

Dans une atmosphère brumeuse, Saint Laurent lance à 17h la fashion week homme printemps-été 2027. Depuis 2016, c’est Anthony Vaccarello qui a repris les rênes, insufflant une énergie créative et s’emparant des codes de la maison. Les silhouettes sont androgynes, les coupes larges et sobres. Il redéfinit l’élégance propre à Saint Laurent avec modernité et glamour, sans jamais trahir l’ADN de la marque.


Le choix du lieu est lui aussi fort de sens : Saint Laurent investit la Bourse de Commerce, ce temple d’art contemporain signé Tadao Ando, où la rotonde offre un écrin lumineux, une ode à la mode autant qu’à l’architecture.


Madonna, Charli XCX, Keith Powers, Kate Moss et bien d’autres occupent le front row, conférant au défilé cette aura mêlant rock, cinéma et haute culture qui colle si bien à l’univers Saint Laurent.




Les looks sont souples, élégants. Gris, bleu cyan, saumon ou noir accompagnent des costumes taillés aux épaules marquées, dont les lignes nettes évoquent une masculinité réinterprétée, presque sculpturale.




Les boutons bijoux en cristal de roche attirent le regard et brisent le monochrome de certains ensembles. Le sens du détail à son paroxysme.




Autre détail majeur : les ceintures. Fines aux apparats dorés, elles viennent se poser sur des pantalons droits à taille haute, soulignant la silhouette sans l’écraser. Tombant légèrement sur le côté, elles complètent un look décontracté avec aisance, quelque part entre l’élégance et la légèreté.


Comment oublier, ensuite, ces cache-cous : ces écharpes toujours colorées qui accompagnent la majorité des looks, jouant avec la silhouette et les volumes.


Quant aux lunettes de soleil, larges et affirmées, elles apportent une touche de caractère, venant signer chaque tenue.


Autre élément majeur : les vestes. De costume, longues, courtes, sobres, extravagantes : Saint Laurent les travaille dans toutes ses formes. Les plus marquantes sont sans doute celles en cuir et les imperméables bouffants aux teintes vives.




Mais aussi peut-être le fameux trench kaki ou la veste beige. Toutes deux sublimées et mises en valeur avec des silhouettes et des jambes nues, attirant le regard sous l’ampleur des vestes.


Une attention toute particulière est également portée aux souliers. Transparents pour la plupart, ils révèlent la courbure du pied. Scintillant sous les spots de la Bourse Pinault, bordeaux, bruns ou verdâtres, leurs bouts en pointe allongent la silhouette, rappelant l’élégance d’une collection de luxe.




Le dévoilé : du pied, des jambes ou du torse ; constitue ainsi une véritable trame narrative du défilé. On aurait pu croire, avec les premières pièces présentées, à un défilé rigide et simple ; mais Anthony Vaccarello rompt avec cette idée en apportant une modernité inattendue.


D’autres modèles délaissent le plastique rigide pour un cuir intemporel. Qu’il soit traité en effet croco bordeaux ou accompagné de jaune moutarde, l’effet est identique : attirer le regard sur une pièce trop souvent oubliée, surtout en fashion week homme.


L’harmonie générale reste sobre. Quarante looks ont pourtant foulé le runway, tous différents, mais inscrits dans une esthétique de la mesure. La surprise vient néanmoins à la fin, avec un défilé de tenues dorées venu clore le show en beauté.












