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Paul Mescal

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L’ACTEUR MÉLANCOLIQUE

Doux, tendre et triste, Sans jamais nous connaître d’Andrew Haigh est un film où le deuil et l’amour s’entremêlent, à travers la rencontre de deux êtres solitaires, merveilleusement interprétés par Andrew Scott et par le plus mélancolique des acteurs contemporains, Paul Mescal. 

C’est une émouvante histoire d’amour, de solitude et de deuil, portée par le formidable mais trop rare Andrew Scott (qu’on connaît surtout pour son rôle délicieux du méchant Moriarty dans la série Sherlock ou celui du prêtre sexy dans Fleabag). Gay, célibataire, Adam travaille sur un scénario de film à propos de ses parents morts dans un accident de voiture lorsqu’il avait 12 ans. Il vit dans un appartement d’un immeuble flambant neuf d’un quartier calme de Londres. Fraîchement livré, l’immeuble est encore vide. Enfin, presque vide : un autre condo est occupé par un autre solitaire mélancolique, un peu plus jeune que lui. Harry. Il est beau, mystérieux, un peu dangereux peut-être. Fantasme cathartique ou amour véritable, une liaison va naître entre les deux hommes, tandis qu’Adam continue de voir ses parents en rêve.

De Harry, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’il cache une profonde tristesse sous son sourire généreux et son regard profond. C’est un jeune gay d’une autre génération que celle d’Adam, celle qui n’a pas connu le sida, celle d’une époque plus progressiste aussi, peut-être. C’est un homme d’un autre style, plus extraverti, plus proactif. Pourtant, Harry et Adam partagent une même douleur, une ultra-moderne solitude.  

Ce ténébreux amant, aussi captivant que diaphane, est incarné par Paul Mescal. Depuis son rôle mémorable dans la série Normal People en 2020, l’acteur irlandais au physique de rugbyman (il fut brièvement footballeur gaélique professionnel) est abonné aux personnages mélancoliques. C’est bien sûr en jeune père célibataire dans le beau et triste Aftersun de Charlotte Wells (2022), qui lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur, qu’il marque les esprits par son interprétation tout en subtilité et en tendresse. Avant cela, les cinéphiles l’avaient aperçu dans le premier film de l’actrice Maggie Gyllenhaal, The Lost Daughter, adaptation bien mélancolique elle aussi d’un roman d’Elena Ferrante où il faisait face à la solitude d’Olivia Colman en vacances sur une île grecque. 

©Sarah Makharine

La tristesse, les regrets, le blues, Paul Mescal y semble abonné. On l’a vu encore récemment en paysan du Midwest attaché aux choses du passé et condamné à être remplacé par une machine dans Le Remplaçant de Garth Davis. Bientôt – enfin, pas tout de suite – on le verra aussi dans un film de l’un des plus mélancoliques des cinéastes américains, Richard Linklater. Le réalisateur de Before Sunrise récidive l’expérience de Boyhood, en suivant ses personnages qui vieillissent au rythme de ses acteurs, mais cette fois-ci sur vingt ans. Ainsi, Merrily We Roll Along devrait sortir à l’horizon 2040, pour les 44 ans de l’acteur qui en a aujourd’hui 26. Mais d’ici là, celui qui doit aussi devenir bientôt, pour Ridley Scott, le nouveau Gladiator, aura-t-il encore dans les yeux cette belle et triste lueur de mélancolie ? 

Sans jamais nous connaître d’Andrew Haigh – Sortie en salles le 14 février 2024

Et revoir Aftersun de Charlotte Wells

Ici : canalplus.com/cinema/aftersun/h/21531317_40099

Pierre Charpilloz

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