
Après Paris et Londres, le premier salon de design au monde inaugure cet été une nouvelle édition estivale. Du 2 au 5 juillet 2026, la Maison Jean Despas accueille une sélection de design historique, contemporain et de bijoux d’artistes.

Le PAD n’est plus seulement parisien. Né en 1998 à Paris sous l’impulsion de Patrick Perrin, le salon s’est imposé depuis près de trente ans comme une référence mondiale du design, réunissant galeristes, collectionneurs, architectes et décorateurs. Après ses éditions parisiennes et londoniennes, il investit pour la première fois Saint-Tropez, avec une édition estivale du 2 au 5 juillet 2026.
Le lieu choisi n’est pas anodin : la Maison Jean Despas, sur la Place des Lices, cœur vivant et historique de la ville. C’est là que vingt galeries françaises et internationales présentent leurs pièces, dans une scénographie à l’esprit méditerranéen. Voici notre sélection à découvrir.
Design historique
La Galerie Jacques Lacoste est depuis 1997 l’une des références françaises pour les arts décoratifs du XXe siècle, avec une prédilection pour les créations des années 1930 et 1950. Elle est notamment reconnue pour son travail autour de l’œuvre de Jean Royère, dont elle contribue à diffuser l’esprit novateur et la fantaisie décorative. Elle présente également des pièces d’Alberto et Diego Giacometti, de Georges Jouve et de Paul Dupré-Lafon.


La Galerie Dutko, fondée en 1978, a construit son identité autour du dialogue entre mobilier d’artiste, sculpture et peinture, en partant du mobilier Art Déco et du créateur Eugène Printz. Historiquement présente à Saint-Germain-des-Prés, elle a ouvert en 2008 un espace rue de Bretonvilliers sur l’Île Saint-Louis.




La Galerie Anne-Sophie Duval place elle aussi le XXe siècle au centre, en mettant des pièces Art Déco en regard avec des créations contemporaines uniques. Chaque œuvre y est choisie pour sa capacité à raconter une histoire singulière et à témoigner de la créativité d’artistes qui ont marqué leur époque.




Design contemporain
Côté contemporain, la Carpenters Workshop Gallery, présente en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis, se définit comme la première galerie mondiale d’art et de design fonctionnalistes. Elle dispose d’ateliers de production intégrés dirigés par des artisans et défend des œuvres conçues pour être vécues autant qu’admirées.


La Galerie Gastou, fondée par Yves Gastou et rejointe par son fils Victor en 2005, mêle grands maîtres des arts décoratifs du XXe siècle et designers contemporains, parmi lesquels Agnès Debizet, Béatrice Serre, Emmanuel Jonckers et Emmanuel Babled. Pour la galerie, l’exposition est avant tout un lieu de découverte et de transmission où les époques et les styles se rencontrent.




Maisonjaune Studio signe pour cette édition une proposition particulièrement adaptée à l’esprit du lieu. Julien, Élodie et Jeanne Régnier ont imaginé une maison de vacances idéale, solaire et intime. Trois pièces en composent le cœur : un daybed en rotin et laiton de Gabriella Crespi, pièce rare de la collection « House & Garden » de 1977, taillé pour les longues journées d’été ; le lustre Hana d’Ingo Maurer, issu de la collection Uchiwa, qui diffuse sa lumière à travers six éventails japonais en bambou et papier de riz ; et un totem en bois de Timothy Van Oorschot, présenté ici pour la première fois, qui apporte une présence primitive et poétique à l’ensemble.




La Galerie Stéphanie Coutas, installée au cœur du Triangle d’or parisien, présente pour l’occasion une sélection résolument méditerranéenne. Au programme : une collection brodée avec canapé et fauteuils aux broderies bleues dans une version estivale, une console en parchemin bleu, des bancs brodés, un buffet Ares Landscape, des lampes Rope Outdoor, un bar et des tabourets Outdoor, ainsi que des tables d’appoint en céramique aux couleurs bleues et vertes. Cordages, parchemin teinté, bois et matières texturées composent une palette qui évoque le sable, les profondeurs minérales et les variations du bleu sous la lumière d’été.




La Maison Parisienne, fondée en 2008 par Florence Guillier Bernard, est une galerie dédiée aux artistes de la matière, une vingtaine de créateurs aux univers singuliers qui travaillent le bois, le verre, le textile, le métal, la céramique ou la plume pour produire des œuvres allant du mobilier à la sculpture monumentale. Pièces uniques, séries limitées et créations sur commande y sont défendues comme de véritables objets d’exception.




La House of Today, organisation à but non lucratif basée au Liban, œuvre depuis plus de dix ans au développement d’un écosystème de design durable, avec pour mission principale d’accroître la visibilité des designers libanais contemporains à l’international, par le mentorat, la formation et le développement de réseaux.




La Stefanidou Tsoukala Gallery, dirigée par Laura Tsoukala à Athènes, associe artistes grecs : parmi lesquels Takis, Vana Xenou et Liana Vassalou, et figures internationales comme Vladimir Kagan et Paul Evans.




La Galerie Boketto (France et Hongrie) conçoit le design comme un prolongement de l’expérience humaine, en rassemblant des objets qui invitent à une contemplation prolongée : design d’après-guerre, œuvres contemporaines et nouvelles commandes y dialoguent autour d’un rapport commun à la matière, à la technique et à l’idée.




Bijoux
Les bijoux occupent une place à part dans cette édition, avec trois propositions très distinctes.
Elie Top est l’une des figures les plus singulières de la joaillerie française contemporaine. Né dans le nord de la France, il quitte sa région natale à 17 ans pour étudier à Paris aux Écoles de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, puis entre à 19 ans chez Yves Saint Laurent. C’est là qu’il fait les rencontres décisives : Saint Laurent lui-même, dont il retient la rigueur et l’exigence ; Loulou de la Falaise, maîtresse des mélanges audacieux ; et Alber Elbaz, qui lui confie à 21 ans la création de ses premiers bijoux. En 2015, il fonde sa propre maison. Ses collections, parmi lesquelles « La Dame du Lac » et « Mécaniques Célestes », croisent des esthétiques baroques et futuristes dans des pièces aux lignes fortes et aux volumes affirmés : bracelets et pendentifs héraldiques en or noirci, en or jaune et en argent, bagues en forme de serpent ou de caméléon serties de diamants taille ancienne, de rubellites, d’émeraudes et de saphirs jaunes.




Julia Muñoz Portuondo, créatrice espagnole installée à Paris depuis 2019, réalise des bijoux uniques selon la technique ancestrale de la cire perdue, leur conférant une dimension sculpturale. Coulés en bronze par des artisans madrilènes, puis dorés à l’or fin à Paris, ils intègrent des pierres précieuses : saphirs, tourmalines, diamants extraits de bijoux anciens, et des pierres semi-précieuses comme le lapis-lazuli, la dioptase, la labradorite et la malachite.


Karry Berreby cultive depuis plus de 30 ans un goût pour les bijoux vintage dans un univers empreint de glamour et de fantaisie. Pionnière du retour des bijoux sculpturaux et des montres iconiques des années 1970, elle révèle des pièces rares signées des grandes maisons de la place Vendôme, mêlant pierres dures, matériaux atypiques et influences antiques ou ethniques.




Le PAD a choisi Saint-Tropez pour son esprit : solaire, exigeant, un peu hors du temps. L’édition 2026 lui ressemble déjà.
PAD Saint-Tropez
2 au 5 juillet 2026
Maison Jean Despas, Place des Lices, Saint-Tropez








