuitton

Sous une canicule historique, la mode masculine printemps-été 2027 a révélé de nouveaux horizons. Que ce soit à Paris ou en Corse, huit maisons de couture ont dessiné les contours d’une élégance plus libre, où le vêtement accompagne le corps et les gestes plutôt qu’il ne les contraint. 

© Rick Owens

Louis Vuitton

Pour son nouveau défilé chez Louis Vuitton, Pharrell Williams a déployé une cascade en forme de vague monumentale dévalant vers une plage de sable fin, au cœur de la Cité internationale universitaire. Inspirée des communautés de surfeurs du monde entier, la collection célèbre la mer et le rivage comme des territoires d’appartenance. Le vestiaire du surfeur y rencontre l’esprit dandy de la maison de mode : des modèles de sacs inédits, des matières volontairement patinées, un luxe décomplexé qui puise dans le voyage et le savoir-faire. En soutien à la collection, la maison s’est engagée auprès de Coral Gardeners pour la restauration des récifs coralliens en Polynésie française.

louisvuitton.com

@louisvuitton

Dior

Au musée Nissim de Camondo, Jonathan Anderson signait sa troisième collection masculine pour Dior. Les costumes abandonnent leur rigidité au profit de volumes amples et de mousselines de soie transparentes. Le directeur artistique brouille les registres : pyjamas devenus tenues de jour, peignoirs promus manteaux, vestes de smoking effilochées. L’inspiration britannique traverse la proposition, des carreaux aux redingotes brodées, tandis que des touches scintillantes ponctuent une palette sobre. Comme un exercice de sampling, Anderson revisite les codes historiques de la maison de haute couture pour en donner une lecture contemporaine, celle d’un homme qui revendique autant sa délicatesse que son raffinement.

dior.com

@dior

Jacquemus

Pour son nouveau défilé, Simon Porte Jacquemus a délaissé la capitale pour la Corse, choisissant comme décor le phare de la Pietra, à L’Île-Rousse, face à la Méditerranée. Sa collection « Le Bonheur » célèbre, au fil de 49 silhouettes, les plaisirs les plus simples de l’été : le vent qui fait danser les tissus, la douceur d’un matin au bord de l’eau, les couleurs des fruits gorgés de soleil. Les volumes du créateur se font plus légers : vestes et shorts en organza, longs manteaux flottants, robes en mousseline noire. Côté accessoires, le sac Tote Pietra et les ballerines pliables prolongent cette garde-robe. La maison a également soutenu la restauration du phare et ouvert son casting à des mannequins corses.

jacquemus.com

@jacquemus

Ami 

Pour son défilé Ami, présenté dans l’écrin de verre de l’ancienne Fondation Cartier signé Jean Nouvel, Alexandre Mattiussi a opposé à la canicule l’une des réponses les plus convaincantes de la semaine : un vestiaire léger, ample et désirable. Fidèle à son mythe du Parisien, le créateur défend un vêtement qui accompagne la vie plutôt qu’il ne cherche à la transformer. Costumes couleur d’os déstructurés portés sur des tee-shirts délavés, blazers non doublés en gris perle, mélange assumé de tailoring et de sportswear rythmé par le motif cœur. Mattiussi a par ailleurs annoncé une ligne enfant pour le printemps 2027.

amiparis.com

@amiparis

Issey Miyake

Issey Miyake a renoué avec les couleurs qui font sa signature : bleu roi, rose fuchsia, vert pastel, moutarde et kaki se mêlent dans une palette vive, rythmée par des ceintures épaisses en cuir et des chemises à col ouvert. Des teintes plus sobres viennent tempérer l’ensemble et lui apporter son équilibre. Les accessoires convoquent l’Asie, avec des chapeaux coniques ou des couvre-chefs insolites évoquant des tiges de bambou. Mais la figure phare du show demeure ces lignes noires entremêlées, signature graphique qui traverse et unifie toutes les silhouettes.

isseymiyake.com

@isseymiyakeofficial

Lemaire 

À l’opéra Bastille, Christophe Lemaire et Sarah-Linh Tran ont opposé à la fournaise une quiétude rare. Décor mêlant béton brut et rideau en velours bleu gris, bande-son faite de résonances métalliques et de bruits de pas, casting de silhouettes que l’on croirait croisées dans la rue : la maison de mode crée une atmosphère palpable sans recourir au spectacle. Les vêtements disent l’essentiel : tongs en cuir sur pantalons à pinces, longs colliers d’onyx sur chemises de lin, superpositions de coton prune, de lin sombre et de gris minéraux. Au plus fort du défilé, une pluie simulée et de grands ventilateurs sont venus rappeler, presque poétiquement, la chaleur du dehors. Chez Lemaire, il ne s’agit pas tant de montrer des tenues que de révéler des personnes.

lemaire.fr

@lemaire

Amiri

Chez Amiri, Mike Amiri a donné à voir l’autre visage de Los Angeles : celui de la nuit. Bars d’hôtels, clubs privés, figures noctambules composent l’univers d’un vestiaire jouant sur la dualité entre séduction et retenue. Le créateur revisite les codes de l’élégance californienne à travers des silhouettes au raffinement assumé : tailoring souple, matières fluides, tenues colorées, pailletées, à motifs. La provocation est là, mais sophistiquée : elle se glisse dans un éclat, une texture, un détail plutôt que dans l’excès. Une élégance moderne qui ne force jamais le trait, définition possible du luxe californien nocturne.

amiri.com

@amiri

Rick Owens

Au Palais de Tokyo, Rick Owens a livré le défilé le plus radical de la saison : nuages de fumée, bande-son cinématographique, jets d’eau s’abattant sur un pont métallique en pleine canicule. Plus de 70 mannequins aux faux cils démesurés ont défilé dans des looks presque exclusivement noirs, hors du temps. La grande annonce du show était ailleurs : une collection printemps-été 2027 imaginée avec Adidas, baptisée « Stone », prolongement d’un partenariat noué en 2013. Chaussures de running montées sur double semelle plateforme, vestes et shorts gonflables détournant la technologie Climacool, pantalon fait de tubes remplis d’air : Owens interroge les limites du vêtement autant que celles du corps. Sous la pluie artificielle, cirés et cuirs se sont assombris, gagnant en matière. Avec ou sans collaboration, le créateur reste fidèle à lui-même.

rickowens.eu

@rickowensonline

Au terme de cette saison masculine parisienne, une même idée se dessine : le vêtement ne cherche plus à imposer une silhouette, mais à accompagner une manière d’être au monde. Qu’il puise dans le voyage, l’artisanat, l’histoire des maisons ou les cultures contemporaines, le vestiaire printemps-été 2027 s’affranchit des frontières entre élégance et décontraction.

Des experiences et une culture qui nous définissent

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