Mostra de Venise 2026 : les films hors compétition à découvrir 

Si la compétition officielle concentre traditionnellement une grande partie de l’attention à la Mostra de Venise, les œuvres présentées hors compétition constituent également l’un des temps forts du festival. Cette année, plusieurs cinéastes majeurs profitent de cette section pour explorer des formats et des univers très différents. De Paul Schrader à Takashi Miike, en passant par Wim Wenders et Maggie Gyllenhaal, la sélection réunit fiction, documentaire, architecture et court métrage.

The Basics of Philosophy, le nouveau film de Paul Schrader

Avec The Basics of Philosophy, Paul Schrader revient à un cinéma centré sur les conflits intérieurs et les dilemmes moraux. Le réalisateur et scénariste s’intéresse cette fois à John Jorissen, un professeur de philosophie réservé qui enseigne dans un petit établissement universitaire du Midwest américain.

Chargé d’un cours d’introduction à la philosophie, l’universitaire travaille parallèlement à l’écriture d’un ouvrage consacré au philosophe néerlandais Baruch Spinoza. Derrière cette existence apparemment ordonnée se cache pourtant un passé beaucoup plus trouble. 

John vit avec le souvenir d’une faute ancienne qu’il pensait avoir laissée derrière lui. Le retour inattendu de la personne qui en a été victime bouleverse son quotidien. Le professeur se retrouve alors confronté à ce qu’il a tenté d’enfouir pendant des années. Culpabilité, désir et questionnement spirituel se mêlent progressivement, jusqu’à faire vaciller ses certitudes.

Présenté hors compétition à Venise, The Basics of Philosophy place ainsi la philosophie au cœur d’une crise profondément intime. Paul Schrader, également scénariste du film, est présent à la Mostra pour accompagner cette nouvelle réalisation.

Takashi Miike explore l’héritage du kabuki

Autre cinéaste très attendu : Takashi Miike, qui change de registre avec Shumei: The Living Legacy of Kabuki. Pour son premier long métrage documentaire, le réalisateur japonais s’intéresse à l’une des traditions théâtrales les plus anciennes du Japon : le kabuki.

Le film revient plus précisément sur le shūmei, cérémonie de transmission du nom de scène, organisée en 2022 à l’occasion de l’accession au nom de treizième Ichikawa Danjūrō Hakuen. À travers cet événement, le cinéaste observe la transmission d’un héritage artistique et familial particulièrement codifié. 

Shumei: The Living Legacy of Kabuki ne se limite pas au caractère spectaculaire des cérémonies. Takashi Miike suit également Danjūrō et son fils Shinnosuke dans des moments plus personnels. Le documentaire s’intéresse ainsi aux responsabilités qui accompagnent cet héritage ainsi qu’à la pression et aux sacrifices nécessaires pour perpétuer une tradition pluriséculaire. 

À Venise, Takashi Miike accompagnera le film aux côtés d’Ichikawa Danjūrō XIII et d’Ichikawa Shinnosuke VIII.

Wim Wenders filme l’architecture de Peter Zumthor

Avec From Inside Out – The Architecture of Peter Zumthor, Wim Wenders se tourne, quant à lui, vers l’architecture. Le réalisateur consacre son nouveau film à Peter Zumthor, architecte suisse récompensé par le prestigieux prix Pritzker. 

Pour explorer son travail, le cinéaste choisit une approche immersive en 3D. Plutôt que de présenter les bâtiments comme de simples objets à contempler, le film cherche à restituer l’expérience des personnes qui les fréquentent. Visiteurs, habitants, usagers et artisans deviennent ainsi les intermédiaires entre l’œuvre architecturale et le spectateur.

La caméra invite à découvrir les espaces comme si l’on pouvait s’y déplacer soi-même. À travers cette expérience, Wim Wenders interroge plus largement la manière dont l’architecture agit sur notre perception du monde et influence notre façon d’habiter un lieu.

Avec ce projet, le réalisateur allemand poursuit donc une réflexion où cinéma, espace et perception se rencontrent, tout en proposant un portrait singulier de l’œuvre de l’un des architectes contemporains les plus influents.

Maggie Gyllenhaal réunit Dakota Johnson et Ellen Burstyn dans Flesh Impact

La sélection hors compétition réserve également une place aux courts métrages. La réalisatrice américaine Maggie Gyllenhaal y présente Flesh Impact, un film de 17 minutes réunissant notamment Ellen Burstyn, Dakota Johnson, Peter Sarsgaard et Sepideh Moafi.

L’histoire commence dans un petit théâtre expérimental new-yorkais. Une mystérieuse vieille femme se présente à une audition. Face à ses interlocuteurs, elle raconte son parcours et détaille son expérience de comédienne. 

Mais, progressivement, l’entretien prend une autre direction. Derrière les souvenirs et les qualifications qu’elle évoque affleurent des facettes plus secrètes de son identité. Les idées préconçues entourant son existence sont alors peu à peu remises en question.

Avec cette intrigue resserrée autour d’une audition et de la parole d’une actrice, Flesh Impact semble jouer sur la frontière entre identité, représentation et perception. Le court métrage marque également la présence de Maggie Gyllenhaal dans la sélection hors compétition de cette nouvelle édition de la Mostra.

Une sélection hors compétition entre cinéma, théâtre et architecture

À travers ces quatre œuvres, la sélection hors compétition de la Mostra de Venise 2026 fait dialoguer des disciplines et des générations très différentes. Paul Schrader explore la culpabilité d’un professeur de philosophie, tandis que Takashi Miike documente la transmission du kabuki. Wim Wenders transforme l’architecture de Peter Zumthor en expérience cinématographique immersive et Maggie Gyllenhaal utilise le huis clos d’une audition pour questionner les apparences et l’identité.

Autant de propositions qui rappellent que, loin de constituer une simple sélection parallèle, le hors-compétition permet aussi à des cinéastes reconnus d’expérimenter des formes, des durées et des sujets.

Flora di Carlo 

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