
David Hockney s’est éteint paisiblement chez lui à Londres le 11 juin 2026, un mois avant son 89e anniversaire.

David Hockney étudie l’art à Bradford, puis à Londres, où il obtient son diplôme en 1962. Il se fait vite remarquer par son style et sa personnalité originale.

Dès 1963, il voyage à New York, mais c’est la Californie qui le passionne. Cet État devient sa plus grande source d’inspiration. Il y découvre un nouveau mode de vie qui le marque profondément. Les belles villas avec leurs piscines. La communauté gay naissante, dont il fait ouvertement partie.

David Hockney s’inspire de sa vie privée pour peindre: ses proches, les paysages qui l’entourent et les artistes qu’il admire. Il refuse l’art abstrait et l’art conceptuel, et ne veut appartenir à aucun mouvement artistique précis.

Hockney, c’était la couleur qui ne s’arrête jamais, la curiosité qui ne vieillit pas. Au cours des soixante dernières années, il s’était imposé comme une figure emblématique de la scène artistique.
Une vie entière à regarder le monde de plus près
Figure du pop art des années 1960, il s’est illustré par sa capacité à se renouveler, maîtrisant les techniques académiques avant de s’emparer des nouvelles technologies, avec ses œuvres à l’iPad, réalisées à 70 ans passés.


L’ampleur de sa production est époustouflante : peintures à l’huile, dessins sur iPad, aquarelles, fusain, acrylique, collages, vidéos multi-écrans, et même décors et costumes pour opéras. Peu d’artistes ont autant refusé de se laisser enfermer dans un seul médium.

© David Hockney, Courtesy Galerie Lelong
Les piscines, bien sûr

Ses peintures ont capturé le monde dans des couleurs éclatantes, de la Californie insouciante des années 1960 aux paysages bucoliques de son Yorkshire natal. L’artiste laisse des œuvres immenses, marquées notamment par ses célèbres piscines californiennes devenues des icônes de l’art contemporain.

Ces piscines, tout le monde les connaît, même sans connaître Hockney.
Cette eau bleue immobile, ce soleil qui écrase tout, cette Californie qui semble exister hors du temps. C’est devenu un langage visuel à part entière.

Mais le virtuose du pinceau était aussi admiré pour ses portraits des artistes qu’il a fréquentés, ses autoportraits et ses paysages de Normandie où il s’est exilé après le Brexit. La dernière partie de sa vie, il l’a passée à peindre les saisons qui changent dans la campagne française.

© David Hockney, Courtesy Galerie Lelong
Et il y a un an, la Fondation Louis Vuitton lui a consacré une rétrospective exceptionnelle, réunissant pas moins de 400 œuvres majeures: une manière de lui rendre hommage de son vivant.

L’héritage d’un regard
Ce que Hockney laisse derrière lui, ce n’est pas seulement une liste d’œuvres, c’est une manière de regarder. Son style, immédiatement reconnaissable, repose sur une palette de couleurs vives, des aplats lumineux, une perspective qui joue avec les codes de la photographie sans jamais s’y soumettre totalement.
Parmi ses œuvres majeures, A Bigger Splash (1967) reste l’image absolue de la Californie rêvée. Cette éclaboussure figée dans une eau parfaitement bleue, sans qu’on voie jamais le plongeur. En 1973, un film éponyme lui est consacré, ce qui rend le tableau et Hockney célèbres dans le monde entier.



Portrait of an Artist (Pool with Two Figures) (1972), l’une des peintures les plus chères jamais vendues par un artiste vivant, a longtemps incarné le sommet du marché de l’art contemporain.

Et My Parents (1977), portrait tendre et rigoureux de sa mère et de son père, montre un Hockney capable d’une intimité que ses piscines ensoleillées ne laissent pas toujours deviner.

Mais son héritage le plus durable est peut-être ailleurs : dans sa manière de prouver qu’un artiste peut rester pertinent à tout âge, à condition de continuer à être curieux. Il a ouvert la voie à toute une génération d’artistes qui ne voient plus la technologie comme une menace pour la peinture, mais comme un nouveau pinceau.

Hockney aura passé sa vie à brouiller les frontières: entre pop art et tradition, entre Angleterre et Californie, entre peinture et numérique. Il laisse un art qui refuse la mélancolie, et un message simple, presque obstiné : le monde mérite d’être regardé avec émerveillement, encore et encore.
https://www.thedavidhockneyfoundation.org
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