
Du 29 juillet au 1er août, l’Aspen Art Fair investit l’historique Hotel Jerome, dans le cadre spectaculaire des Rocheuses du Colorado, à l’occasion de l’Aspen Art Week, rendez-vous incontournable du calendrier international qui attire chaque été artistes, curateurs, galeristes et collectionneurs dans cette ville de montagne.

Cette troisième édition est supervisée par le cofondateur de la foire Bob Chase, propriétaire de la Hexton Gallery d’Aspen, aux côtés de la nouvelle directrice Kelly Cornell. Le principe reste celui d’une foire boutique et intimiste, où les galeries internationales exposent aussi bien dans des stands construits sur mesure que directement dans les chambres de l’hôtel, donnant à l’événement une dimension expérientielle inhabituelle pour ce format.


Dominique Zinkpè, Masque Humaine, 2025, © Lea Crafford & SGuild
Les deux premières éditions ont déjà rassemblé plus de 7 000 collectionneurs, curateurs, artistes et acteurs culturels. L’accès reste toutefois sélectif : la foire fonctionne sur invitation, et près de 90 galeries ont sollicité une participation cette année. La liste 2026 compte ainsi plus de 35 exposants, entre nouvelles venues comme Friedman Benda ou Library Street Collective, habituées telles que Perrotin, Sean Kelly ou Marianne Boesky Gallery, et galeries locales comme Hexton Gallery ou Galerie Maximillian.


© Nandipha Mntambo, Alignment III, 2026
La foire s’inscrit plus largement dans une programmation élargie de l’Aspen Art Week, mêlant art, design, mode, architecture, cinéma et panels à des expériences en plein air comme des baignades matinales dans la Roaring Fork River ou des randonnées. Elle se déroule en parallèle d’Intersect Aspen, autre foire d’art et de design installée à l’Aspen Ice Garden.


© Roméo Mivekann, Saint Elizabeth of Portugal (1630–1635), after Francisco de Zurbarán, 2026


© Usha Seejarim, A Persistent Wound, 2025, © Lea Crafford & SGuild
Southern Guild y tient le stand B11 pour sa troisième participation consécutive : la première depuis l’ouverture de son espace permanent à Tribeca en avril. Sur son stand, la galerie réunit douze artistes autour de l’identité, de la mémoire et de la transformation de la matière.
Tschabalala Self, nouvelle venue chez Southern Guild, poursuit sa réflexion sur la figuration par accumulation de matières. Roméo Mivekannin détourne la peinture occidentale classique en écho à la cosmologie vaudou du Bénin. Nandipha Mntambo interroge les frontières entre corps humain et matière animale. Zanele Muholi documente les vies LGBTQIA+ noires, à l’occasion aussi d’un accrochage hors les murs et de sa nomination au prix Hasselblad 2026. Napoles Marty, lauréat du Frieze LA Impact Prize, sculpte des figures entre réalité et fiction nourries par la culture cubaine. Lebohang Kganye construit des récits postcoloniaux par la photographie mise en scène. Dominique Zinkpè puise dans les traditions vaudou du Bénin pour une sculpture engagée. Justine Mahoney peint l’intégration psychique et le dialogue avec l’inconscient. Jozua Gerrard capte l’intimité d’un monde post-internet. Usha Seejarim détourne les objets domestiques pour interroger genre et travail. Chidy Wayne explore le conflit intérieur et la résilience par le trait. Enfin, Chloe Chiasson, nouvelle venue, réenchante l’enfance queer texane.
Douze pratiques, un même fil : celui d’artistes qui, chacun à leur manière, font de la mémoire et de l’héritage la matière première de leur art.


Justine Mahoney, Mysterium Coniunctionis (TowardPsychic UnionorIntegration), 2026, © Lea Crafford & SGuild


© Tschabalala Self, Dry Land, 2026
Cette présentation à Aspen s’inscrit dans une année particulièrement dense pour Southern Guild, qui enchaîne avec Armory New York (24–27 septembre), Frieze London (14–18 octobre) et Paris Photo (12–15 novembre), tout en poursuivant sa programmation au Cap avec les expositions de Simphiwe Buthelezi et Alexandra Karakashian en septembre.








